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samedi 8 décembre 2012

Le fleuve Shinano



de Hideo Okazaki et Kazuo Kamimura, éd. Kazé


Dans le Japon des années 30, époque de grande modernisation, on suit l'histoire de la jeune Yukié, le long du fleuve Shinano. Ou quand les jeunes filles n'ont plus que le choix entre le bordel et l'usine...






Après l'oeuvre ultime de la vengeance à la japonaise -Lady Snowblood, mais est-il besoin de le rappeler ? - Kamimura remet le couvert dans un genre totalement différent : la destinée d'une jeune fille devenue femme fatale à l'insu de son plein gré... Totalement différent, vraiment ?
Alors oui, effectivement, ici, on n'est jamais très loin de la bluette façon shojo, du romantisme à la "japoniaise". Mais le tout est relevé par la toile de fond historique, comme d'habitude j'ai envie de dire, et surtout par la violence des rapports homme-femme, des codes de bonne conduite de la société nippone, etc.
On ne peut s'empêcher de rapprocher ces deux héroïnes, Yuki et Yukié, bien que les scénaristes ne soient pas les mêmes. Elles ont les mêmes traits, la même détermination, elles doivent faire face à la fatalité, et sont amorales et sans pitié.
La narration et le dessin sont très "posés", emprunts de sensualité, de mélancolie, bref, tout y est charmant et toujours aussi poétique. Okazaki est un peu faiblard par rapport à Koike, mais je suis définitivement vendue au style Kamimura je crois !




samedi 27 octobre 2012

Grâce et dénuement



Alice Ferney, éd. Actes Sud


Une famille de gitans sédentarisés dans une banlieue : la doyenne, Angéline, ses 5 fils, ses belles-filles et ses petits-enfants. Esther, gadgé bibliothécaire, débarque pour lire des livres à ces enfants qui n'en ont pas.




Extrait : Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien. Ils ne sont pas difficiles, se disait-elle. Jamais ils ne réclamaient jamais ils n'avaient soif ou faim comme d'autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose. Elle lisait dans ce calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses.


Lu dans le cadre de ma mission du moment au boulot, ce livre a été une vraie révélation. D'abord pour Alice Ferney que je n'avais jamais lue (comment j'ai pu passer à côté tout ce temps ?) ensuite pour le thème, forcément. Comment ne pas trouver un écho dans l'histoire de cette femme bibliothécaire qui part lire des histoires aux "enfants du voyage", quand moi-même je me prépare à travailler pendant plusieurs mois sur le jazz manouche en général et la culture tsigane en particulier ?
Entre lyrisme et retenue, grâce et dénuement, sans jamais sombrer dans le cliché des "voleurs de poules" ou l'image d’Épinal de la vie dans les roulottes.
Un roman magnifique, sur le pouvoir de la lecture, la compréhension, le partage, le respect de l'autre et de ses différences.

samedi 13 octobre 2012

Lady Snowblood

de Kazuo Koike (scénario) et Kazuo Kamimura (dessin), éd. Kana

Vers 1870 (ère Meiji), le Japon institue ce qui sera considéré comme l'"impôt sur la mort", à savoir le conscription de tous les hommes valides pour créer une armée puissante. Face à la rébellion généralisée, les autorités japonaises envoient dans les villages des recruteurs habillés en blanc. C'est dans ce contexte que le mari et le fils de Sayo sont assassinés et la jeune femme emprisonnée. Par vengeance, elle décide de concevoir et de donner naissance à un enfant qui sera l'instrument de sa vengeance. Malheureusement, elle meurt en couches en donnant la vie à une fille : Yuki. Eduquée par un grand maître du sabre, elle suivra sa destinée et deviendra Lady Snowblood, au charme aussi dangereux que son sabre.




"Je suis venu vous présenter Lady Snowblood. Mais je ne sais pas trop par où commencer." Jean-Pierre Dionnet, préface.
1- Commencer par la préface ! A ne pas rater, elle est extrêmement complète pour tout savoir sur l'Histoire, sur Meiko Kaji, sur les adaptions ciné, sur les auteurs, etc.

