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mercredi 20 juin 2012

Black Mask



Tsui, ancien super-militaire ayant servi d'expérience scientifique afin d'être le plus redoutable possible, est aujourd'hui un brave bibliothécaire souvent moqué.
Lorsque ses anciens compagnons d'arme se rappellent à son bon souvenir, il n'a d'autre choix que d'intervenir et devenir le Black Mask.




Après les chefs d’œuvre télévisuels mythiques que furent la formidable trilogie des Flynn Carson avec Noah Wyle - mon dieu, j'en frissonne encore de plaisir - le monde très prisé des bibliothécaires en mal de reconnaissance (et ils sont nombreux) n'en finissait plus de farfouiller les rayonnages des dvdthèques du monde entier à la recherche d'un nouveau Graal.
En effet, le bibliothécaire n'en peut plus. Il est colère. Il en a gros.
Marre d'être imaginé comme une femme frigide avec un chignon et des ch'tites lunettes sur le bout du nez (les hommes aussi en ont assez d'ailleurs).
Marre que l'on nous voit comme des statues de cire bonnes qu'à chuchoter "taisez-vous" avec le regard sévère propre aux mal-baisés et à tamponner de vieux ouvrages poussiéreux avec la fierté que seule l'élite et les abrutis notoires sont capables d'assumer.

Ainsi, je dis : "halte-là !" Il faut que ça cesse. Il est temps que l'on reconnaisse en nous les super-héros de demain, quand bien même on rechignerait à lever notre séant- superbe par ailleurs - de notre chaise.
C'était trop injuste : Le binoclard a son Harry Potter, le handicapé moteur son Perry Mason, le scientifique son Spider-Man, le crétin son American Pie, etc... Et nous alors ?
Aujourd'hui, je le dis haut et fort, grâce à Hong Kong et son notoire cinéma d'auteur, nous avons notre Black Mask.
Batman n'a qu'à bien se tenir, moi j'vous l'dis !
C'est donc avec émotion que je vous vois, foule immense, toi et puis toi aussi, cher(e)s collègues, le point gauche levé, la larme à l’œil devant ce témoignage filmique de notre vraie vie, de notre quotidien enfin révélé aux yeux du monde.
Et oui, comme Jet Li - notre humble ambassadeur de par le monde - le montre si bien dans ce Black Mask, objectivement la plus grande œuvre jamais réalisée par un être humain, si le bibliothécaire pousse quotidiennement des chariots débordant d'ouvrages plus ou moins passionnants avec la satisfaction du fonctionnaire face au travail bien fait, c'est pour mieux cacher sa vraie nature : la nuit, totalement incognito, nous devenons des Black Mask, des super-héros insensibles à la douleur, prêts à sauver les âmes perdus, les orphelins et les lépreux grâce notre parfaite connaissance des arts martiaux et notre maniement des armes sans pareil. Non, nous n'hésitons pas à risquer notre vie jusque dans les airs dès que le soleil se couche, et cela pour un salaire de misère et une absence complète de reconnaissance.

Bon, mon oreillette m'oblige - va-t'en saleté ! - à admettre que le film est assez passable, les scènes d'action trop rares et l'humour un peu con-con. Que le tout relève souvent du grand n'importe quoi et blablabla.
Mon cul oui ! Pour une fois qu'on parle de nous et qu'on en parle en bien, seule la mauvaise foi sera ici tolérée, bordel de merde !
Que Kim Jong-Il soit loué.
Amen

Petite aparté : Vous noterez que lorsque le bibliothécaire n'est pas un figurant à la mine renfrognée, ou un illuminé un peu réac, il ne peut qu'être un "faux" bibliothécaire, personnage décidément peu disposé à figurer dans le dictionnaire des héros cinématographiques. Le comptable non plus d'ailleurs...
Bah, faut s'faire une raison : je sers la culture et c'est ma joie...

Los Angeles 2013

En 2000, un énorme tremblement de terre détache Los Angeles du reste des États-Unis. Transformée en île, Los Angeles devient le lieu idéal pour le gouvernement américain - puritain à l’extrême - pour y envoyer ses dissidents, et cela, à vie. La fille du président, Utopia, s'enfuit sur l'île avec la fameuse boîte noire présidentielle pour y rejoindre un révolutionnaire de pacotille, le très gevariste Cuervo Jones. Snake Plissken est envoyé de force sur les lieux pour récupérer le contenu de la fameuse boîte et tuer, au passage, Utopia.

