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mercredi 23 mai 2012

Locked Down

C'est un fait, Dr John est une légende. Mais de celle que l'on connaît sans l'avoir écouté.
Au mieux, les gens citerons Gris-Gris... son 1er album (!) datant de 68. Quand on sait que le gus nous a gratifié en moyenne d'un album tous les deux ans depuis ses débuts, c'est dire tout ce que l'on a raté.
Abordant un rythm'n'blues épicé à la mode Nouvelle Orléans (comprendre par là, une sorte de blues rock déjanté mâtiné de musique trad et de cuivres), les habitués de la musique de là-bas seront en terrain connu. Les autres pourraient être quelque peu déstabilisés au premier abord.
Encore que.

Oui "encore que" car cette année est sorti son dernier album, cette fois produit par Dan Auerbach (également musicien sur l'album).
La recette n'a pas changé, mais la touch' de la tête pensante des Black Keys pourrait bien avoir un effet sur la médiatisation de l'album. Plus direct et plus "tubesque" à l'image de son titre phare "Revolution" (chanson parfaite dont on ne se lasse pas), ce Locked Down est une pépite qui s'avère peut être comme la porte d'entrée idéale et accessible au riche univers de l'homme à la barbiche.
Souvent jubilatoire sans jamais faire dans la concession c'est, pour l'instant, l'album de 2012, et on espère que son atmosphère toute particulière sera diffusée dans tout bon foyer qui se respecte.
A déguster avec ou sans gumbo, en bagnole ou sous les draps, là où la moiteur de ses chaudes mélodies rythmées trouveront sans aucun doute un écho dans vos mouvements de bassin.
A bon entendeur.

samedi 17 mars 2012

Dans ma hotte, il y a... #1

Comme il m'est difficile de commenter chaque disque les uns après les autres car y en a beaucoup trop - mais j'en chroniquerais toujours à l'envie et à l'occasion - voilà un petit tri dans les nouveautés éditoriales achetées pour mon humble médiathèque à travers de très brèves critiques.
Tous genres confondus donc :

La BO. de l'excellente première saison de l'excellente série Treme.
Playlist parfaite pour les amateurs de musique afro-américaine, et particulièrement de la Nouvelle Orléans.
Au programme du cuivre, beaucoup ! Fanfares, funk, blues, soul, jazz, airs traditionnels, hip-hop...
Miam !





Calle 13, groupe de hip-hop latino totalement déjanté et férocement original nous a livré en 2010 (merde, ça passe vite), une petite bombe qui devrait pouvoir trouver son public autant sur un dancefloor que dans les rues.
Pêchu et drôle !







Sans doute LA réédition de l'année dernière à ne pas rater.
Alors c'est l'unique album - datant de 69 - de feu Jim Ford et c'est un joyeux mélange de blues, de country et de soul.
C'est juste parfait et mine de rien, ça ne ressemble à rien de connu.
Je profite d'ailleurs de cette "tribune" pour remercier l'unique Maître Kulk pour m'avoir fait découvrir cette perle !




Comme tout ce que nous livre l'excellent éditeur ACT, voilà encore un album à posséder pour les amateurs de jazz ethnique.
Piano, oud, percussion, Chalaba est le 3e disque de cette formation originale germano-maroco-espagnole.
Totalement envoûtant.






Du Tinariwen pur jus, mais cet opus n'est pas loin d'être le plus réussi à mes yeux.
Quoi qu'il en soit, on est toujours happé par ce blues du désert. Dépaysement garanti.








Évidemment, on adore Laura Veirs et sa façon de conter ses balades folks avec un charme quasi enfantin.
Ça tombe bien, la miss a réalisé cet album de chansons pour enfants (malgré l'encrage forcément américain on reconnaîtra même quelques airs). Mais plus qu'une compile de classiques pour marmots - et dieu sait que je cautionne très moyennement la production pour la jeunesse - c'est quasiment une œuvre patrimoniale, traditionnelle. Du vrai folk quoi !



Pour les inconditionnels de Lynch n'ayant pas peur des malaises, voilà l'album qui devrait hanter vos nuits les plus angoissées.
Voix perchées, sons distordus, mélodies répétitives et ambiance malsaine, voilà ce que propose ce disque.
Flippant comme on aime, on en attendait pas moins de lui !

Stop Drop and Roll !!!