2- Yuki, un des plus beaux prénoms japonais (et je n'y connais rien en prénom japonais), signifie neige. Lady Snowblood est un jeu de mot avec Blanche neige, le titre original étant : Shirayuki-hime  littéralement Princesse Blanche neige. Le jeu de mot étant sur shira voulant dire blanc, proche de shura qui signifie carnage.

3- Yuki est un des plus beaux personnages féminins de la littérature (non je ne pèse pas mes mots). La grâce et la froideur mêlée d'une insensibilité déconcertante. Délicate, sensuelle, effrayante. Elle n'est pas, elle ne fait qu'exécuter ce pour quoi elle a été conçue.

4- La vengeance est un plat qui se mange froid. Un des plus beau récit de cette longue tradition japonaise.

5- A ne pas mettre entre toutes les mains : violence et érotisme sont de mises (publié d'abord en feuilleton dans Playboy, bon dans les années 70...). Mais ce n'est jamais vulgaire. Il y a ni morale, ni innocence dans ce manga, tout n'est que perversion et manipulation.

6- Le trait de Kazuo Kamimura est épuré, simple, mais d'une élégance rare. Son talent est à son paroxysme dans les scènes de sabre, il réussit à retranscrire la dynamique et la grâce des mouvements de cet art.

7- L'ère Meiji est une période phare de l'histoire japonaise. Le Japon commence à ouvrir ses portes sur l'Occident, l'ancien système des classes est détruit. C'est la fin des samouraïs, le début du capitalisme. Kazuo Koike donne une trame extrêmement documentée à son histoire. Entre tradition et modernité.

8- L'histoire qui a inspiré Kill Bill (private joke).

9- Et surtout, après ça, ou avant, n'importe, mais voir absolument l'adaptation avec Meiko Kaji qui incarne magnifiquement Yuki.

10- Et si vous n'aimez pas la vengeance au féminin, elle existe au masculin.



samedi 21 juillet 2012

Le chant de mon père



de Keum Suk Gendry-kim, chez Sarbacane


Une mère rend visite à sa fille à Paris. Elles sont coréennes, et ces retrouvailles vont faire l'objet d'une longue discussion où souvenirs et secrets de famille se mêlent.






L'auteur reprend ici son histoire des années 70 à aujourd'hui, avec en filigrane une chronique sociale et historique de la Corée du Sud.
Un vrai coup de coeur graphique pour ce manhwa (manga coréen), tout en noir et blanc, très enfantin pour les personnages et proche de l'estampe pour les décors. Avec un + pour le côté chronique sur la Corée.


vendredi 13 juillet 2012

Blue



de Kiriko Nananan, chez Casterman


Bleu comme celui de la mer que vient contempler Kayako après les cours. Un jour, la secrète Masami l'accompagne. L'amitié se mue en amour, puis en souffrance, chacune ayant des aspirations et obligations différentes.






Une envie soudaine de dévorer des mangas.
Mais pas envie de lire des mièvreries de collégiennes.
Blue n'entre évidemment pas dans cette dernière catégorie. Une belle découverte de cette auteure, spécialiste des tourments de la jeunesse japonaise d'aujourd'hui.
Du texte aux traits, tout est épuré. On colle au plus près des visages des héroïnes, s'en dégage une vraie sensualité mêlée à une tendresse certaine.
Un manga résolument féminin, intime, qui n'est pas sans rappeler le film sud-coréen  Memento mori, le fantastique en moins !

vendredi 6 juillet 2012

Terrienne


de Jean-Claude Mourlevat, chez Gallimard jeunesse


Tout commence sur une route de Campagne. Anne a reçu un étrange message de sa soeur Gabrielle disparue depuis1 an. Accompagnée par un écrivain rencontré en faisant du stop, elle bascule alors dans une monde parallèle, où les habitants ne respirent pas, ne sourient pas, n'éprouvent aucune émotion.