Ami de la subtilité : "Bonjour" !
On retrouve donc notre John Carpenter préféré avec son discours anar et ses caricatures politiques habituelles dans ce qui ressemble beaucoup à un auto-remake, de New York 1997 donc. Ultra référentiel, ce Escape from L.A. reprend la trame originale quasi à l'identique autant dans sa structure scénaristique que dans certaines scènes. Le tout est simplement remis au goût de jour (enfin, celui de 1996 pour être précis) avec un peu plus d'acidité en matière de message. Et ça passe très bien ! Après tout, le divertissement se déguste avec le même plaisir et ma foi, le final est encore plus jubilatoire que le 1er. Sur le fond, Carpenter fait sans doute mieux encore avec ce volet tardif et cela, jusque dans les sentences cultes de ce cher Plissken.
Reste un problème, de taille, c'est l’esthétique et les effets spéciaux en particulier. Autant le dire simplement, c'est très raté. Plus que ça, c'est même très laid et les exemples de mauvais goût sont légions, depuis l'arrivée en sous-marin jusqu'à l'horrible scène de surf, en passant pas les explosions en CGI. Alors, dans un certain sens, ça peut lui donner un côté retro et résolument bis sur le tard, mais ça, c'est vraiment si l'on est d'humeur positive car il faut admettre que dès sa sortie en 1996, le rendu faisait déjà tâche. Le pire étant qu'à ce niveau-là, il a bien plus mal vieilli que son prédécesseur qui, lui, n'a quasiment pas pris un ride.
Alors, est-ce rédhibitoire ? Absolument pas dans le sens où, après tout, on est dans la série B assumée et que, pour le public visé, ça passe. M'enfin quand même, John, t'aurais pu faire un effort !

Me vient toutefois une question d'une importance capitale : Est-ce qu'en 2013 va sortir America 2029 ?




EDIT : J'ai appris (et oui, j'apprends des choses tous les jours comme tout le monde) qu'en réalité, ces effets spéciaux ne sont pas la faute à ce bon vieux John. L'entreprise qui s'en occupait à sombre pendant le tournage et, faute de budget, le cinéaste fut obligé de prendre ce qui avait été fait tel quel, donc pas terminé. Ceci expliquant cela, je m'excuse platement auprès de toi John.

mercredi 13 juin 2012

New York 1997

1988 : Manhattan toute entière devient une prison de haute sécurité ; des murs sont érigés tout autour de l’île, des mines sont dispersées et la police veille. En 1997, lors d’un voyage diplomatique, l’avion du président est détourné et s’écrase sur Manhattan. Snake Plissken, ancien militaire devenu hors-la-loi, est dépêché pour ramener le président en échange de sa liberté (et de sa vie). Il a 24 heures...



Il y a de grands réalisateurs qui ont réalisé de grands films, mais qui seront toujours de petits réalisateurs de petits films aux yeux du monde. La raison ? Leur appartenance et leur fidélité au monde du film de genre. Et c’est pour ça qu’on les aime !
Carpenter est de ceux-là et, contrairement à son pote Cronenberg (cité d’ailleurs dans le film), il ne changera pas de ligne directrice, quitte à être définitivement boudé par le reste du monde. A ce niveau-là, il est plus à rapprocher de son autre pote, Romero (lui aussi cité), jusque dans cette façon de faire des films de série B très personnels. Quasi de la série B d’auteur car, à l’instar du maître incontesté des zombies, Carpenter fait dans le divertissement politisé…

Escape from New York se situe en plein dans la grande période du réalisateur, celle ou pendant près de 10 ans, il ne va réaliser que des œuvres importantes pour le genre. Celui-ci, avec Mad Max 2 de George Miller sorti la même année, va être l’un de pilier du film d’anticipation actionesque plus ou moins post-apocalyptique.
L’un est urbain, l’autre désertique mais les deux partagent des éléments communs comme ce héros individualiste (issus du western italien) qui va aider une population opprimée d’abord pour son propre intérêt puis, petit à petit par humanité. De même, on retrouve cette même imagerie esthétique au niveau du look punkoïdo-cromanionesque des personnages ; les fameux crazies vivants dans les égouts, du film de Carpenter, aurait sans mal trouvé leur place dans celui de Miller.

En revanche, Escape from New York est aussi très ancré dans la culture cinématographique américaine avec des références évidentes pour les films d’évasion (bien que celle du film se révèle finalement très simple et courte par rapport à ce que l’on pouvait attendre avec un tel titre) et le vigilante tel que les bronsoneries réacs de l’époque.
Reste que Carpenter est un anar revendiqué et son Snake Plissken, trublion et éternel rebelle, la personnification de ce courant de pensée. L’ironie du final et son implacable façon de mettre dos à dos toutes méthodes et types d’organisations politiques finit de poser le film comme un acte de rébellion assumé. Le final de sa tardive suite, Escape from L.A., ira d’ailleurs encore plus loin dans le genre.

Divertissement spectaculaire loin d’être con, Escape from New York rempli son objectif et cela, même trente ans plus tard (peut-être même plus encore). Les scènes d’action fonctionnent toujours parfaitement, les effets spéciaux, idem, et le casting aux petits oignons avec les gueules inoubliables de Lee Van Cleef, Ernest Borgnine ou encore Donald Pleasence donne au film un cachet indiscutable. Bien sûr, on oubliera pas la cultissime musique électronique écrite par Carpenter himself et le charismatique Kurt Russell tout en cynisme et en réparties, qui n’est pas sans rappeler le plus mythique des porteurs de poncho, l’homme sans nom - jusque dans sa façon de fumer.

mardi 20 mars 2012

Tucker et Dale fightent le mal

Tucker et Dale, deux bouseux partent retaper un p'tit chalet fraîchement acquis, et vider quelques bibines en péchant. Parallèlement, une bande d'étudiants fêtard va faire du camping à deux pas de là. Alors que ceux-ci se lancent à l'assaut d'un bain de minuit, Allison manque de se noyer après une chute, mais est heureusement sauvée par le duo de pécheurs. Pour les étudiants effrayés qui ne voient la scène que de loin, il ne fait aucun doute, ces deux là veulent la buter, et eux avec...

