Après un funeste combat, un soldat un peu pleutre réussit à faire d'un général, son prisonnier. En le ramenant chez lui, il espère pouvoir obtenir des terres et redevenir le paysan qu'il a toujours été. Une longue route les attend, d'autant que le général, en réalité un prince héritier, est poursuivi par son frère qui veut le tuer pour prendre sa place...
Passé inaperçu dans nos contrées pour cause de "direct-to-dvd", ce Little Big Soldier est pourtant une excellente surprise qui aurait nettement méritée un traitement plus officiel. Mieux encore, c'est un très chouette film d'aventure picaresque mêlé à un buddy-movie où, parfois, l'action vient pointer son nez. De l'humour aussi, très sobre et plutôt tendre, ajoute au charme de l'ensemble.
Une fois n'est pas coutume, le manichéisme est mis de côté pour un discours plus large sur l'unité des peuples - certes un peu gentillet mais qu'importe. Très dans l'air du temps suite aux multiples fresques historiques chinoises qui pullulent actuellement, ce métrage, qui partage avec elles une esthétique léchée, choisit pourtant l'option intimiste, la petite histoire dans la grande, ce qui le démarque grandement des autres d'autant plus qu'il est tout à fait réussit.
Pas un chef d'oeuvre non plus c'est sûr, mais on passe un très bon moment aux côtés de ce duo d'acteurs fort sympathiques. Et même les allergiques de Jackie Chan - ici employé presque à contre emploi, dans le sens où il ne se bagarre quasiment jamais - devrait s'y retrouver, c'est dire !
Lei Li est un jeune et talentueux sabreur qui a tendance à horripiler le légendaire mais secrètement vil Maître Long. Celui-ci va donc le piéger, obligeant Lei Li à se couper le bras. Désormais serveur anonyme ne voulant plus entendre parler de sabre et/ou d'art martial, les circonstances vont toutefois l'amener à rempiler.
Voilà le 3e et mythique volet de la toute aussi mythique trilogie du Sabreur manchot.
"Exploitation" j'écris ton nom, "cinéma Bis", j'admire ton vice !
Après le pistolero aveugle, le bibliothécaire super-héros, le marathonien unijambiste (nan j'déconne), here comes... le sabreur manchot ! J'attends avec impatience une trilogie de Kung-Fu avec un moine shaolin chevelu, eunuque et père de quintuplés super-sayens, ou mieux encore, le Dalaï Lama dans Expendables 3.
Mais face à ces désirs cinéphiliques fous, assez bien symbolisés par l'image ci-dessous emprunté à l'ami Steeve, il convient d'être un peu sérieux...
Avouez que ça fait rêver...
Si aujourd'hui, ce volet est aussi culte, c'est un peu grâce à Tarantino qui, avec son Kill Bill vol.1, a réutilisé, entre autres, le concept du sabreur solitaire face à plusieurs dizaines d'autres...
Pour autant cette Rage du tigre a une histoire assez singulière : dernier volet d'une trilogie, il relève peu ou prou de l'auto-remake du 1er, une sorte de reboot, pour utiliser une image parlante d'aujourd'hui. Pour la peine, on change un peu l'intrigue, histoire de n'pas endormir tout l'monde, on change d'acteur aussi et puis roule ma poule. Évidemment, on garde le concept - déjà énorme - du sabreur manchot.
Pour le reste, trois parties comme d'habitude: une première où le sabreur possédant ses deux bras se la pète en sauvant le monde jusqu'à ce que, piégé, il se coupe lui-même le bras, une deuxième, la plus longue et la plus sympathique, où l'on découvre la vie - presque - banale du héros devenu un serveur qui étonne tout le monde par sa dextérité malgré son handicape, et enfin, la vengeance où il prouvera qu'avec un seul bras, on peut être efficace (les branleurs savent de quoi je parle).
Fan d'imagerie rétro un peu cheap avec zooms en cascade, rires démoniaques, maquillages outranciers et logo Shaw Brothers, ce métrage est fait pour vous. Pour les autres, les combats sont assez chouettes pour capter votre intérêt donc au final, que demande le peuple ?
Bruine est une des plus talentueuse tueuse du gang de la Pierre Noire. Alors qu'elle met la main sur les restes magiques d'un moine, elle trahit son chef et part refaire sa vie (et son visage par la même occasion). Elle devient Zheng Jin, une modeste vendeuse de tissus et tombe amoureuse d'un simple commis. Mais les assassins de la Pierre Noire comptent bien remettre la main sur elle et sur les reliques...
Je voudrais être réincarné en un vieux pont de pierre pendant 500 ans pour sentir tes pieds me fouler.
Cette phrase-là, bien mieux dites par ailleurs, est l'une des plus belles trouvailles de ce film qui, malheureusement, s'avère trop inégal pour savourer pleinement le retour de "Miss Tatane 93" (oui, je prends Tai-Chi Master comme référence, d'autres choisiront Tigre et Dragon ou encore Police Story 3 et auront bien raison aussi).
Ahhhh Michelle Yeoh, l'incarnation parfaite de l'élégance, de la beauté classieuse et du coup de pied latéral renversé. Une femme qui, du haut de ses 50 ans cette année, nous donne toujours envie de l'admirer, voltigeant dans les airs, distribuant des pains tel un Jésus malaisien vachement souple et transperçant d'une lame acérée quelques vils bandits à la mine patibulaire... Rien que pour ça, vos yeux vous remercient.