Premières lignes : Etienne Virgil n'allait pas bien quand il fit la rencontre, au début de l'automne, de cette jeune fille qui s'appelait Anne Collodi.Elle tendait le pouce sur la route départementale 8 entre Saint-Etienne et Montbrison, dans ce secteur qu'on nomme ici la Plaine. Plus loin, vers l'ouest, il y a les monts du Forez. S'il fait beau, on les voit devant soi, à l'horizon, vert sombre et bleutés, et on se dit forcément qu'on devrait y aller, que ça a l'air très beau. Mais ce matin-là, on ne les voyait pas, le ciel était gris et bas. Il bruinait.


Roman très contemporain, placé sous le signe de Barbe bleue et Euridice.  J'avais été transportée par Le chagrin du roi mort et surtout Le combat d'hiver. Ici, je suis un peu déçue, un peu seulement. Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi, un peu du "lyrisme" des précédents ? un peu "d'intemporalité" ? Bien qu'il y ait toujours autant d'humanité. Bref, je crois qu'il était trop terrien pour moi. 

mercredi 27 juin 2012

La guerre des mots



De Frédéric Marais et Thierry Dedieu, Sarbacane

Depuis quelques temps les chiffres sont partout, à l'école, dans les journaux, etc. et les mots sont déprimés. Les lettres déclarent donc la guerre aux chiffres !





"Les chiffres ne sont que des lettres mal dessinées." Une consonne


Un album plein d'humour où les réveils réveillent en criant "debout", où le mot "baguenauder" revient en force, où la littérature déclare la guerre aux mathématiques. Les chiffres sont devenus les maîtres du monde, arrogants et méprisants vis à vis des mots. Les lettres se battent pour le charme et la poésie, mais surtout pour un peu de respect et l'accès aux même droits que les chiffres... Bref, vous l'aurez compris, c'est avant tout un livre politique !



mercredi 20 juin 2012

Blue Jay Way

Un jeune écrivain débutant et quelque peu perdu se lie d'amitié avec une écrivaine reconnue. Quand celle-ci lui demande de s'occuper de son fils en plein crise d'adolescence tardive pour une somme rondelette, le jeune homme a bien du mal à refuser. C'est le début des emmerdes entre drogues, alcool et meurtres...





Avec un titre pareil, le fan des Beatles que je suis ne pouvais qu'être à l'affût, l’œil plissé, la queue dressé, le poil soyeux, prêt à marquer son territoire autour du livre avec l'audace et la fierté propre au félin d'eau douce en territoire péri-urbain.
Un thriller se déroulant dans le milieu hype d'Hollywood ? Why not... Des références à l'univers de David Lynch dans les critiques finirent de me mettre la bave aux lèvres.

La déception fut aussi grande que l'attente suscitée, je ne vous le cache pas.

Blue Jay Way est un livre de fan - ce qui est tout à l'honneur de Fabrice Colin - sans doute adressé à d'autres fans. Mais là où le bas blesse, c'est que ceux-là ne s'y retrouveront pas. Certes, brossé dans le sens du poil avec moult clins d’œil à la (sous)-culture, le lecteur va surtout se retrouver avec un ersatz de Bret Easton Ellis, l'honnêteté en moins. En effet, quand chez celui-ci (qu'on aime ou pas d'ailleurs), les scènes de dépravation propre au milieu aisé des stars suintent le témoignage autobiographique, ici, elles relèvent plus d'une série de clichés pêchés ici ou là par le sympathique auteur. Quant aux éléments propres au genre policier/thriller, ils s'avèrent assez peu passionnants, voire limite ennuyeux.
Attention, ce n'est pas mauvais ni mal écrit, et je dois reconnaître que Fabrice Colin déploie toutes ses connaissances et son talent pour nous servir le meilleur des plats. Reste que les ingrédients qu'il utilise, s'ils sont les bons, sont bien mal équilibrés, ou alors mal agencés et le plat, malheureusement, est à peine digeste et manque surtout cruellement de goût.
On aurait voulu aimer l'ouvrage, c'est un constat. Le fait qu'il soit raté en est un autre.

mardi 12 juin 2012

Les pendules de Dana



Agnès de Lestrade, Constanza Bravo, éd. La joie de lire


Dana collectionne pendules, horloges, réveils et montres. Elles les démonte, les remonte à sa façon et les offre non sans avoir ajouté à l'intérieur quelques pincées de temps à perdre.