Vraiment super sympa.
J'ai été quelque peu circonspect pendant les 5 premières minutes, puis, quand j'ai compris qu'on allait avoir les visions respectives des ploucs et des étudiants, j'ai été conquis.
Les quiproquos - nombreux - sont très bons et les codes du survival joyeusement détournées. Les mises à morts sont bien gores, le duo très attachant et certaines scènes promettent de devenir cultes (la poursuite à la tronçonneuse, la broyeuse...).
On regrettera un combat final un peu longuet mais qu'importe, le reste tient amplement ses promesses de fous rires et de barbaques.

Bref, Shaun avait brillamment parodié le zombie-movie. Désormais, Tucker & Dale se sont fait le survival.

La dame en noir

Arthur Kipps, jeune père débordé et jeune veuf éploré, est un notaire sur la sellette. Afin de conserver son travail et pouvoir subvenir au besoin de sa petite famille, il se doit de s'occuper d'une succession dans un village paumé. Là-bas, il trouve l'hostilité et va bientôt comprendre pourquoi lorsqu'il mettra les pieds dans la maison de la fraîche décédée.




Quand un personnage est hanté par la mort de sa femme, quoi de mieux que de le foutre dans une grande baraque flippante peuplée de fantômes ?
C'est l'idée - fort classique - proposée par le nouveau Hammer.
Bon, déjà, faut reconnaître qu'on est ravi de voir arriver le nom de ce mythique studio au démarrage du générique. Période victorienne, brume omniprésente, village anglais charmant où les habitants sont décalés... Ok, on est en terrain connu !
Radcliff s'avère qui plus est convainquant en jeune premier hammerien - faut dire qu'il porte très bien les rouflaquettes et les vêtements d'époque.
Charmant petit film, on regrettera 2 choses principalement ; le manque d'ambition pour ce come back de la Hammer avec une histoire de fantômes traitée de façon très classique qui, de fait, n'apporte pas d'enjeu particulier, et le choix - déjà hasbeen ? - de s'accrocher aux films d'épouvantes japonais et hispaniques.
Bon, ça fonctionne évidemment : on flippe pas mal car l'atmosphère est bien rendue, on sursaute plusieurs fois et évidemment, tout est lié à une sombre histoire familiale.
Heureusement, le final pour le moins original et "osé" se révèle fort appréciable.
On passe donc un bon moment, pas inoubliable, mais souhaitons que le film rencontre assez de succès pour relancer la firme, qu'elle trouve des réalisateurs emblématiques comme à pu l'être Terence Fischer et, ma foi, Radcliff a peut-être trouvé là un moyen de se faire une gentille petite carrière bisseuse...


jeudi 1 mars 2012

Melancholia

Justine sait. Claire ressent.
L'une se marie, l'autre redoute qu'une planète rentre en collision avec la Terre.
Elles sont soeurs.






Après une intro superbe bien que gratuite, Melancholia s'embourbe assez vite dans une première partie plutôt ennuyeuse où, si la tension règne, rien ne se passe vraiment. La 2e, plus réussie, n'arrive pour autant pas à nous réveiller malgré un final joliment mis en place.
Entre les deux, Von Trier aligne des lieux communs faussement complexes dissimulés derrière une photographie léchée mais froide. Les deux excellentes actrices - Dunst et Gainsbourg épatantes - nous offre un panel d'émotions impressionnant qui malheureusement n'atteint pas le spectateur légèrement blasé.
La seul effet ressenti est un stress omniprésent bien amené. Pour autant, on en attendait pas moins vu le postulat ; mariage foiré d'un côté et destruction potentielle de la Terre de l'autre.

Bref, reste une succession de jolies images un peu vaines et quelques bonnes idées dont nous ne savons finalement pas quoi faire. Inachevé et un peu simpliste... Dommage.

vendredi 10 février 2012

Outland

O'Neil, un marshal se voit muter dans une station minière près de Jupiter. Là-bas, tout semble aller comme sur des roulettes en dehors d'une inquiétante vague d'accidents/suicides qui laisse pourtant tout le monde indifférent. Alors qu'il enquête, O'Neil découvre qu'une drogue qui, prise sur le long terme rend fou, est utilisée par les ouvriers afin d'augmenter leur rendement sous l'œil complice des autorités.


Outland réussit brillamment la conversion du polar et du western dans l'univers de la SF. Ainsi, Peter Hyams nous offre une sorte de mix spatial entre le train sifflera 3 fois (un shérif isolé qui se retrouve avec un contrat sur la tête) et Serpico (le flic seul et déterminé qui cherche a démanteler un énorme réseau de corruption qui touche même ses plus proches collègues).
Ajoutons à cela une atmosphère claustrophobique très prisée dans la SF du moment (voir Alien), renforcée par une utilisation pertinente des studios et décors minimalistes, un héros qui assume un passé que l'on devine chargé en cherchant à s'améliorer quitte à y passer, et on obtient une des meilleurs productions de l'année 81, et un très beau rôle pour Sean Connery qui porte littéralement le film sur ses épaules.


jeudi 9 février 2012

The Wraith

D'étranges lumières créent une voiture dans la nuit - oula, faut qu'j'arrête la drogue ! De vilains rebelles font des courses de bagnoles. Charlie Sheen débarque sur une moto et dragouille miss Californie 1985 sans savoir qu'elle est la propriété du grand méchant loubard. Alors que la voiture de l'au-delà décime la bande de voyous, le jeune couple expérimente le nudisme aquatique... Bon sang, mais c'est fou !