Reste que, si ce Règne des assassins n'est pas avare en combat, la Michelle Yeoh en évite la moitié, et l'autre est quelque peu gâchée par un montage en mode ultra-cut.
Déjà, les effets de ralentis, c'est gonflant, mais quand un beau combat est coupé deux fois par mandale, toute la performance s'en retrouve diminuée et notre plaisir visuel avec. En réalité, il n'y a qu'un seul combat digne de ce nom, c'est celui avec le moine en début de film, mais c'est une autre - talentueuse - actrice qui nous offre le spectacle. Triste.
Pour le reste, on se satisfait grandement du côté kung fu comedy et de la sympathique romance. Idem pour l'esthétique, toujours hyper soignée, et quelques seconds rôles pas piqués des hannetons. Quelques situations, bien que réalisées sans talent, valent aussi le détour (la scène de la banque entre autres), de même que l'idée d'un casting multiethnique brassant autant chez les chinois, que chez les coréens ou encore les japonais n'est pas inintéressant.
On passera en revanche sur les CGI dispensables, sur Jung Woo-Sung (Le bon du Bon, de la Brute et du Cinglé) le fade bellâtre qui ne l'est pas - bellâtre - et sur l'intrigue, joyeusement escamotée lors du final (ben oui, où qu'il est passé finalement ce Bodhidharma autour duquel toute l'histoire tourne ?)
Bref, si John Woo nous avait enchanté par son récent 3 Royaumes, pour sa dernière co-réalisation (bien qu'il soit surtout producteur) avec Chao-Bin Su, il nous déçoit pas mal en nous livrant un sous-Tigre et Dragon lui arrivant tout juste à la cheville.
Ça reste un divertissant fort agréable à qui n'est pas trop exigeant - mais qui l'est un soir de semaine, vous m'direz - et, rien que pour la présence de Michelle Yeoh, il se doit d'être vu, aimé, voire adulé avec toute l'objectivité dont les fans de cette grande dame sont capables. Ajoutons à cela qu'il y a bien peu de wu-xia-pian récent de cette qualité, le bouder serait donc un crime impardonnable.
Fong Sai-Yuk est l'un des plus mythiques pratiquants d'arts-martiaux chinois du 17e siècle. Du fait de la période, la légende et l'histoire se mêlent continuellement et il est bien difficile de trier le vrai du faux, voire même de savoir si de vrai, il y a. Est-ce que Fong Sai-Yuk a seulement existé ? Le mystère reste entier...
Comme il n'y rien de plus beau que la légende, la voilà : Fong Sai-Yuk est né à Guangdong, au sud de la Chine. Sa mère, fille d'un des cinq moines survivants du légendaire Massacre de Shaolin et combattante émérite, lui aurait brisé tous les membres à la naissance puis l'aurait baigné dans un ersatz d'alcool à 70° (de l'époque) afin de le rendre quasi invincible, et cela avec réussite. Dans le doute, je préconise toutefois aux jeunes parents d'éviter ce genre de pratique, on ne sait jamais.
Jeune et turbulent, il devient pourtant maître en Tai-Chi, l'un des 10 tigres de Shaolin et peut-être l'un des fondateurs des Arts Martiaux de Shaolin. Il serait Dieu que l'on ne s'étonnerait pas plus.
C'est beau comme la Bible donc - en plus exotique toutefois.
Bref, c'est le bordel. Toujours est-il que ce légendaire personnage sera évidemment le héros de nombreux films, entre autres Le Temple de Shaolin de Chang Cheh, Les Disciples de la 36e Chambre de Liu Chia-Liang et ceux dont je vais parler aujourd'hui :
LA LÉGENDE DE FONG SAI-YUK 1 & 2
réalisés par Corey Yuen
1. Lors d'un tournoi, Fong Sai-Yuk préfère perdre un combat pour ne pas risquer d'être marié de force à la fille de l'organisateur, qu'il croit laide à tort. Pour laver l'affront fait Fong Sai-Yuk qui ne perd jamais de combat, sa mère, qui ne connaît pas les teneurs de celui-ci, décide de prendre sa place. Une série de quiproquos va compliquer sévèrement la situation...
2. Alors qu'il est désormais membre de la société de la Fleur Rouge, Fong Sai-Yuk doit séduire une jeune femme afin de lui dérober une boîte secrète. Sa fiancée, n'étant pas mise au parfum, ne le voit pas d'un bon œil...
Lorsque Jet Li abandonne Tsui Hark et son adaptation de l'histoire de Wong Fai-Hung, c'est avec une certaine ironie qu'il reprend le rôle avec un autre réalisateur dans le passable Claws of Steel. Alors qu'il lâche enfin ce personnage légendaire, c'est pour s'en approprier un autre dans une histoire quasi similaire et dans un ton proche de son précédent film. De la Kung Fu Comedy pure et dure, donc.
J'avais signalé le pendant très humoristique deClaws of Steel qui semblait faire le lien entre les Il était une fois en Chine de Tsui Hark et le diptyque Drunken Master avec Jackie Chan. Ici, on retrouve beaucoup d'éléments proche de Drunken Master et particulièrement dans la relation entre le fils et sa mère - hystérique et hilarante - alors que cette fois, ce n'est pourtant pas du même personnage que l'on parle.