Dans ce monde où tout va très vite, où l'on a le temps de rien, voici un album magnifique, plein de poésie, pour nous rappeler de prendre le temps de...
Agnès de Lestrade tombe juste encore une fois et je découvre avec plaisir les illustrations-collages de Constanza Bravo.




samedi 9 juin 2012

Les solidarités mystérieuses



de Pascal Quignard chez Gallimard


Claire, traductrice parisienne, décide de retourner s'installer dans le village de son enfance en Bretagne.




Premières lignes : Mireille Methuen se maria à Dinard le samedi 3 février 2007. Claire partit le vendredi. Paul refuse de l'accompagner. Il n'avait conservé aucun lien avec ce qui restait de la famille. Dès onze heure elle eut faim. Elle suivait l'Avre. Elle préféra passer Breux, Tillières, Verneuil. Après la sortie de Verneuil, Claire s'arrêta pour déjeuner sur une aire sableuse et vide.
C'est l'histoire de Claire et de son amour sans fin pour Simon.
C'est l'histoire de Marie-Claire et de son frère Paul, deux orphelins, se retrouvant sur les terres de leur enfance pour y vivre enfin.
Mais c'est aussi l'histoire de Chara, femme sauvage ne faisant qu'une avec la lande et les falaises bretonnes.

Premier roman de Quignard que je lis et sûrement pas le dernier. J'ai beaucoup aimé son style très sobre pour écrire cette histoire profondément romanesque. J'ai beaucoup pensé aux Déferlantes en le lisant, à Dina aussi. Ce roman aurait pu être un beau film de Sautet assurément.

samedi 5 mai 2012

Léna



de Virginie Deloffre, chez Albin Michel

La Russie, à la fin des années 80. Léna est mariée à Vassia. La vie de Léna est rythmée par les arrivée et départs de son mari qui est pilote dans l'armée de l'air et rêve bientôt de partir à la conquête de l'espace sur les traces de Gargarine.



Premières lignes : [...] Le bonheur est-il comme la pâte dont on fait le pain, qui se lève, puis bientôt se rassit ? Me voilà désertée à nouveau, Vassili est reparti à la Base. Pauvres chers miens, n'êtes-vous pas lassés depuis tout ce temps que j'écris la même chose ? Pourtant, comme elle est claire ma vie, si je dis simplement cela : Vassili vient, puis il repart à la Base. Et moi, je suis toujours au même endroit. Je travaille tous les jours au combinat, j'ai mon tablier bleu, les mains posées sur les genoux. Il me semble que petite, déjà j'étais de nature immobile.
Un vrai roman russe.
Tout y est, le rythme, le décor, les personnages, la petite histoire face à la Grande.
Ce couple magnifique, tout en contradictions, Léna l'immobile, l'enracinée, celle qui attend, Vassia, le pilote, qui rêve d'espace, de départ, de conquête spatiale, toujours en mouvement. Léna qui vient de Sibérie, fille de nénètse, des grands espaces russes, alors que Vassili vient de la ville, des appartements communautaires confinés.
Et puis cet autre couple, Varvara et Dimitri, l'oncle et la tante de Léna, à qui elle écrit au rythme des allers et venues de Vassia. Varvara, la communiste convaincue, celle qui va à toutes les réunions du parti, qui n'a connu que cette vie, et Dimitri, qui met plein d'espoir en Gorbatchev et la perestroïka, qui rêve de démocratie et de jours meilleurs pour sa Russie.
Un roman à lire lentement, à déguster, comme les enfants de l'appartement savourent l'histoire de la conquête spatiale que leurs conte Vassili.
Et juste après, regarder Le miroir de Tarkovski, parce que on ne peut lire Léna sans voir la mère du héros qui attend son mari à la barrière.


mercredi 18 avril 2012

L'armoire des robes oubliées



de Riikka Pulkkinen, chez Albin Michel


Anna découvre une robe oubliée lors d'un "jeu" avec sa grand-mère qui se meurt d'un cancer. Les souvenirs douloureux et autres secrets de famille ressortent alors.