Tu aimes le hard FM ? Les courses de bagnoles entre des abrutis mal sapés ? Charlie Sheen torse nu sous un veste en jean te fait rêver ? Sherilyn Fenn d'avant Twin Peaks aussi ?
Alors ce film est pour toi.
Bon dieu que ce film est poussif et extrêmement répétitif ; toutes les mises à mort sont exécutées de la même manière... Si les clichés pullulent à la vitesse des bolides et le bon goût totalement absent, c'est surtout le scénario faussement mystérieux qui détient le pompon.
On oscille donc régulièrement entre le nanar et le navet sans vraiment savoir de quel côté la balance va pencher.
Reste que malgré tout, ça a son charme et devrait pouvoir trouver sa place dans un drive-in (comment ça, ça n'existe plus ??)



dimanche 5 février 2012

The Poughkeepsie Tapes

La police a trouvé l'antre d'un tueur, des cadavres enterrés dans les jardins et... plusieurs centaines de vidéos mettant en scène ses tueries. Des spécialistes, enquêteurs, profilers et proches des évènements témoignent...



 

Attention, voilà un film qui peut s'avérer vraiment flippant et perturbant. Par contre, rien à voir avec un film d'horreur classique, donc même les aficionados du genre pourraient se sentir mal à l'aise après le visionnage. A réserver à un public averti donc !

The Poughkeepsie Tapes fonctionne donc sur le principe du documentaire - j'en vois déjà qui font la grimace - mais attention, on est ni dans Blair Witch, ni dans Cannibal Holocaust ou Rec, mais totalement dans le documentaire, et en particulier le documentaire type criminologie ; témoignages d'enquêteurs, de victimes, de spécialistes, compte-rendu de procès, balistique... Et on a beau savoir que c'est une fiction - et donc un documenteur - les habitués de ce type de reportage vont devoir régulièrement se le rappeler au risque de flipper grave.
A cela s'ajoute toutefois une partie plus fictionnelle (et pourtant diablement réaliste et efficace) où l'on nous présente quelques extraits des fameuses tapes que le tueur a trouvé bon de tourner pendant ses méfaits. Là, on est plus dans le terrain désormais connu du snuff like ; mal filmé, volontairement amateurisant et granuleux. Les actes commis sont évidemment horribles mais pour autant, relativement pudiques (souvent hors-champ) et privilégiant la complémentarité avec les interviews très bien montées en parallèle. Le procédé snuff un peu redondant aujourd'hui - et pas forcément nécessaire qui plus est - est donc très bien géré en évitant entre autres le gore qui tâche et autres effets chocs (voire même assume des moments d'inaction relativement longs, limite chiants mais du coup plus crédibles).

Crédible. Voilà le mot d'ordre du film et, si j'ose dire, la condition de base à la réussite du métrage. Car le parti-pris documentaire ne peut fonctionner que si on y croit (plus encore qu'une fiction assumée) et là, force est d'admettre que le réalisateur a obéit aux cahiers des charges de ce type de doc avec maestria. Résultat : ça fonctionne parfaitement ! On est littéralement pris par l'enquête, déstabilisé par le "talent" du tueur, démoralisé par les témoignages, etc... De plus, les différents protagonistes interviewés sont à 90% comme "les vrais", à savoir oscillant entre la gêne occasionnée par le fait d'être interviewé et le soucis d'être intéressant, précis...
Mais où est la peur alors ? Et bien celle-ci s'installe gentiment au fur et à mesure des témoignages, renforcée par les scénettes du tueur froidement réalisées. D'ailleurs c'est plus le malaise que la peur qui est ici présent même si, de façon discrète, certains passages s'avèrent véritablement terrifiants et inattendus comme le témoignage d'une des victimes dont on se souviendra longtemps.
Parfaite réussite donc qui, cela étant, est trop construit autour de sa forme pour devenir incontournable. En tout cas, ce tueur next door n'est pas prêt de vous laisser insensible...



jeudi 2 février 2012

The Quiet Family

Une famille récupère un hôtel mais aucun client ne vient s'y reposer. Alors que l'entreprise est à deux doigts de s'écrouler, un homme étrange prend une chambre suscitant l'excitation de la famille. Mais le lendemain, l'homme est mort...