Pour faire court, il devient assez difficile de voir les différences encre ces deux figures mythiques que sont Wong Fei-Hung et Fong Sai-Yuk, d'autant plus qu'ils sont interprétés par le même acteur. Quand j'vous disais que c'était le bordel...
Reste que, comme on peut l'imaginer, nous restons en terrain connu et, ma foi, on ne s'en plaint pas !
De l'humour et de la castagne, c'est presque la définition du film de Kung Fu de la première moitié des années 90. Rajoutez-y des câbles - y en a pas mal ici - et vous obtenez le plat complet, sauce nuoc-mâm comprise.
Ainsi, quand ça ne fight pas, ça vaudeville à plein régime (voire les deux en même temps, preuve qu'ils n'ont peur de rien). Le quiproquo est peu ou prou le cœur de ce diptyque et pour le coup, on doit admettre que ça fonctionne pas mal du tout : le duo quasi lesbien des deux mères du premier opus laisse place au duo de fiancées dans le deuxième avec presque autant de réussite. Au milieu, encore et toujours, on retrouve un Jet Li en grande forme dans un rôle d'ahuri qui, s'il ne correspond pas typiquement au registre dans lequel il excelle, il s'en sort beaucoup mieux que dans Claws of Steel - sans doute car les blagounettes sont plus souvent offertes aux seconds rôles féminins.
Les intrigues, plutôt faibles, sont donc surtout là pour permettre à Corey Yuen de créer des scénettes humoristiques et/ou actionnesques. L'objectif est pleinement atteint et, si la réalisation pêche un peu, le rythme hyper soutenu rend les métrages fort distrayants, ce qui est le but évident de l'entreprise.
De plus, on ne peut pas vraiment reprocher au deuxième opus d'être moins bon que le premier : les deux, réalisés à la suite et concoctés dans le même plat en porcelaine, se valent largement au niveau de l'action et se partagent équitablement les scènes spectaculaires (du combat aérien du premier avec ses sauts sur la tête du public médusé, au combat final du second où la mère est prise en otage sur une montagne de bancs rappelant beaucoup une scène similaire présente de Tai-Chi Master). Seul le scénario paraît encore plus secondaire dans la suite, mais pas de quoi s'coincer les couilles dans un boulier chinois pour autant.
L'achat du coffret regroupant les deux films est donc tout à fait recommandable si vous appréciez le mélange humour / action. Les amateurs qui snobent la gaudriole chinoise passeront par contre leur chemin au risque, sinon, d'injurier bruyamment leur téléviseur au grand damne de leurs voisins.
La lecture du testament de leur mère bouleverse l'avenir d'un frère et d'une sœur. Celui-ci leur apprend qu'ils ont un père en vie et un frère quelque part au Moyen Orient.
Thriller et drame intense, Incendies réussi brillamment dans sa retranscription d'un pays en guerre fratricide lorsqu'il suit le parcours de la mère. Aucun jugement n'est jamais porté sur les actes et ce recul magnifie le discours, loin d'être pourtant sans subjectivité.
Moins réussi, mais plus léger donc appréciable par rapport à la noirceur du sujet et des découvertes successives, le parcours initiatique des deux enfants à la recherche de la véritable identité de leur mère, monté en parallèle, se révèle plus poseur et volontiers esthétisant jusque dans l'usage d'une B.O. pop étonnante. Si l'on suit leur (en)quête avec grand intérêt, difficile, malgré le jeu impeccable des acteurs, d'être véritablement ému par ce que celle-ci leur apprend.
Le film terminé, il est évident que seule l'histoire incroyable de cette "femme qui chante" compte, et l'aspect drame/guerre l'emporte largement sur l'enquête elle-même, dont les enjeux sont qui plus est quelque peu attendus.
Le résultat, pourtant un peu bancal, s'avère tout à fait passionnant et fait de ce Incendies, un parfait compagnon de route à La Révélation d'Hans-Christian Schmid !
Un flic demande à son ex-collègue devenu détective privé alcoolique d'enquêter sur la mort de son beau père.
Ami(e)s de la comédie bonjour...
...et au revoir !
Évidemment, à la lecture du pitch, on s'attend pas franchement à la poilade des familles avec frappage de genoux en guise de rythmique à nos fous rires. Non. M'enfin quand même, niveau ton, on est à deux doigts du film coréen, la violence horrifique en moins.
Bref, c'est pas gai du tout.
Mais c'est très bien ! Certes, l'un des enjeux de l'histoire est connu et compris assez vite. Toutefois, depuis le casting et ses personnages riches, jusqu'à l'intrigue tordue juste comme il faut, le reste vaut largement son pesant de cacahuètes, de saint nectaire fermier et de roulés à la cannelle.
Et le final, quant à lui, saura vous asseoir définitivement.
Pour autant, le film ne paye pas de mine pour un thriller chinois récent, avec sa réalisation fort sage, son rythme assez lent et son absence d’esbroufe (en dehors d'une petite scène de reconstitution pas dégueu).
Quasi du polar d'intello en somme. De ceux qui sont assez bien écrit pour n'avoir rien à prouver.
Bien-sûr, quand le tout est servi par Tony Leung, Takeshi Kaneshiro et l'équipe d'Infernal Affaires, on prend pas trop de risque.