Petite récréation de la part du combo de Green Day, Stop Drop and Roll est sans doute ironiquement ce qu'ils ont fait de mieux.
Délaissant leur punk rock efficace mais répétitif, il s'adonne ici à du pur garage aux relents psychédéliques bienvenus.
Du revival donc, mais tout ça mâtiné à leur fraîcheur coutumière.

Bref, ça fait du bien par où ça passe ! Dommage qu'ils aient arrêté cet aventure à cet unique opus...



Bien sûr, Groovshark est ton ami

mercredi 14 mars 2012

Zappa, le moustachu le plus photogénique (et génial) du monde de la zic


Zappa, qui était un homme de - bon - goût a eu la bonne idée de mourir avant Mickael Jackson en 93 alors que Johnny fêtait ses 50 ans au Parc des princes (on pensait que c'était la fin) et que Yasser Arafat et Yitzhac Rabbin se serrait la main devant Bill Clinton.
Une année pleine de promesses donc, auquel il eut sûrement la naïveté de croire sinon, à quoi bon nous laisser seul sans son humour dévastateur et sa musique géniale ? Franchement Frank, à quoi pensais-tu, ça ne te ressemble pas...

 
 
 
 
Zappa est l'un des plus prolifiques auteurs-compositeurs mal-aimés du XXe siècle avec plus de 70 albums à son actif (à côté, même le bûcheron canadien fait pâle figure).
Aussi, si se procurer sa discographie complète nous engage forcément à faire une hypothèque sur notre maison (en location), l'ami moustachu - qui avait plus d'un tour dans son sac et pensait à tout le bougre - eut la gentillesse de faire des albums extrêmement différents. Non pas par souci de popularité car il ne connaissait pas le compromis (encore que comme tout artiste maudit il souffrit parfois du besoin de reconnaissance), mais parce que toute musique est bonne quand elle est bonne.
Le plus triste, c'est que malgré cela et peut-être pas peur devant l'inconnu, peu de gens font l'effort de tenter l'aventure. Pourtant, autour de vous, il y a forcément quelqu'un qui peut vous conseiller. Si, si, je vous assure ! Repérez la personne de votre entourage qui, au lieu de faire une grimace pendant une - potentielle - fausse note, arbore une grand sourire et n'hésitez pas, c'est la bonne personne !

On a trop tendance à penser que Zappa fait de la musique complexe, sans émotion, pour musicologue only. C'est faux ! Écouter du Zappa, c'est s'étonner d'être émerveillé par la beauté d'un passage symphonique (alors qu'on déteste la musique classique), c'est rire de la blague graveleuse en même temps que les musiciens eux-mêmes, c'est danser sur un groove incroyable. Enfin, écouter Zappa, c'est toujours être pris par surprise à chaque seconde. "Quel audace" est une des pensées qui revient le plus souvent (Delanoë nous a depuis piqué la phrase).
 
Allez, rentrons dans le vif du sujet avec mon top 6.
 
 Tatatata... Tatatata... pouet pouet !

  1. Freak Out (album psyché/blues déjanté dont les 3/4 sont tout à fait écoutables)
  2. Hot Rats et The Grand Wazoo (Albums de pseudo-jazz. Hot Rats est le plus facile d'accès, le 2e étant plus orchestral mais génial)
  3. Over-Nite Sensation et Apostrophe (Albums de funk rock très drôles et très groovy)
  4. The Yellow Shark (Album de musique contemporaine d'une émotion rare. On retrouve des compositions déjà connues, jouées devant l'œil tristement malade mais heureux de Zappa.)
Et voilà, vous n'avez plus d'excuse pour méconnaître Zappa. Il ne vous reste plus qu'à vous acheter des oreilles, voire de les louer... 