Premières lignes : La femme courait dans sa direction. Martti avait fait le rêve bien des fois. La femme était sur le point de dire quelque chose, Martti était tout près de comprendre. Il n'avait jamais le temps d'entendre ce qu'elle avait à lui annoncer, et se réveillait toujours avant que la lumière se fasse en lui.

C'est un beau roman, c'est une belle histoire.
C'est délicieusement écrit aussi.
De beaux moments sur le pardon, l'amour, les relations filiales.

jeudi 5 avril 2012

La resquilleuse



de Mary Wesley, chez Héloïse d'Ormesson


Matilda vit seule depuis la mort de son mari. Ses enfants ne viennent plus la voir et son chat et son chien sont décédés. Alors pourquoi rester plus longtemps ?




Extrait : "Si mon pique-nique s'était passé comme prévu, je devrais être en train de flotter au niveau du phare. A partir de maintenant, je suis une morte en sursis." Cette idée lui plut.

Matilda a la cinquantaine et prépare son départ après avoir profité une dernière fois d'un bon repas sur la plage. Mais c'est sans compter sur sa rencontre avec Hugh, jeune trentenaire, matricide en cavale.
Commence alors entre ces deux personnages hauts en couleur, une étrange relation, hors des conventions.
On pense forcément à Harold et Maude, en plus anglais. So charming !

mercredi 28 mars 2012

Le lent sourire


de Caterina Bonvicini, chez Gallimard



Un groupe d'amis est frappé pour la deuxième fois par la même tragédie : après Diana, c'est à Lisa que l'on diagnostique une tumeur au cerveau.




Extrait (qui n'a rien à voir avec le reste du livre, mais que j'ai beaucoup aimé) : Je n'avais aucune idée de ce à quoi ressembleraient ces murs, mais je savais déjà de quelle couleur j'allais les peindre. Je pensais à une étagère en aluminium pour mes livres préférés : une colonne verticale à mettre à côté du canapé. Un nouveau canapé, naturellement. Un trois places cette fois, en vue d'un magasin plus grand. Et un frigo coloré : bleu, pourquoi pas. Ou jaune. Et aussi une machine à café, avec des dosettes. Une librairie blanche avec des étagères toutes décalées et un classement incompréhensible uniquement par celui qui l'a mis au point. Le libraire doit bien servir à quelque chose. Trop facile d'évoluer comme dans un supermarché, avec les pancartes qui indiquent les types de produit. Chez moi, non. Il faudra faire un petit effort, désolée.

Un beau roman sur l'amitié. Une première partie émouvante qui m'a beaucoup touchée, un groupe d'amis qui se connaissent depuis toujours, la maladie qui frappe, mais ça ne fait pas mélo.
Par contre après... Il y a comme une coupure de rythme, on suit un autre personnage, Ben, qui m'a fortement déplu. Et la lecture devient laborieuse, on saute des pages, on espère retrouvés ceux du début. C'est maladroit, froid, et ça ne repart pas, malheureusement.

dimanche 25 mars 2012

Les anges déchus - Silence (VO)



de Becca Fitzpatrick, éd. du Masque


Nora se réveille au milieu d'un cimetière et ne se rappelle de rien. Une seule chose la hante, la couleur noir, et le souvenir de l’énigmatique Jev.





Premières lignes : The sleek black Audi rolled to a stop in the parking lot overlooking the cemetery, but none of the three men inside had any intention of paying respects to the dead. The hour burned past midgnight, and the grounds were officially closed. A strange summer fog hung thin and dreary, like a string of rising ghosts. Even the moon, a slender waxing crescent, resembled a drooping eyelid. Before the road dust settled, the driver leaped out, promptly opening the two rear car doors.


3e tome de la série, Silence n'est qu'une suite de rebondissements, permettant à Nora de se souvenir et d'avancer en même temps dans l'intrigue principale : la guerre opposant les anges déchus et les néphilims.
J'adore cette série, bon j'avoue c'est mon côté midinette adolescente qui parle. J'adore le personnage de Patch surtout. Cette suite est très réussie, mais j'en ai marre des cliffhangers ! Bon la suite dès l'automne 2012, ça va, on devrait tenir.

mercredi 21 mars 2012

The walking dead 1-14


série de comics de Robert Kirkman et Tony Moore, puis Charlie Adlard, chez Delcourt


Rick sort du coma et découvre un monde envahit par les zombies. Que sont devenus sa femme, son fils, ses amis ?