En 2000, un énorme tremblement de terre détache Los Angeles du reste des États-Unis. Transformée en île, Los Angeles devient le lieu idéal pour le gouvernement américain - puritain à l’extrême - pour y envoyer ses dissidents, et cela, à vie. La fille du président, Utopia, s'enfuit sur l'île avec la fameuse boîte noire présidentielle pour y rejoindre un révolutionnaire de pacotille, le très gevariste Cuervo Jones. Snake Plissken est envoyé de force sur les lieux pour récupérer le contenu de la fameuse boîte et tuer, au passage, Utopia.
Ami de la subtilité : "Bonjour" !
On retrouve donc notre John Carpenter préféré avec son discours anar et ses caricatures politiques habituelles dans ce qui ressemble beaucoup à un auto-remake, de New York 1997 donc. Ultra référentiel, ce Escape from L.A. reprend la trame originale quasi à l'identique autant dans sa structure scénaristique que dans certaines scènes. Le tout est simplement remis au goût de jour (enfin, celui de 1996 pour être précis) avec un peu plus d'acidité en matière de message. Et ça passe très bien ! Après tout, le divertissement se déguste avec le même plaisir et ma foi, le final est encore plus jubilatoire que le 1er. Sur le fond, Carpenter fait sans doute mieux encore avec ce volet tardif et cela, jusque dans les sentences cultes de ce cher Plissken.
Reste un problème, de taille, c'est l’esthétique et les effets spéciaux en particulier. Autant le dire simplement, c'est très raté. Plus que ça, c'est même très laid et les exemples de mauvais goût sont légions, depuis l'arrivée en sous-marin jusqu'à l'horrible scène de surf, en passant pas les explosions en CGI. Alors, dans un certain sens, ça peut lui donner un côté retro et résolument bis sur le tard, mais ça, c'est vraiment si l'on est d'humeur positive car il faut admettre que dès sa sortie en 1996, le rendu faisait déjà tâche. Le pire étant qu'à ce niveau-là, il a bien plus mal vieilli que son prédécesseur qui, lui, n'a quasiment pas pris un ride.
Alors, est-ce rédhibitoire ? Absolument pas dans le sens où, après tout, on est dans la série B assumée et que, pour le public visé, ça passe. M'enfin quand même, John, t'aurais pu faire un effort !
Me vient toutefois une question d'une importance capitale : Est-ce qu'en 2013 va sortir America 2029 ?
EDIT : J'ai appris (et oui, j'apprends des choses tous les jours comme tout le monde) qu'en réalité, ces effets spéciaux ne sont pas la faute à ce bon vieux John. L'entreprise qui s'en occupait à sombre pendant le tournage et, faute de budget, le cinéaste fut obligé de prendre ce qui avait été fait tel quel, donc pas terminé. Ceci expliquant cela, je m'excuse platement auprès de toi John.
En 72, cinq jeunes étudiants de l'Armée Rouge Unifiée et recherchés par la police prennent en otage une aubergiste. La télévision suivra cet évènement en direct pendant 10 jours. Pour mieux le comprendre, Wakamatsu revient sur le passé du groupuscule.
Koji Wakamatsu doit sa renommée à une époque, les 70's, et à genre bien précis, le Pinku (genre érotique japonais où torture et soumission font bon ménage).
Pour autant, il fit toujours avec ses films coquins un parallèle politique assez net, le dominant et la dominée symbolisant souvent le pouvoir et le peuple.
Depuis son come back à la fin des 90's, Wakamatsu semble délaisser le film de genre pur pour un cinéma plus universel et cette fois clairement engagé. A ce titre, United Red Army marque nettement la volonté du cinéaste d'aller plus en profondeur dans son sujet.
Ce film est d'autant plus important et intéressant que Wakamatsu fut un "sympathisant" de la cause de ces jeunes révolutionnaires mais offre volontairement un film objectif, sans aucun parti pris. United Red Army se présente donc comme un instantané de ce mouvement, comme un témoignage fleuve d'un évènement.
Cet aspect est visible dès la première partie du film, mélangeant allègrement extraits documentaires de l'époque et reconstitution de certaines scènes clefs, dont les réunions entre les jeunes membres révolutionnaires. Si on est un peu perdu - et on le sera aussi pendant la deuxième partie du film - entre les nombreux personnages, on ne peut qu'être impressionné par ce choix de faire disparaître la fiction et de coller, au plus près, à une réalité sans omettre quiconque, quand bien même la personne mourrait cinq minutes après - c'est d'ailleurs à ce niveau-là que l'on peut voir le respect du cinéaste pour ces activistes.
La deuxième partie est centrée sur l'entraînement physique (mais pas que) des personnages et sur les dérives funestes de ce désir de perfection révolutionnaire qui oblige tout le monde à s'auto-critiquer continuellement. Si le résultat s'avère fort répétitif, l'effet n'en est que plus efficient et véritablement sans concession. Qui plus est, son traitement dans la durée montre bien cet engrenage et la folie ambiante qui émane de l'enfermement d'un groupe. Le spectateur quant à lui, devra s'accrocher.
Enfin, vient le final et la fameuse prise d'otage qui était, je le rappelle, le sujet du film. Plus expéditive, cette dernière séquence a le mérite de mettre les personnages face à leur entraînement mais aussi face à leur contradiction. Surtout, l'explosion de violence visuelle s'avère salutaire et, il faut bien l'admettre, tant attendue.
Si le métrage est parfaitement réussi, passionnant et assurément à promouvoir, difficile pour autant de le qualifier de "coup de coeur", l'expérience étant ma foi, assez douloureuse.
