mardi 7 septembre 2010

L'incinérateur de cadavres

M. Kopfrkingl est un employé modèle. Incinérateur de cadavres de son état, il exerce son métier avec amour. Il aime ses morts, il est heureux de libérer les âmes et souhaite, par amour de son prochain, a tous une mort prochaine. A la veille de la Seconde Guerre mondiale un ami nazi le persuade qu'il doit avoir du sang allemand dans les veines. Et M. Kopfrkingl se prend a rêver d'une race pure. Son crématoire va pouvoir tourner a plein régime.




J'ai découvert ce film il y a une quinzaine d'années sur Arte et je ne l'ai pas vu depuis. Pourtant les images et certaines scènes sont restées bien ancrées dans ma mémoire.
Sur une thématique très noire, ce film yougoslave presque inconnu de nos contrés est un petit bijou.
L'image en noir & blanc est tout simplement sublime et la réalisation aux cadrages originaux n'est pas en reste. Cette beauté plastique parfois tarkovskienne agi donc comme un écho ironique au sujet d'une monstruosité rare. Si l'histoire pourrait être presque risible tellement elle est énorme - on se souviendra longtemps du visage enchanté du héros proposant à un gradé fasciste quelque peu effrayé un four bien plus efficace capable d'un rendement extrême - celle-ci fonctionne pourtant parfaitement. On comprend bien l'évolution de cette homme simple qui devient un monstre raffiné, happé par un besoin de grandeur presque divin par le biais le plus vil. D'ailleurs plus le film avance, plus cet homme sombrera dans une folie, jusqu'à tuer son propre fils, que même ces compatriotes nazis ne supporteront pas. Ironique, sombre et à la fois très beau, L'incinérateur de Cadavres est un film totalement envoûtant.

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