Comme d'hab, Grooveshark est ton ami

samedi 10 mars 2012

Jason Schwartzman aka Coconut Records

Pour les aficionados de Wes Anderson - que vous devriez tous être d'ailleurs - la visage de ce petit gars devrait vous être familier. En effet, il commence sa carrière d'acteur dans Rushmore, 2e film d'Anderson mais 1er véritable jalon de son oeuvre. Il sera aussi co-scénariste et acteur dans A Bord du Darjeeling Limited et enfin la voix du fils du Fantastic Mr Fox. A côté de ces très grands petits films, on le retrouve aussi chez sa cousine Sofia Coppola dans Marie Antoinette ou encore chez David O'Russell dans le séduisant mais raté J'adore Huckabees. A côté de ça il est le héros d'une petite série bien sympathique d'HBO, Bored to Death ; où l'histoire d'un écrivain foireux qui devient détective pour s'en sortir.
Tout ça, c'est très bien mais il y a autre chose... suspense insoutenable
Jason Schwartzman est musicien depuis son adolescence. Il commence sa carrière dans le groupe très "teenage californien" Phantom Planet où il officie en tant que batteur.
Phantom Planet ? Mais si, vous connaissez sûrement leur tube : California
C'est mignon tout plein, hein ?
Bon, toujours est-il qu'il fini par quitter ce groupe qu'il a pourtant fondé tout jeunot, et en fonde un autre, Coconut Records.


Sous ce nom mystérieux et sympathique se cache en vérité un grosse formation : lui... et ah ben non, c'est tout !
Donc, tout seul dans son petit studio maison, il a concocté à ce jour 2 petits albums.
Vous noterez que j'emploi beaucoup le terme "petit" et ce n'est pas anodin. C'est ainsi qu'on qualifierait à peu près tout ce qui l'entoure - lui compris - avec un œil distrait. Cependant, à l'image des film d'Anderson, son univers recèle de merveilles.
Si son 1er album, Nighttiming, est très inégal - seule la moitié est bonne - il contient une pépite comme tout le monde aimerait en écrire une, la bien nommé "West Coast"
A côté de ce parfait titre pop, se cachent de la musique typiquement indé ; du country-folk pas toujours très inspiré mais sympathique, des titres rythmés pas si éloignés de son passé chez Phantom Planet, et quelques mélodies pop bien senties.
En voilà l'essentiel :
Le discoïde "Nighttiming"
Le californien "Back to You"
Le balavoinien "It's not you it's me"

Après ce sympathique mais un peu bancal 1er opus, va suivre Davy, beaucoup plus homogène et bien meilleur.
S'il lui manque malheureusement un titre digne de "West Coast", Jason semble avoir ici trouvé son style à l'image du 1er titre "Microphone" ; une pop douce sans prétention qui fait mouche grâce à un évident sens mélodique où l'on retrouve parfois les Beatles, les Beach Boys ou autres...
Exemple avec "Any Fun","Saint Jerome" ou encore "I am Young"

Typiquement la BO idéale d'un film indé américain dans lequel on pourrait sans mal le voir jouer, du type Juno, 500 jours ensemble ou Little Miss Sunshine ; une musique délicate, touchante qui cache souvent plus de profondeur qu'elle n'en a l'air !

Grooveshark est ton ami

Juke-box du samedi #5

jack white by Peggy Imbeaud-Lesage on Grooveshark


Jack White

Le talentueux, le prolifique Jack White. Le roi du Garage.

Il restera pour moi la moitié de feu The White Stripes, son groupe que je préfère.

Ensuite viennent The Raconteurs avec le fameux Steady as she goes.

Et puis en dernier, The Dead Weather. Je suis déçue d'être déçue par ce groupe. Réunir Jack White et Alison Moshart (The Kills) ne pouvait que me plaire, mais il faut bien dire, je reste assez hermétique à leur production...dommage.

samedi 25 février 2012

Juke-box du samedi #3

playlist #3 (the voices) by Peggy Imbeaud-Lesage on Grooveshark



Ces voix encore... je marche beaucoup aux voix, souvent plus qu'à la mélodie je crois...
Bref, cette semaine c'est du côté des hommes que je vous emmène.
Ces bonnes grosses voix, celles qui sentent bon le whisky, le café et les cigarettes ;)
Les "chanteurs-rocailleux" d'hier et d'aujourd'hui, qu'on aimerait bien écouter dans une arrière-salle de bar, accompagnés d'un piano uniquement, en sirotant une boisson d'homme (du whisky donc, eurk !).

Tom Waits, le maître suprême ; Soulsavers pour la voix de Mark Lanegan ; Arthur H, of course, l'héritier français de Tom ; et Arno, l'imbibé Arno, le personnage Arno !

Et un dernier, pour la route, qui n'est pas l'ami de Grooveshark, mais il l'est avec Youtube : Alvin & the 1015

samedi 18 février 2012

Juke-box du samedi #2

playliste #2 (the strange) by Peggy Imbeaud-Lesage on Grooveshark


Ces voix de femmes extraordinaires, ces "strange", pour qui l'univers compte autant que la musique.