En revanche, voilà une oeuvre qu'il faut voir et qui a le mérite d'exister (à défaut d'être connue) !
1988 : Manhattan toute entière devient une prison de haute sécurité ; des murs sont érigés tout autour de l’île, des mines sont dispersées et la police veille. En 1997, lors d’un voyage diplomatique, l’avion du président est détourné et s’écrase sur Manhattan. Snake Plissken, ancien militaire devenu hors-la-loi, est dépêché pour ramener le président en échange de sa liberté (et de sa vie). Il a 24 heures...
Il y a de grands réalisateurs qui ont réalisé de grands films, mais qui seront toujours de petits réalisateurs de petits films aux yeux du monde. La raison ? Leur appartenance et leur fidélité au monde du film de genre. Et c’est pour ça qu’on les aime ! Carpenter est de ceux-là et, contrairement à son pote Cronenberg (cité d’ailleurs dans le film), il ne changera pas de ligne directrice, quitte à être définitivement boudé par le reste du monde. A ce niveau-là, il est plus à rapprocher de son autre pote, Romero (lui aussi cité), jusque dans cette façon de faire des films de série B très personnels. Quasi de la série B d’auteur car, à l’instar du maître incontesté des zombies, Carpenter fait dans le divertissement politisé…
Escape from New York se situe en plein dans la grande période du réalisateur, celle ou pendant près de 10 ans, il ne va réaliser que des œuvres importantes pour le genre. Celui-ci, avec Mad Max 2 de George Miller sorti la même année, va être l’un de pilier du film d’anticipation actionesque plus ou moins post-apocalyptique. L’un est urbain, l’autre désertique mais les deux partagent des éléments communs comme ce héros individualiste (issus du western italien) qui va aider une population opprimée d’abord pour son propre intérêt puis, petit à petit par humanité. De même, on retrouve cette même imagerie esthétique au niveau du look punkoïdo-cromanionesque des personnages ; les fameux crazies vivants dans les égouts, du film de Carpenter, aurait sans mal trouvé leur place dans celui de Miller.
En revanche, Escape from New York est aussi très ancré dans la culture cinématographique américaine avec des références évidentes pour les films d’évasion (bien que celle du film se révèle finalement très simple et courte par rapport à ce que l’on pouvait attendre avec un tel titre) et le vigilante tel que les bronsoneries réacs de l’époque. Reste que Carpenter est un anar revendiqué et son Snake Plissken, trublion et éternel rebelle, la personnification de ce courant de pensée. L’ironie du final et son implacable façon de mettre dos à dos toutes méthodes et types d’organisations politiques finit de poser le film comme un acte de rébellion assumé. Le final de sa tardive suite, Escape from L.A., ira d’ailleurs encore plus loin dans le genre.
Divertissement spectaculaire loin d’être con, Escape from New York rempli son objectif et cela, même trente ans plus tard (peut-être même plus encore). Les scènes d’action fonctionnent toujours parfaitement, les effets spéciaux, idem, et le casting aux petits oignons avec les gueules inoubliables de Lee Van Cleef, Ernest Borgnine ou encore Donald Pleasence donne au film un cachet indiscutable. Bien sûr, on oubliera pas la cultissime musique électronique écrite par Carpenter himself et le charismatique Kurt Russell tout en cynisme et en réparties, qui n’est pas sans rappeler le plus mythique des porteurs de poncho, l’homme sans nom - jusque dans sa façon de fumer.
La petit Oskar Schell a perdu son papounet dans les tours le 11 septembre. Il lui manque terriblement et en particulier les jeux de pistes qu'ils faisaient ensemble. Lorsqu'un an plus tard, il trouve un clef anonyme cachée dans un vase à l'intérieur de la penderie de son père, il va se donner entièrement à la recherche de sa serrure...
Extrêmement fort et incroyablement près, c'est d'abord l'un des plus beaux romans contemporains américains qui soit. Écrit par le jeune et talentueux Jonathan Safran Foer, l'intrigue était vue par les yeux de l'enfant, avec beaucoup d'humour et bien sûr de l'émotion. Jubilatoire, le roman savait parfaitement éviter tout pathos malgré un sujet difficile.
Pour son adaptation, le metteur en scène prend un peu le contre-pied du roman et réalise une sorte de film ultime sur le 11 septembre, très communautaire et souvent tire-larmes. Il n'en est pas pour autant mauvais, loin de là, mais le fait de changer de point de vue - ici on regarde un enfant, contrairement au livre où l'on était l'enfant - change totalement le ressenti et en fait quelque chose d'assez conventionnel et attendu.
Voilà donc un joli mélo, très bien interprété et tout à fait recommandable, reste que l'on est à des années lumière de la qualité et de la force du roman.
Bref, pour 8€, allez plutôt vous acheter le bouquin en poche, plutôt que d'aller au cinéma.
Arthur Kipps, jeune père débordé et jeune veuf éploré, est un notaire sur la sellette. Afin de conserver son travail et pouvoir subvenir au besoin de sa petite famille, il se doit de s'occuper d'une succession dans un village paumé. Là-bas, il trouve l'hostilité et va bientôt comprendre pourquoi lorsqu'il mettra les pieds dans la maison de la fraîche décédée.
Quand un personnage est hanté par la mort de sa femme, quoi de mieux que de le foutre dans une grande baraque flippante peuplée de fantômes ?