Surfant un peu sur la veine des comédies horrifiques 90's type Petits Meurtres en amis ou encore L'Ultime Souper, dans lesquels les héros se débarrassent plus ou moins volontairement de leurs hôtes, ce Quiet Family n'apporte au départ pas grand chose de plus, au point qu'on se demande même où est la touche coréenne tant l'action pourrait se dérouler n'importe où, en dehors d'une vague malédiction qui est vite balayée. Kim Jee-Woon n'étant cependant pas un manchot, il arrive à nous concocter un scénario qui tient debout et le défilé de massacres remplit aisément la part de fun attendue pour ce type de prod. Niveau humour, cela reste très sobre et plutôt fin – une fois n'est pas coutume chez nos amis coréens – d'autant que le cinéaste s'appuie à 100% sur ces acteurs, et quels acteurs ! Pas de doute, celui-ci ne s'est pas planté niveau casting... En revanche, la mise en scène, plate et quasi absente, ne suit que difficilement le rythme du film ; sans réelle ambition (heureusement, il nous montrera plus tard qu'il a bien appris sa leçon), Kim_Jee-woon aurait sans aucun doute dû opter pour une réalisation plus nerveuse, voire hystérique à l'instar de son Le bon, la brute et le cinglé. M'enfin, il faut bien commencer un jour et pour un 1er film, il s'en sort pas si mal.

mardi 31 janvier 2012

Blue Holocaust

Pas de bol pour le brave Francesco, rentier et taxidermiste : sa copine vient de mourir à cause d'un rite vaudou perpétué sous les ordres de sa gouvernante jalouse. Ni une ni deux (ni trois d'ailleurs), le bel italien s'en va déterrer la miss et l'embaumer pour la garder à ses côtés. C'est beau. Seulement, Francesco a beau aimer d'amour son Anna, pas question de coucher avec - la paille, ça pique - alors il couche avec d'autres demoiselles juste à côté d'elle, et bizarrement, celles-ci ne sont pas très excitées à cette idée...
Beaucoup de bons points pour ce film ; depuis la réalisation et la photographie classieuses (ce qui n'est pas forcément le propre du gonze), la thématique sombre que je trouve bien abordé, le final prévisible mais honnête, La BO des Goblins et évidemment les scènes gores vraiment réussies et assez crédibles (alors qu'on aurait pu craindre le pire avec le temps).

Cependant, le film souffre d'un sérieux poids mort : le héros. Joué par l'un des plus anti-charismatiques et mauvais acteurs que D'Amato ait pu trouver sur un marché pourtant pas avare en la question, il plombe méchamment le film, d'autant qu'il le porte presque sur ses seules épaules. A cela s'ajoute la incohérence touch', certes toute bisseuse mais quand même, sur un sujet aussi sérieusement traité et potentiellement fort, c'est vraiment dommage ; entre le coup du "je laisse l'auto-stoppeuse dans ma caisse pendant que j'vais embaumer ma nana juste à côté", le virage criminel que Francesco prend subitement, et bien sûr le personnage des pompes funèbres, détective du dimanche dont les motifs restent bien obscures... Bref... Des broutilles...


Pas de quoi ranimer un cadavre me direz-vous ! Ben, un peu quand même, car l'ambition du projet et sa réussite formelle méritait mieux et franchement c'était faisable. Mine de rien, le D'Amato était quand même à deux doigts de nous réaliser un très très grand film...
Bah ! Le monde de l'exploitation est bourré de ce type de déceptions et ça n'empêchera pas les amateurs dont je fais parti d'apprécier cette œuvre qui va courageusement et non sans talent au bout de son postulat initiale.




dimanche 29 janvier 2012

Sundown : the vampire in retreat

A Purgatory, petite ville comme il y en a tant dans l'ouest profond, vit une communauté de vampires dirigée par le dandy Mardulak. Grâce à plusieurs ingénieuses inventions, ils peuvent désormais vivre le jour et se nourrir de sang synthétique. Pourtant, au sein des vampires, certains rêvent de vivre comme au bon vieux temps...




Joyeuse et délirante série B, Sundown est à l'instar des productions 80's sans prétention, un sympathique film d'horreur humoristique revisitant le genre avec un goût franc pour la parodie.
L'originalité du métrage réside entre autres sur le mélange des genres, et Hickox réussit parfaitement le mixe horreur/western/comédie. Une belle brochette de personnages variés, servit par un casting 3 étoiles, vient soutenir l'entreprise avec le talent qu'on leur connaît(David Carradine, Bruce Campbell, Jim Metzler, John Ireland). Du côté effets spéciaux, le maigre budget est utilisé à bon escient et bien géré grâce à une photo soignée, ainsi, ce qui aurait pu paraître ridicule réussit à rester crédible voir, quand ce n'est pas le cas, ajoute la plus-value bisseuse que l'on est content de trouver dans ce type de production. Dans tous les cas, et c'est le principal, les bonnes idées fourmillent dans la bonne humeur (les dialogues des chauves-souris, les 3 vieux de la station service...) et l'on passe un bon moment assuré !


vendredi 27 janvier 2012

Scanners

Une société cherche a regrouper les Scanners, des médiums aux pouvoirs surnaturels. Elle recrute un jeune médium pour détecter tous les Scanners qui lui sont opposés. Il va découvrir les aspects caches de cette périlleuse mission.