Ces comics ne sont pas à laisser entre n'importe quelles mains, même si son but n'est pas d'effrayer.

Cette série au long court sert surtout à montrer ce que deviennent les hommes face à l'horreur : leurs réactions, leur humanité ou inhumanité, leur besoin de reconstruire un semblant d'organisation, leur instinct de survie, la protection des siens coûte que coûte, etc.
Ce ne sont pas les zombies qui font peur ici, pauvres petites "bêtes" sans défense !, ils sont lents, ils ne réfléchissent pas, tout ce qu'ils veulent c'est se nourrir enfin ! Mais les hommes... de quoi est-on capable quand on touche à se femme, ses enfants, son groupe ?
J'ai eu la chance de lire cette série alors que déjà 14 volumes sont sortis, enfin 15 mais je ne l'ai pas encore, et c'est bon de pouvoir dévorer autant de pages à la suite, de ne pas attendre frénétiquement la suite des aventures de Rick, Carl, Michonne (je la verrai bien dans un prochain Kill Bill), Andréa, etc.

Bref, une excellentissime série, et décidément, j'adoooore les zombies ;)

J'attends de voir ce que donne la série télé, qui apparemment n'est pas vraiment réussie.


jeudi 15 mars 2012

Avant d'aller dormir

Christine se réveille tous les matins sans aucun souvenir, excepté de très anciens provenant de son enfance.
Mais Christine est mariée, quasi cinquantenaire. Obligée de faire confiance à son époux qui lui raconte quotidiennement les mêmes choses. Pourtant, il ment sur certains détails comme le laisse supposer le journal qu'elle tient rigoureusement...




Partant d'un postulat original, intriguant - potentiellement terrifiant - et aux multiples possibilités, Avant d'aller dormir a droit qui plus est à de nombreuses critiques élogieuses.
Pourtant à la lecture, force est d'admettre que si on ne s'ennuie pas, on peine à rester scotché dessus contrairement à l'idée que l'on s'en faisait. Pire encore, le rythme longuet et les redondances cachent très mal les ficelles d'une intrigue que l'on devine assez aisément.
Ceci-dit, ça se tient bien et c'est écrit de façon tout à fait correct. Bref, ça se lit, mais c'est loin d'être aussi passionnant qu'on aurait pu l'attendre. "Sympa sans plus" comme dirait l'autre.
De fait, en ce qui me concerne, j'ai eu du mal à comprendre ce que Dennis Lehane - un de mes écrivains de polars fétiches - peut bien lui avoir trouver...

mercredi 29 février 2012

Le caveau de famille



de Katarina Mazetti, chez Gaïa


Où l'on retrouve notre chère bibliothécaire Désirée et son agriculteur Benny. Ils ont décidé d'avoir un enfant ensemble tout en sachant, que eux deux, c'est tout simplement impossible...



Citation : "Je crois qu'il en va de l'amour des hommes comme de l'infarctus des femmes. Il n'est jamais détecté, parce qu'il a de tout autres symptôme !"
Un roman plein d'humour, comme à chaque fois.
Une histoire d'amour entre deux être comme vous et moi, comme à chaque fois.
Pas de coucher de soleil avec les grands violons derrière, comme à chaque fois.
Bref, la vie de tous les jours, de monsieur et madame Toutlemonde, comme à chaque fois !

On n'est pas déçu, on sait ce qu'on va trouver chez Katarina Mazetti, mais ça manque de renouvellement je trouve. J'avais bien aimé Le mec de la tombe d'à côté, l'effet première fois sans doute. Je crois que mon préféré restera Les larmes de Tarzan, et je vais m'arrêter là pour Mazetti, à part si on me recommande vivement un autre de ses romans qui sort de l'ordinaire !

dimanche 26 février 2012

L'anihommerie de monsieur Larsen



texte de Daniel Monedero ; illlustrations de Aitana Carrasco ; chez Plume de carotte


Un curieux mélange d'animaux et d'hommes récolté par monsieur Larsen.