C'est l'idée - fort classique - proposée par le nouveau Hammer.
Bon, déjà, faut reconnaître qu'on est ravi de voir arriver le nom de ce mythique studio au démarrage du générique. Période victorienne, brume omniprésente, village anglais charmant où les habitants sont décalés... Ok, on est en terrain connu !
Radcliff s'avère qui plus est convainquant en jeune premier hammerien - faut dire qu'il porte très bien les rouflaquettes et les vêtements d'époque.
Charmant petit film, on regrettera 2 choses principalement ; le manque d'ambition pour ce come back de la Hammer avec une histoire de fantômes traitée de façon très classique qui, de fait, n'apporte pas d'enjeu particulier, et le choix - déjà hasbeen ? - de s'accrocher aux films d'épouvantes japonais et hispaniques.
Bon, ça fonctionne évidemment : on flippe pas mal car l'atmosphère est bien rendue, on sursaute plusieurs fois et évidemment, tout est lié à une sombre histoire familiale.
Heureusement, le final pour le moins original et "osé" se révèle fort appréciable.
On passe donc un bon moment, pas inoubliable, mais souhaitons que le film rencontre assez de succès pour relancer la firme, qu'elle trouve des réalisateurs emblématiques comme à pu l'être Terence Fischer et, ma foi, Radcliff a peut-être trouvé là un moyen de se faire une gentille petite carrière bisseuse...
Tintin achète au marché aux puces une maquette de La Licorne, un bateau pirate. Celui-ci renferme un secret que Sakharine cherche à récupérer.
Une aventure qui ne s'arrête jamais. Rythme halletant, on s'accroche régulièrement au siège.
Spielberg retrouve ainsi le découpage des premiers Tintin où l'action est constante et les rebondissements omniprésents.
On en sort un peu épuisé mais heureux. Faut dire que ça s'arrête au bon moment.
On notera au passage l'excellente scène des souvenirs sur le bateau pirate et la course poursuite grisante dans Bagghar (too much diront certains, moi j'ai trouvé ça assez génial, excitant comme la course en train de Wallace & Gromit).
Gil Pender, scénariste à succès s'essaie au dur travail d'écrivain. En vacances à Paris avec sa fiancée, il tombe amoureux de la ville et le soir, à minuit, rencontre les stars des années 20, son âge d'or à lui.
Comme chaque année, avec une pointe d'appréhension, on se retrouve et souvent on se délecte devant un Woody Allen des familles.
Midnight in Paris a été un peu critiqué ; entre la présence éclair de Carla Bruni, la vision idéalisée d'un Paris d'antan et des personnages célèbres un peu caricaturés, les critiques s'en sont données à coeur joie.
Sans doute pas aussi magique pour le spectateur, cette dernière fournée s'avère toutefois fort sympathique et saura contenter les nostalgiques dont je fais partie, pour lesquels le film est clairement destiné. Époques rêvées, lieux idéalisés, rencontres avec de mythiques artistes. Bref, un rêve pour les diffuseurs de culture que nous sommes qui entre deux pages ont partagé un scone avec Virginia Woolf, goûté aux lèvres de Kim Novak, été George Harrison sur la scène du Shea Stadium.
Des attentats ont lieu. Les anarchistes sont accusés, mais derrière tout ça, il y a Moriarty, la nemesis de Sherlock Holmes, homme d'affaires redoutable et tueur sans scrupules. Watson, fraîchement marié, se voit obligé de rempiler pour le plus grand plaisir d'un Holmes qui se travesti à qui mieux mieux. A côté, ça pétarade beaucoup et ça danse autour des roulottes.
On avait apprécié - avec un semblant de culpabilité - le premier opus. Trop d'effets de ralentis, trop de filtres pour créer une ambiance factice. Trop de, trop de... L'effet Guy Ritchie sans aucun doute.
Mais on avait apprécié. C'était fun. Le duo Downey Jr/Law fonctionnait à merveille, l'enquête tenait la route. C'était sympa - même si, au vu du budget utilisé, ça aurait pu/du être bien mieux, on est d'accord.
On a donc vu le 2e et on s'est bien éclaté. Mêmes stigmates que pour le précédent, mêmes défauts, mêmes qualités. A mes yeux, mais peut-être que ma mémoire me joue des tours, j'ai trouvé cette seconde incursion dans l'enquête oldschool blockbusterisante encore meilleure. L'ambiance gypsy peut-être, allez savoir. Peut-être le visage inquiétant de Noomi Rapace, la classe de Jared Harris en Moriarty... Who knows ? Who cares ?
Ça ne nous a pas empêché de nous mater et d'apprécier tout autant le 1er épisode de la deuxième saison de la série BBC où notre Sherlock Holmes contemporain envoie des sms et utilise une webcam plutôt qu'une loupe.
O'Neil, un marshal se voit muter dans une station minière près de Jupiter. Là-bas, tout semble aller comme sur des roulettes en dehors d'une inquiétante vague d'accidents/suicides qui laisse pourtant tout le monde indifférent. Alors qu'il enquête, O'Neil découvre qu'une drogue qui, prise sur le long terme rend fou, est utilisée par les ouvriers afin d'augmenter leur rendement sous l'œil complice des autorités.