Bon alors déjà, le casting est aux petits oignons. Avec ce film, Cronenberg commence à se payer du beau monde avec un budget plus conséquent. Pour autant, dire qu'il devient mainstream serait une grosse erreur. Disons juste que dans le milieu, il est reconnu et Scanners va définitivement l'installer grâce à une intrigue efficace et surtout des scènes d'action qui ne lésine par sur les effets chocs (tête qui explose, embrasement...) ; le challenge étant entre autres d'arriver à créer de l'intérêt et du rythme alors que les "combats" sont cérébraux, ce que Cronenberg arrive à faire avec talent. Autre chose à signaler qui a dû permettre au film de se faire un nom, c'est qu'il est ancré dans son époque ; c'est l'ère des films fantastiques et ou de SF qui s'inquiètent des avancées technologiques, peignant un monde de savants/chercheurs laissant l'humain sur le bord de la route. Évidemment, tous ces films, qu'ils aient vieilli ou non, résonnent particulièrement à nos oreilles aujourd'hui.
Bref, c'est du très bon !

mercredi 25 janvier 2012

Vorace

Le capitaine John Boyd, lâche vainqueur d'un conflit américano-mexicain se voit affecté un poste au fin fond d'un fort californien géré par une bande de militaires incompétents. Un soir, un mystérieux inconnu au bord de la mort, leur raconte sa mésaventure auprès d'un militaire cannibale qui aurait dévoré presque tous ses compagnons. La troupe décide de partir à la recherche d'une éventuelle survivante, accompagnée par le fameux inconnu...

Bon Appétit s'exclame Robert Carlyle en fin de métrage. Un conseil bien avisé pour ce film qui sent bon le sang coagulé, les gargouillements intestinaux et, éventuellement la sueur du cow-boy affamé sous les flocons de neige californiens.
Oui, après un tel film, on se sent l'âme poétique messieurs dames et bizarrement, aucune envie de devenir végétarien. Alors quid de ce film qui fut un bide à sa sortie ?
Que du bon en réalité, mais il faut croire que la miss Bird est maudite car tous ses réalisations furent boudés à tort. Essayons donc aujourd'hui de réhabiliter ce western horrifique, ce survival de l'ouest ou que sais-je encore.
Vorace est donc un mélange des genres - et des références - comme on en voit peu. Ainsi, alors qu'il revisite un nombre incalculable de films, allant du bis italien jusqu'aux productions fauchées américaines, pas une minute ou presque, nous ressentons ce passif, tant la réalisation est magistrale et le scénario inventif. Tendu comme un slip amidonné, le spectateur sera aussi ballotté avec un plaisir dans différentes ambiances ; ça commence comme un mix de Danse avec les Loups et du Grand Silence, ça continue comme un Delivrance, et se termine par un thriller machiavélique et revanchard. De même, alors que l'aspect dramatique domine tout le métrage, une pointe d'humour noire amenée par le grand Carlyle vient parfois poindre son nez en un naturel désarmant soutenu par une BO décalée.
On ne peut pas reprocher grand chose à ce film. La mise en scène est superbe, évitant soigneusement le racolage potentiel du film de cannibales, les décors somptueux, les acteurs hyper charismatiques... Reste un final un chouïa consensuel où la morale est sauve, alors qu'on aurait pu imaginer sans mal quelque chose de plus radical.

dimanche 22 janvier 2012

Dream System

2037, le monde est devenu invivable et la population demeure parquée dans des petits studios sous terre où ils passent leur temps connecté à une machine à rêve. Judy ne veut plus de cette vie et réussi à être exilée à la surface. Mais là-haut, la toxicité de la terre a rendu les êtres humains difformes - et cannibales. Face aux multiples dangers, Judy est accompagnée par un homme "normal" vivant en ermite...


Pur produit 80's sorti... en 92 (!), Dream System - titre français - est une sorte de post-nuke Dickien (rapport aux références à Total Recall) hyper cheap dont l'un des seuls faits notables est qu'il est l'un des 3 films produits par Fangoria.
Évidemment, sans argent, difficile de créer un monde qui tienne la route. Pour autant, Steve Barnett s'en sort plutôt bien grâce à une astuce désormais connue ; l'action se passera sous terre. Bref, c'est pas compliqué, on fait tourner tout le monde dans la boue, on crée une sorte de caverne d'Ali Baba de vieux objets de récup' et c'est parti. En fait, tout l'argent a été utilisé sur les maquillages assez réussis des "rampants", ce peuple qui vit dans la terre et qui, du fait de leur contact avec un sol sévèrement toxique, sont totalement défigurés. En gros, imaginez des gars qu'on aurait fait trempé dans l'acide et vous avez à peu près l'idée du résultat.
Malgré un scénario assez mince, Dream System arrive à nous fournir pas mal d'os à ronger ; la désormais classique réflexion autour du rêve/réalité, un micro société de cannibales, le besoin de proies féminines "pures" afin de recréer une société viable, et bien sûr une virulente (rire) critique de la société actuelle qui fait mal à la planète. Et tout ça construit de façon assez habile.
Après c'est du bis pur jus ; réalisation fauchée (c'est super sombre et parfois à la limite de la lisibilité), casting de circonstance (le tall man en chef des cannibales et Bruce Campbell en ermite courageux), scènes gores régulières, action, love story... A noter en revanche, une fin totalement improbable et pour le coup, absolument originale.