Attention, je ne suis pas "spécialiste" en musique, je marche aux coups de coeur, ou aux coups d'oreille, je n'y connais rien en style/genre musical. Mes juke-box ce sont mes associations d'idée à moi.

J'ai ré-écouté Björk il y a peu, et j'ai pensé à la voix de  Dillon. Et là, hop,  Soap&Skin  clignote dans mon esprit façon néon publicitaire. Ses images me renvoient ensuite direct à cette vidéo de CocoRosie et pour moi la boucle et bouclée.

jeudi 16 février 2012

Lou Reed par Lou Read

Putain de pluie de merde. J'trottine comme un crétin, zigzaguant dans les ruelles - faudrait pas marcher du mauvais côté d'la route hein ! - mes 'tiags élimées, les épaules remontées jusqu'à mes oreilles. Fais chier tiens, ça mouille tellement que mon cuir est en train de rétrécir en direct : flippant ! C'est la 3e clope que j'm'allume à la suite et y a toujours une putain de goutte énorme qui vient poser son gros cul pile poil au milieu. Juste pour m'faire chier, ça c'est sûr.

J'me pose devant un café. Pas question qu'je rentre, j'ai pas un rond, pis j'suis en bisbille avec le patron depuis qu'j'ai pissé sur ses grolles un soir de biture. Aucun humour le gonz'. Reste que j'me gèle les couilles là, juste en dessous du haut-vent en tissu à carreaux qui déborde. C'est même pas tant qu'ça déborde, en fait ça dégueule comme ce putain de quartier qui rejette tous les jours ses détritus, ses putes et ses camés.
Mais au moins j'suis à peu près au sec. J'mets des kicks au vent qui m'provoque avec sa soufflerie à la con et des coups de talons sur la porte. La porte, c'est pour le plaisir : j'suis un vicieux. Oh yeah.

J'en profite pour me remettre un tournée de clopes que j'arrive à fumer cette fois jusqu'au bout. J'broie l'paquet qu'a prit l'eau et du coup, c'est comme s'il me jouissait sur la main ce con. Y a même le son qui accompagne. Pfgfgerrrs.... Plutôt marrant en fait ; did it come now ? Héhé...
Mais j'm'interroge quand même. Qu'est-ce que j'fous là ? J'attends quoi ? My man ? My sugar plum fairy ? Pourtant j'suis clean comme un moutard qui chialerait sa mère devant un couple de toxico morts.

Merde, j'suis un cliché ambulant. Manquerait plus que j'sorte mes lunettes noires alors qu'on voit pas la queue d'un travelo à 1 mètre. Pathétique. On pourrait aussi me retrouver dans l'coffre d'une bagnole, violé à mort, bourré à la meth jusqu'aux yeux, comme Sally. Ça ils aimeraient, Wououou, oh oui, ils aimeraient, les enculés.
"Loulou est mort ! Une mort à l'image de sa vie !" Ouais, on fera sonner les bells pour le p'tit Louis, ça lui rappellera les joyeuses séances d'électrochocs.
Connards de journaleux.
D'toute façon, vous me retrouverez pas. J'vous ferez pas ce plaisir.

J'irais m'planquer là où vous avez jamais mis les pieds. "Lou, il parle des bas-fonds comme personne". Et qu'est-ce vous en savez, j'vous y ai jamais vu y m'semble ?! Bref, j'irais m'planquer là bas, libre, et j'dormirais pendant un millier d'années. J'ferais des milliers de rêves et j'vous préparerais le plus beau des come-back, encore meilleur que New York : mes funérailles derrière Metal Machine Music en boucle. Oh putain mec, ce sera un putain d'perfect day. Le pieds. Un putain de majeur tendu à l'humanité, un truc à mon image : humble ! Haha !
J'm'y colle, j'me délecte de vous préparer ça : ma perte sera magique.



mercredi 15 février 2012

Band on the Run

Depuis leur séparation, les premiers albums solos des ex-Beatles se sont révélés excellents. 1973 est sans doute la dernière bonne année pour chacun d'eux. John Lennon sort Mind Games, George Harrison Living in the Material World, Ringo Starr son album éponyme et Paul McCartney Band on the Run.