Outland réussit brillamment la conversion du polar et du western dans l'univers de la SF. Ainsi, Peter Hyams nous offre une sorte de mix spatial entre le train sifflera 3 fois (un shérif isolé qui se retrouve avec un contrat sur la tête) et Serpico(le flic seul et déterminé qui cherche a démanteler un énorme réseau de corruption qui touche même ses plus proches collègues). Ajoutons à cela une atmosphère claustrophobique très prisée dans la SF du moment (voir Alien), renforcée par une utilisation pertinente des studios et décors minimalistes, un héros qui assume un passé que l'on devine chargé en cherchant à s'améliorer quitte à y passer, et on obtient une des meilleurs productions de l'année 81, et un très beau rôle pour Sean Connery qui porte littéralement le film sur ses épaules.
Nina, ballerine de 28 ans, partage son temps entre ses répétitions et une mère castratrice dans un souci constant de perfection. Alors que le "Lac des Cygnes" va être réinterprété par sa compagnie, Nina donne tout ce qu'elle peut pour hériter du rôle titre. Cependant, celle-ci devra jouer à la fois la cygne blanc et le cygne noir et pour cela, il faudra qu'elle réussisse à affronter sa part sombre - et Lily, une jeune danseuse fougueuse...
Afin de dissiper les doutes qui vous assaillent et pour vous éviter de lire le reste de cette chronique s'il n'y a qu'une chose qui vous intéresse : est-ce que ça vaut vraiment le coup ce film ? Oui, ça vaut vraiment le coup.
Ça, c'est fait.
Bon, visuellement, c'est superbe - on aura rarement aussi bien filmé des scènes de danse - et souvent virtuose. Thématiquement, c'est riche et bien traité, Aronofsky n'hésitant pas à faire le tour de la question en développant son intrigue sur plusieurs niveaux à travers un travail centré sur la dualité (personnages, sentiments, maturité...). Le tout, accompagné d'une B.O et d'une chorégraphie de circonstance, étant qui plus est brillamment interprété (la distribution est parfaite et bourré des sous-entendu entre les rôles et les acteurs) difficile de faire la fine bouche.
Bref, un très très bon film... dur et classique. La classe américaine...
Reste que, je ne sais pas si c'est un reproche, un bémol ou je ne sais quoi, vu la réussite objective de l'ensemble, je trouve que le film manque quand même d'un petit quelque chose, le truc en plus qui installerait définitivement le métrage dans l'histoire, la claque qu'on attend et qui ne vient pas - ou brièvement. De l'audace peut-être ; sa linéarité et sa prévisibilité totale (pour n'importe quel adulte normalement équipé cérébralement) l'empêche d'atteindre le chef d'œuvre qu'il avait tout pour être.
Un plus grand développement de l'aspect fantastico-horrifique aurait peut-être suffit, ou alors moins d'évidence scénaristique... Honnêtement je ne sais pas, car globalement ça reste subtil et le mélange des genres est bien dosé.
Toujours est-il qu'on frôle tellement la perfection qu'il est frustrant de ne pas l'avoir atteint.
On avait laissé Dexter dans un rôle de Pygmalion frustré (à l'instar de la saison 3) ; en effet, sa jolie protégée Lumen, l'avait laissé en plan.
Qu'à cela ne tienne, le bougre continu ses sanglantes mises à mort pendant que sa gentille nouvelle voisine babysitte son p'tit blondinet. Évidemment, comme à chaque saison, un nouveau serial-killer entre en piste - putain Miami, ça craint là-bas. Celui-ci est un envoyé de Dieu et met en scène religieusement d'horribles tueries pieuses (Seven inside).
Alors, après une saison 4 qui s'était finie en apothéose, les fans que nous sommes avions espéré que la 5e clôturerait de façon magistrale cette excellente série sans s'éterniser.
Or pas du tout. Face au succès, ils ont balayé 2/3 suspicions qui foutaient Dexter dans la merde et nous avaient offert une saison sympathique quoi qu'assez inutile. Rebelote donc pour cette 6e, en pire ce coup-ci, étant donné que devant la très mince enquête, ils ont surchargé le tout de sous-intrigues parfois bien inintéressantes. Ajoutons à cela, l'anti-charismatique Colin Hanks en bad guy et vous obtenez sans aucun doute la moins bonne saison de la série
Certes, la qualité globale est toujours là, les meurtres pas piqués des hannetons et comme à chaque fois, la saison développe les réflexions de notre cher Dexter (ici l'aspect religieux). Bref, heureusement, on ne s'emmerde pas et on y trouve toujours notre plaisir. Pour autant, tout cela sonne comme de la redite et il est grand temps de clore cette série avant qu'elle ne se sabote toute seule.
On conservera toutefois le dernier épisode culotté et cette fameuse réplique déjà culte : "I am a father... a son... a serial killer".
La famille Walsh est financièrement dans la panade et bientôt, leur maison sera détruite pour servir de country club aux riches habitants de la ville d'Astoria. Trouvant une vieille carte aux trésors dans le grenier, leurs enfants, accompagnés d'amis décident de tenter leur chance et ainsi sauver cette maison où ils ont vécu sous le nom des Goonies, de nombreuses aventures.
Savoureux cocktail mélangeant aventure, humour et - petits - frissons sous fond de la peroxydée Cyndi Lauper, Les Goonies est un pur produit familial 80's (Spielberg à la prod, Columbus au scénar et Donner à la réal, c'est dire !). Savoir si aujourd'hui les jeunes adolescents s'y retrouvent est une bonne question tant on sait que son public fidèle ressemble peu ou prou à un trentenaire nostalgique.