Bref, c'est pas mal du tout dans son genre ! En fait, cette p'tite série B futuriste aurait pu se faire un nom si elle avait été réalisée plus tôt - malheureusement sa sortie en 92 a anéanti toute potentielle renommée au point qu'aujourd'hui, personne ne la connaît.
A voir, on y passe un bon moment.


lundi 2 janvier 2012

Small Town Folk

Si un jour vous avez la chance de pouvoir réaliser votre film d'horreur et que vous galérez à trouver un distributeur, il y en a toujours un vers lequel vous pourrez vous rabattre en dernier recours.
Certes, signer avec lui laissera clairement entendre au monde entier - qui est immense - que votre film est une bouse, mais en même temps ça permettra aussi à ce même monde de voir votre film... Et de juger qu'effectivement, c'est une bouse. Mais c'est votre bouse !
Cet éditeur, c'est bien-sûr Emylia.
Pour être tout à fait juste, ce n'est bien sûr pas le seul. Mais qu'importe, il payera pour tous les autres, gniark gniark gniark.
Spécialisé dans le DTV (direct-to-video) et plus particulièrement dans le DTV que personne ne veut, Emylia est donc l'heureux possesseur d'une belle quantité de série B plutôt fauchées, plutôt 1er degré et plutôt mauvaises. Pire que tout, on ne peut même pas leur trouver une "identité" qui permettrait aux aficionados de daubes de pouvoir se ruer dessus.
Non, contrairement aux éditions Asylum par exemple, spécialisées dans le pompage daubesque de blockbuster eux aussi daubesques, mais sans argent (et souvent avec une bonne dose de délire), Emylia fait dans l'opportunisme total, ramassant les derniers films traînant sur le trottoir en étant conscient que leur dvd finiront au même endroit (ou dans les bacs à solde d'un Cash Converter de province).
Ceci étant dit - vouz noterez le talent de votre serviteur pour entretenir le suspens - venons-en au cœur de la critique, celle d'un film édité chez Emylia évidemment - mais qui s'en dégage mine de rien par une certaine originalité.

Alors y a un couple d'aventuriers du dimanche et un jeune cycliste amateur de polaroid qui se "perdent" dans le domaine d'un taré un peu chasseur qui, avec toute une troupe de timbrés cherchent à agrandir leur famille tout en supprimant un maximum de touristes perdus.





De retour d'un p'tit week end dans le sud, mes parents me ramènent un dvd qu'ils ont trouvé à 2€ dans un bac à soldes quelconque : "On a pensé à toi ! C'est peut-être pourri, tu l'as peut-être déjà vu 15 fois, mais c'est pour la blague".
Merci maman papa ! Voyons voir... Ça ne me dit rien... Ma foi, la pochette n'est pas plus laide qu'une autre, le pitch n'a pas l'air plus con que la moyenne... Mais ! Oh mon dieu ! C'est un dvd de chez Emylia : Je suis maudit !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ça, c'était pour la véridique introduction. Bref, comme je suis une gentille progéniture, j'ai regardé le film à l'instant.
Que dire...
Alors déjà, si vous n'avez jamais vu un film tourné intégralement ou presque devant un fond vert sur lesquels sont incrustées des images réalisées par un amateur sur son ordimini, c'est l'occasion.
Vraiment.
Je suis sérieux !! Non, franchement j'ai jamais vu un truc aussi laid. Jamais ! C'est même pire que laid, c'est... Regardez plutôt l'image ci-dessous et imaginez ça pendant 90 minutes :
Bon, donc c'est un film vraiment très très fauché, réalisé à priori par une bande de potes qui ont heureusement eu l'air de s'amuser. Donc c'est mal réalisé, mal joué (par des non acteurs qui en plus sont très jeunes, ce qui rajoute à l'amateurisme ambiant) et les effets, principalement numériques sont globalement foireux.
Du Z qui tâche donc, mais qui s'assume totalement. Ouf !
C'est hyper second degré - heureusement - et comme c'est amateur, ben parfois c'est drôle et parfois c'est affligeant. On pense des fois à du V-cinéma, mais à l'anglaise et en encore plus fauché.
Pour autant, ça a son charme ; on éprouve presque une certaine compassion au visionnage (comme devant un spectacle de fin d'année de nos enfants) et du coup, on arrête de se focaliser sur tous les mauvais côtés - qui sont extrêmement nombreux - pour chercher les bonnes choses. Déjà on sent le travail de passionnés et mine de rien, ceux-ci nous présentent une belle brochette de personnages bien barrés. Oui, bon, j'ai pas dit qu'y avait beaucoup de bonnes choses !
Pour résumer, c'est laid, con, souvent régressif et sans scénario ou presque, tout en étant assez frais, joyeusement bancal et totalement libre.
Du Z quoi ! C'est mauvais mais on les soutient. 


jeudi 2 juin 2011

Ultimate Patrol

Un agent de la CIA est envoyé en Afghanistan afin de retrouver un informateur local. Accompagné d'un détachement de l'armée, il sillonne le désert à sa recherche, mais très vite des évènements troublants perturbent l'avancement de la mission et la troupe ne reconnaît plus les lieux...