Celui-ci, est souvent considéré, à juste titre, comme son meilleur sur la vingtaine qu'il a réalisé. De plus, il a connu un succès incroyable. Pourtant, rien ne le suppose vraiment car 2 des musiciens viennent de quitter le navire. Ils ne sont donc plus que 3 et partent au Nigeria pour réaliser ce futur chef-d’œuvre.
Cet album, comme la majorité des productions Wings, est majoritairement très rock et le synthé - de sa femme Linda - est très présent et efficace. Beaucoup de tubes composent ce disque, à commencer par le titre "Band on the Run" , construit sur 3 thèmes - représentant d'ailleurs bien Paul - un "guimauvisant", un orchestré et un sautillant. On retiendra aussi le single "Jet" , le très drôle "Mrs Vanderbilt", le lennonien "Let me Roll it"  et l'énorme "1985". Le reste, plus anecdotique, reste de bonne facture, comme le prouve "Bluebird" et "Picasso's Last Word". Enfin la pochette - culte - verra les Wings entourés de célébrités dont Christopher Lee et James Coburn.
Un album dont on ne se lasse pas et qui est très représenté lors des concerts du maître !

Rencontrer Dieu...

Bon Dylan, c'est 31 albums studio + autant de bootlegs officielles ou non. Bref le Bob, c'est l'ancien et le nouveau testament à lui tout seul.
Alors, si contrairement à moi vous n'avez pas tout ou que vous voulez découvrir sans savoir par quoi commencer, j'vais vous y aider avec les indispensables (et un peu plus). Comme la vie fait bien les choses, mon frère découvre en ce moment le bonhomme et lui voue déjà le culte qu'il mérite.
Amen.


1.The Time They Are a-Changin'
Non mais regarde-moi cette mou ! Regardez-moi ce regard hautain !
Pourquoi en 1ère position ? D'abord, c'est le Dylan protest singer que j'aime tant. Bon, il le dira assez, c'était plus de l'opportunisme que de l'idéologie personnelle, mais qu'importe. Si cet album est le prolongement direct du plus célèbre Freewheelin', son discours est sûrement plus radical et plus engagé.
Mais la véritable raison, c'est qu'il est plus fort, plus émouvant, et plus grave (là, je parle du ressenti et pas du texte) que  Freewheelin'.
Enfin, il n'y a là - presque - que des morceaux parfaits. Entre autres : "The Lonesome Death of Hattie Carroll" (la n°1 des n°1), "Ollis Brown", "Time they are a-chagin", ou encore "With god on our side". Convaincant hein ?


2-Blood on the tracks
Dylan est au fond du gouffre à cet époque. En pleine séparation de sa femme, les temps, en plus de changer sont difficiles. Et ça s'entend ; les morceaux sont mélancoliques ou revanchards. Il s'offre à nous sans pudeur et ça fait du bien. J'ajoute que la première face est vraiment la meilleure. A noter que l'album fut enregistré 2 fois et que dans "les milieux autorisés" on peut dégoter la 1ère version, plus acoustique qui fait la merveille de certains morceaux. Bref, pour profiter pleinement de ce disque, il faudrait faire un petit mix entre les versions.



3-Time Out Of Mind
Une merveille et en plus cet album est relativement récent vu qu'il date de 97. Comme quoi, même après une longue carrière, on peut encore faire de belles choses. Encore une fois, Dylan se confie et ça lui va bien - encore faut-il aimer les ambiances un peu glauques. Mes préférés ? "Love Sick" et "Standing in the Doorway", "Not Dark Yet". Bizarrement, un fantôme de Tom Waits plane sur cet album, vous trouvez pas ?



4-Bringing all back Home
Album génial et surtout album de transition ; Dylan branche la guitare et nous envoie une 1ère face qui décolle les papiers-peints. Quant à la face 2, merveilleuse, elle sonne comme un dernier au revoir à sa période folk. Dylan n'ose donc pas encore le tout électrique, mais nous prévient de ce qui suivra, accompagné qui plus est d'excellents zicos.