Bref, cette VHS la plus empruntée par les djeuns lors des grandes heures des vidéo-club a-t-elle un futur dans le tout numérique ? Et si jamais celui-ci trône sur l'étagère dvd de la maison, n'est-ce pas plutôt les parents qui, lors d'une soirée coupable se projettent goulûment le saint Graal de leur jeunesse ?
Qu'importe, ce film qui fit les heures de gloire et le culte des boutonneux en t-shirt fluo et en pantalon "Johnny Clegg" continue gentiment d'être regardé en faisant renaître les vieux émois. Et comme de toute façon, on les voit venir de loin ceux qui les traitent d'adulescents, on pourra toujours hurler un "Alerte aux cons !" de circonstance pour se défendre.
Le fait est que ses - vieux ? - fans peuvent se réjouir car à la vue du tout récent Super 8, hommage vibrant et assumé aux productions 80's, on sait encore leur faire plaisir. Et s'ils arrivent à partager leur passion avec leurs enfants - leur souhait le plus cher - Les Goonies sera encore vu pendant longtemps !
La police a trouvé l'antre d'un tueur, des cadavres enterrés dans les jardins et... plusieurs centaines de vidéos mettant en scène ses tueries. Des spécialistes, enquêteurs, profilers et proches des évènements témoignent...
Attention, voilà un film qui peut s'avérer vraiment flippant et perturbant. Par contre, rien à voir avec un film d'horreur classique, donc même les aficionados du genre pourraient se sentir mal à l'aise après le visionnage. A réserver à un public averti donc !
The Poughkeepsie Tapes fonctionne donc sur le principe du documentaire - j'en vois déjà qui font la grimace - mais attention, on est ni dans Blair Witch, ni dans Cannibal Holocaustou Rec, mais totalement dans le documentaire, et en particulier le documentaire type criminologie ; témoignages d'enquêteurs, de victimes, de spécialistes, compte-rendu de procès, balistique... Et on a beau savoir que c'est une fiction - et donc un documenteur - les habitués de ce type de reportage vont devoir régulièrement se le rappeler au risque de flipper grave.
A cela s'ajoute toutefois une partie plus fictionnelle (et pourtant diablement réaliste et efficace) où l'on nous présente quelques extraits des fameuses tapes que le tueur a trouvé bon de tourner pendant ses méfaits. Là, on est plus dans le terrain désormais connu du snuff like ; mal filmé, volontairement amateurisant et granuleux. Les actes commis sont évidemment horribles mais pour autant, relativement pudiques (souvent hors-champ) et privilégiant la complémentarité avec les interviews très bien montées en parallèle. Le procédé snuff un peu redondant aujourd'hui - et pas forcément nécessaire qui plus est - est donc très bien géré en évitant entre autres le gore qui tâche et autres effets chocs (voire même assume des moments d'inaction relativement longs, limite chiants mais du coup plus crédibles).
Crédible. Voilà le mot d'ordre du film et, si j'ose dire, la condition de base à la réussite du métrage. Car le parti-pris documentaire ne peut fonctionner que si on y croit (plus encore qu'une fiction assumée) et là, force est d'admettre que le réalisateur a obéit aux cahiers des charges de ce type de doc avec maestria. Résultat : ça fonctionne parfaitement ! On est littéralement pris par l'enquête, déstabilisé par le "talent" du tueur, démoralisé par les témoignages, etc... De plus, les différents protagonistes interviewés sont à 90% comme "les vrais", à savoir oscillant entre la gêne occasionnée par le fait d'être interviewé et le soucis d'être intéressant, précis...
Mais où est la peur alors ? Et bien celle-ci s'installe gentiment au fur et à mesure des témoignages, renforcée par les scénettes du tueur froidement réalisées. D'ailleurs c'est plus le malaise que la peur qui est ici présent même si, de façon discrète, certains passages s'avèrent véritablement terrifiants et inattendus comme le témoignage d'une des victimes dont on se souviendra longtemps.
Parfaite réussite donc qui, cela étant, est trop construit autour de sa forme pour devenir incontournable. En tout cas, ce tueur next door n'est pas prêt de vous laisser insensible...
Une société cherche a regrouper les Scanners, des médiums aux pouvoirs surnaturels. Elle recrute un jeune médium pour détecter tous les Scanners qui lui sont opposés. Il va découvrir les aspects caches de cette périlleuse mission.
Bon alors déjà, le casting est aux petits oignons. Avec ce film, Cronenberg commence à se payer du beau monde avec un budget plus conséquent. Pour autant, dire qu'il devient mainstream serait une grosse erreur. Disons juste que dans le milieu, il est reconnu et Scanners va définitivement l'installer grâce à une intrigue efficace et surtout des scènes d'action qui ne lésine par sur les effets chocs (tête qui explose, embrasement...) ; le challenge étant entre autres d'arriver à créer de l'intérêt et du rythme alors que les "combats" sont cérébraux, ce que Cronenberg arrive à faire avec talent. Autre chose à signaler qui a dû permettre au film de se faire un nom, c'est qu'il est ancré dans son époque ; c'est l'ère des films fantastiques et ou de SF qui s'inquiètent des avancées technologiques, peignant un monde de savants/chercheurs laissant l'humain sur le bord de la route. Évidemment, tous ces films, qu'ils aient vieilli ou non, résonnent particulièrement à nos oreilles aujourd'hui.