Métrage intriguant aux qualités évidentes, Ultimate Patrol - titre français d'une rare débilité - déçoit malheureusement au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Si autrefois, la touche indé donnait à n'importe quel film d'horreur une couleur originale et suscitait de la part du spectateur un attrait que les grosses machines n'avait pas, aujourd'hui, celui-ci n'est plus dupe ; budget ou pas, indé ou pas, un mauvais film - ou comme ici, un film raté/gâché - reste un mauvais film. Alors tout commence plutôt bien ; acteurs convaincants, décors dépaysants bien mis en valeur, et bien sûr mystère qui tient en haleine... Mais au bout d'une heure, le film n'a pas bougé d'un iota en dehors de la disparition de plusieurs personnages, or si l'aspect contemplatif dénotait dans le bon sens pour un film de guerre, le climax se fait méchamment attendre. D'ailleurs, il n'aura pas lieu. On a donc plutôt affaire à un joli gâchis, non pas que scénaristiquement on supputait un grand film, la forme était assez convaincante pour laisser présageait du bon. Évidemment, le visionnage terminé et malgré toute la bonne volonté du monde, on ne peut que revoir sa copie...



mardi 17 mai 2011

Robo Geisha

Yoshie et sa sœur, une geisha particulièrement détestable, sont kidnappées par les propriétaires d'une usine d'acier renommée. Ceux-ci créent en secret des armes redoutables et enrôlent des jeunes filles en les transformant en assassins bioniques. Les deux sœurs, fraîchement recrutées, se révèlent fort efficaces, mais lorsque Yoshie rencontre les parents des autres filles, formant un groupuscule de résistants, elle commence à douter des bienfaits de ses actions...


Une des dernières livraisons nippones trashouilles, Robo Geisha, création du réalisateur du mythique Machine Girl est avant tout un condensé de l'univers japonais (Keiju, cyber-punk, manga, humour lourdingue, tout y passe). Assez réussi dans son genre, ce métrage montre toutefois les limites de ce cinéma et en particulier de ses budgets misérables. Idem de l'aspect répétitif du contenu ; construit encore une fois autour d'un pitch totalement barré et séduisant mais presque vide, Robo Geisha n'est au final qu'une accumulation d'idées loufoques, certes amusantes pour le néophyte, mais n'apportant rien ou si peu aux fans.  
Ce Robo Geisha est objectivement une honnête livraison. Bénéficiant qui plus est d'une photo assez soignée, il devrait pouvoir répondre à votre attente en la matière – tout en permettant peut-être à votre moitié(e) allergique de rester assis(e) à vos côtés pendant le visionnage - mais risque de décevoir ceux qui attendaient de la barbaque et des fous rires en pagaille.



mercredi 11 mai 2011

The Coffin

Chris et Zoe suivent chacun de leur côté le rituel du cercueil, tradition thaïlandaise qui consiste à s'enfermer vivant dans un cercueil afin de guérir d'une grave maladie ou de sauver quelqu'un de la mort. Ainsi, Chris voit sa petite amie sortir du coma et Zoe guérir de son cancer. Pourtant d'étranges évènements surnaturels interviennent laissant clairement entendre qu'on ne peut se jouer de la mort sans que quelqu'un en pâtisse...



Encore un film de fantômes asiatiques ?
Oui et non... Ici, le côté "dramatico-étrange" est bien plus important que l'aspect horrifique et dans un sens se rapproche s'il le fallait, d'un Dark Waters avec lequel le film partage la lenteur et la pudeur graphique. En revanche, malgré toutes les bonnes intentions, ce Coffin thaïlandais peine à empocher notre adhésion et à égaliser le chef d'œuvre suscité.
 
Bref, on est quelque peu frustré tant les qualités sont là et, au vu du scénario, il est clair qu'on aurait pu avoir un superbe film de peur – à ce niveau, seule la scène de l'incinération fait son p'tit effet – ou un superbe drame. Ces deux tonalités étant finalement trop peu exploitées, ou alors de façon peu convaincante, on reste donc le cul entre deux chaises et c'est bien dommage !



mardi 3 mai 2011

Cargo

23ème siècle, la Terre est devenue inhabitable et la population émigre dans différentes planètes dont une particulièrement désirée, l'idyllique Rhea. Laura, une jeune doctoresse fauchée décide de participer à une mission de plusieurs années dans un vaisseau Cargo, histoire de renflouer son porte-monnaie et pouvoir rejoindre enfin sa sœur sur Rhea. Alors que le reste de l'équipage est plongé dans un profond cryo-sommeil, Laura veille au bon déroulement du voyage. Mais très vite, elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule éveillée...

Après un sentiment d'agréable surprise au démarrage, Cargo reste finalement le petit film qu'il est, dont l'ambition est entachée par le manque d'originalité globale et quelques faiblesses scénaristiques imputables sans doute au fait que ce soit un premier film. Cet honnête métrage est toutefois loin d'être honteux, nous offrant quelques belles trouvailles visuelles, et prouvant à sa manière que la SF spatiale a encore de belles heures devant elle en participant humblement au renouveau du genre actuel. Enfin, on ne peut qu'être heureux de voir débarquer un jeune cinéaste prometteur dans une région plutôt avare en productions de genre !