5-Oh Mercy
Bon, la pochette est dégueu, on est tous d'accord, pas besoin de tergiverser. Bon, Dylan vient de sortir les pires albums de sa carrière et doit le savoir. Il engage donc un vrai producteur, Lanois, et nous balance cet album comme une évidence.
Démarrage en trombe, et puis ce "man with the long black coat" qui nous fait revenir loin en arrière. Excellent.
Seul bémol, une production - bien qu'enfin défaite des horreurs précédentes (eighties quand tu nous tiens) - encore un peu too much. Ça aurait donc pu être encore mieux, mais c'est quand même l'album de la renaissance du maître ! 


6-Desire
Longtemps mon préféré... quand je ne connaissais pas Dylan. Mon avis s'est grandement modifié, et si je le réécoute encore c'est surtout sentimental et en plus, ce n'est pas dans son intégralité. Je le remet surtout pour "Hurricane" et pas pour "Sara", qui est pourtant considéré comme un de ses chefs d'œuvre. Je trouve qu'avec le temps, le violon omniprésent me saoule un peu, mais la tournée 75 (voir le bootleg 5), c'était bien joyeux quand même. Ça reste un album pêchu, peut-être le seul véritable de sa discographie, ce qui fait que j'en ai souvent besoin. Puis cette ambiance gypsy, ça change mine de rien. Quant à la pochette, c'est la classe américain, non ?



7/8 Highway 61 et Blonde on Blonde

- Quoi ! qu'en 7/8e position ?!
Ben oui, désolé. Si j'les mets à égalité, c'est que, quand j'm'en écoute un, l'autre vient avec. Donc indissociables.
-Bon, pourquoi si loin dans le classement ?
D'abord parce que je les écoute moins que les précédents.
- Pourquoi ?
(mais arrêtez avec ces questions !!) Highway 61 parce que 
j'suis pas fan du groupe et de ses arrangements, que j'trouve à la limite du baloche - ouais, j'ai peur de rien. Que j'ai jamais été fan de "Like a Rolling Stone" (attention, j'aime bien, mais pas de quoi m'accrocher aux lustres). Bref, j'écoute cette album pour "Desolation Row" et "Ballad of a Thin Man" essentiellement.
Pour Blonde on Blonde, c'est un album trop long et inégal à mes oreilles. Trop long parce qu'inégal évidement ! Peu de titres m'emballent vraiment. J'aime "Just Like a Woman" et l'immense "Sad eyed Lady". Le reste, ça dépend. Bref, même si c'est un album culte - ce que je respecte - les "tubes" comme "I want you" m'indiffèrent. Voilà.
J'm'arrête là aussi parce que ceux qui suivent sont écoutés à peu près autant. On peut y voir à peu près tous les autres albums jusqu'à 78 (inclus) et ceux des 90's (moins Love & Theft et World Gone Wrong qui sont peu écoutés). Bref les années 80 ne sont écoutées que très très rarement. Pour 1 titre, ou pour voir si j'sauve pas quelque chose après un peu de temps au placard.
Ah si, jetez-vous sur les bootlegs officiels, ils sont presque tous indispensables !

Grooveshark est ton ami

mardi 14 février 2012

A Whole New Thing

Rappelez-vous, c'était en 1967. Vous portiez votre plus belle chemise à jabots, l'air sentait le patchouli et surtout on allait voir apparaître les plus grands albums de tous les temps sans imaginer qu'on allait en parler 40 ans plus tard. Bref, dans ces temps-là, vous étiez presque beau - ou du moins vous en aviez l'impression - et Sly (à l'instar de son homonyme musclé) était pour vous un parfait inconnu. D'autant plus qu'on l’appelait encore Sylvester Stewart.