Extrait : Le zébrhomme "Même ses larmes sont noires et blanches, et quand elles s'écrasent sur le sol, elles résonnent comme les touches d'un piano."

Un album à la manière d'un cabinet de curiosités, un étrange imaginarium, mêlant humour et poésie pour les textes. Les illustrations sont délicieusement rétro, en noir et blanc, surréalistes, une parade de "freaks".


vendredi 24 février 2012

La liseuse



Paul Fournel chez P.O.L


L'éditeur Robert Dubois se voir remettre une liseuse. C'est plus pratique pour transporter les manuscrits qu'il a lire pendant le week-end...Une poésie d'anticipation !



Extrait : - Imagine, lui dis-je, que je veuille te prêter un livre. Si je donne ma liseuse, non seulement je n'aurai plus rien à lire moi-même, mais, te connaissant, je crains que tu n'en lises un autre parmi ceux qui sont à l'intérieur. Que faire ?- La solution est simple, tu m'offres une liseuse (ce qui, par parenthèse devrait depuis longtemps être fait) et, grâce à la technique dent bleue, tu fais glisser le livre que tu veux me prêter de ta liseuse à la mienne. C'est doux, c'est fluide et, je dois dire, assez sexy.- Qui ? La manœuvre ou moi ?

Des beaux moments sur le métier d'éditeur, cette ambiance très "Paris rive gauche", où le monde du livre traîne dans les mêmes cantines le midi, les rencontres avec les auteurs "maison", et puis la relève, la jeunesse qui arrive, la révolution en marche avec l'arrivée de cette drôle de machine, la liseuse, et les bouleversements du numérique.

Un bon moment de lecture donc, mais je ne peux m'empêcher de parler en plus ici de mon expérience avec la liseuse.
Oui, j'avoue, j'ai craqué, j'ai acheté une liseuse, ou plutôt dans mon cas un "'ereader", qui me permet de lire, mais aussi d'écouter de la musique, de regarder des vidéos ou de stocker des photos. Principalement pour pouvoir lire en VO. Oui ça fait peut-être un peu snob de dire ça, mais je dévore pas mal de littérature pour ado/jeunes adultes, le plus souvent des séries, et je n'ai pas la patience d'attendre leur traduction ! Quand elle existe... Je parle ici de romans donc, mais c'est le cas pour beaucoup de documentaires aussi. Et les livres numérique Outre-Atlantique sont à des prix défiant toute concurrence quand même...
Et puis on commence à sérieusement manquer de place à la maison.
Et puis j'ai une âme de "geekette".
Et puis, et puis.
Bref. Je ne voulais pas d'un "Kintruc", ou "Kopabo" pour ne pas dépendre des géants du livre en ligne et leurs pu.... de DRM. Je n'avais pas les moyens non plus d'acheter un "imachin", qui pourtant me faisait de l’oeil, rien que pour pouvoir lire L'herbier des fées dessus. Et oui que voulez-vous, c'est la magie de la pomme, pouvoir éditer un livre numérique uniquement lisible sur leur matériel à environ 500€ ! Ah c'est beau la culture marchande ! Bref, je m'égare et m'énerve pour presque rien.
Donc j'ai acheté une liseuse au mois de janvier, je l'ai vidée des petits fichiers qu'il nous mettent gentiment dedans gratuitement mais qui sont inintéressants au possible, j'ai acheté un petit polar de derrière les fagots chez Publie.net, téléchargé un Dickens que je voulais lire depuis longtemps du domaine public, transféré un modèle de tricot sous pdf (parce que oui, c'est aussi pour ça que je voulais un liseuse, éviter d'imprimer tous ces fichiers !), une petite musique ici, une petite vidéo là, hop hop hop !

Et j'en pense quoi de ma liseuse ?

Et bien, pas grand chose les amis, parce qu'elle est tombée en panne au bout de quelques jours d'utilisation et est en réparation depuis plus d'un mois !

Alors moi je dis, le livre a encore de beaux jours devant lui, au moins il ne tombe pas en panne et il n'a pas besoin d'être rechargé !