Et voilà donc qu'une joviale tribu black & white fait son entrée dans le paysage musicale avec un album de funk/soul psychédélique. Bien sûr, à l'époque le funk comme le psychédélisme sont des termes parfaitement barbares d'autant plus dans l'hexagone. Pourtant cette même année, du psyché, on va en avoir à toutes les sauces (folk, garage, blues, californien...) et le funk va faire son apparition dans diverses formations.
Alors, à quoi ça peut bien ressembler tout ça ?
C'est presque simple ; la soul prend ses racines dans un chant inspiré et dans les cuivres, le funk se base sur une rythmique basse/batterie très groovy, et le psychédélisme (très axé sur la drogue) se retrouve autant dans des paroles mystiques et/ou peu compréhensibles que dans des mélodies plus ou moins planantes.
Donc cette album se promène dans tous ces styles musicaux et bien que 1er essai (la suite s’avérera plus concluante et efficace), ça n'en reste pas moins le lancement d'un tout nouveau mouvement dans lequel se retrouveront entre autres la bande à Clinton (pas l'ex-saxophoniste de la Maison-Blanche) avec Funkadelic et Parliament, mais aussi War ou encore les dernières créations d'Hendrix. Mouvement qui ne s'éteindra qu'à l'arrivée du disco presque 10 ans plus tard !
Que retenir d'autre de cet album que son aspect novateur ?
Au moins une chose : le 1er morceau. L'ouverture qu'est "Underdog" est tout simplement énorme ! Tout ce qui fera le futur succès du groupe est là ; de l'humour, du groove, des choeurs et une patate d'enfer.
Le reste de l'album reste de bonne facture bien que plus soul et donc plus "ique". Il faudra attendre l'album suivant pour que le succès soit au rendez-vous et surtout les albums Stand! (qui leur ouvrira les portes du festival de Woodstock) et There's a Riot Goin' On pour que le monde entier adhère à leur univers coloré.

samedi 11 février 2012

Madeleine musicale

Il y a des groupes qui vous suivent toute votre vie. Parfois, vous vous rendez compte que vous les avez oublié quelques mois, parfois quelques années et pourtant ils vous ont suivi. Et lorsque que vous remettez un de leurs disques, c'est toujours un plaisir, une redécouverte tout en étant un retour au foyer. Comme un ami.
J'ai de la chance, j'en ai beaucoup... de ces groupes. Et quand je redémarre un cycle avec l'un d'eux, c'est souvent en boucle pendant plusieurs semaines comme s'il fallait recharger les batteries. Puis du jour au lendemain, je les oubli. Quelques infidélités, mais toujours ils reviennent.
Ces groupes, c'est les Beatles bien-sûr, c'est Bob DylanLou Reed, Syd Barrett et donc les Pentangle et Jethro Tull dont je vais parler aujourd'hui.
Ces deux là, c'est un peu une histoire de famille. Je suis né avec. Les écouter, pour le coup, c'est vraiment un retour aux sources ; une vieille photo, l'odeur de la coupe de l'herbe à la faux... non non, j'vais pas pleurer ! Bref, ces notes, j'les connais comme ma poche.
Pourtant ces deux groupes anglais sont loin d'être simples et évidents. Les deux puisent dans le folk et la musique celtique (en particulier fin 60's et 70's), mais l'un les tartine de jazz et de blues quand l'autre les assaisonne de hard rock et de rock progressif. Donc pas de la musique pour les gosses !



D'abord The Pentangle, c'est un super groupe. Pas dans le sens "Ouahou, c'est super !", mais parce qu'il est composé de musiciens d'exception ayant déjà une carrière et une sacré réputation. Pour prendre plus connu chez nous, Led Zeppelin est un super groupe pour ces raisons-là, ou encore Blind Faith.et plus récemment The Raconteurs ou Them Crooked Vultures.
Donc, même si ça vous dit rien, on a avant tout un duel de guitariste avec feu Bert Jansch et John Renbourn, célèbres dans le milieu folk, respectivement attirés par le blues d'un côté et par la musique classique et elizabethaine de l'autre et surtout, ils jouent en picking et en open tuning (pour les spécialistes !) de manière incroyable. C'est des bêtes quoi !! En plus ils ont déjà fait un album ensemble avant, donc ils savent s'accorder (sans mauvais jeu de mots). Ensuite, on a une session rythmique composée de Danny Thompson à la contrebasse et Terry Cox à la batterie. Eux, ce sont des jazzmen renommés qui ont joués entre autres avec un jeune John McLanghlin. Et enfin, il y a la chanteuse Jacqui McShee, abonnée des clubs folk qu'elle hante comme soliste jusqu'à sa rencontre avec John Renbourn. The Pentangle va officier jusqu'en 1973, se reformer un peu plus tard, et aujourd'hui ne tourner qu'avec la chanteuse. Musicalement proche des Fairport Convention car ils empruntent aussi beaucoup à la chanson traditionnelle britannique, ils vont vraiment créer un angouement sans précédent pour ce type de musique et n'hésitent pas à créer de véritables pièces musicales exigentes aux structures complexes dues en grande partie à leurs talents et goûts individuels. Ecoutez donc en priorité les 5 premiers albums ou encore d'excellentes compilations telles que le double The Pentangle Family ou le magnifique quadruple long box The Time has Come.



Jethro Tull a le mérite d'être sacrément original. Qui aurait imaginé un jour unir gros riff de guitare avec des soli de flûte traversière ? Ian Anderson, le leader chanteur guitariste et flûtiste l'a fait. En plus, Jethro Tull, qui tourne encore aujourd'hui, ose les changements de style. Ainsi, commençant leur carrière par un hard rock (relativement soft) où l'on trouvera quand même une bourrée (oui oui, cette fameuse danse auvergnate rendue célèbre à la cour du roi ou encore chez Bach), puis commence leur célèbre période progressive avec entre autres Aqualung qui a traversé la manche, puis ils vont s'orienter totalement dans le folk pour mieux partir vers un genre de rock électronique etc..... Bref, ils vont mener la vie dure aux disquaires et discothécaires qui essaieront en vain de les ranger dans la bonne case. J'ose quand même penser que si classement il y a, le folk me paraît être le seul genre qu'ils aient traversé du début à la fin.
Leur discographie étant bien fournie et pas que de bonnes choses, vaut mieux taper vers les 13 premiers albums avec en priorité pour la période hard-rock-folk Stand Up ou Benefit (mon p'tit fétiche), Aqualung ou Thick as a brick pour la période progressive et Song from the wood pour le pur folk. J'éviterais la suite car les années 80 démarrent et sachant le mal qu'elles ont fait aux groupes de rock... en ce qui les concerne, ils n'ont pas échappé à la règle. Par contre, les derniers albums ne sont pas mauvais. Mais à choisir vaut mieux taper sur les fondamentaux.

Grooveshark est l'ami de Pentangle et de Jethro Tull

Bad As Me

...Not so bad en fait. Ben oui, le 'sieur Waits, on l'a déjà vu dans son triple album précédent, Orphans, commence à regarder sérieusement derrière lui et ce côté nostalgique rend ses albums nettement plus "gentillets". De fait, le titre de l'album semble donc un chouïa présomptueux.




Exit donc les albums "à thème" ou du moins à couleur vraiment homogène. Dorénavant, Tom Waits revisite les univers qu'il a crée (ou emprunté) depuis ses débuts. Ainsi, on passe des chansons jazzy "croonerisantes", au blues à la Screaming Jay Hawkins en passant bien sûr par ses chansons freaky où mélodies de cirque déglinguées côtoient ses borborygmes désormais célèbres.


Tout ça passe très bien et, réalisé toujours avec talent. Bref, c'est un bon album (mais y a-t-il vraiment de mauvais albums dans sa carrière ?). Reste que pour ceux qui comme moi sont des amoureux de périodes distinctes, si l'envie de zapper ne prend quand même pas le pas de l'écoute, il est évident que certaines chansons ont nos préférences, les autres laissant un peu indifférent.
Vous me direz que rien ne m'empêche de me repasser Rain Dogs en boucle pour satisfaire mon besoin maladif et de profiter de sa dernière production sans arrière pensée amère...
Et ma foi, vous avez raison !

Juke-box du samedi #1

playlist #1 (films indé) by Peggy Imbeaud-Lesage on Grooveshark



Une sélection de mes "feel-good songs" du moment.

Glory (de l'album Ghost) de Radical Face, le folkeux qui monte. A découvrir son dernier album The family tree : The roots, un projet d'envergure qui prendra la forme d'une "trilogie".


Two perfect moments de Tyler Bates, ce qu'il me reste quelques mois après le visionnage de Super...


Anyone else but you par The moldy Peaches, le fameux duo "anti-folkeux" de Juno.


New slang de The Shins, le groupe qu'il vous faut si vous faites une B.O. pour un film indé (Garden state pour celle-ci).


A associer avec son article à Lui sur les films indé.

mercredi 8 février 2012

Blood Pressures



Le dernier opus de The Kills, chez Domino

"Les White Stripes sont morts, vive les Kills !" Hugo Cassavetti, in Télérama




Découverts en première partie du concert de Franz Ferdinand en 2004, ce fut le choc, la révélation, que sais-je encore ! Totalement envoûtée par ce duo sulfureux, intense, au jeu de scène très sensuel.
Blood Pressures est à la hauteur de mes attentes, et les dépasse même. Je ne pense pas trouver un titre en dessous des autres sur cet album. La palme, le must, le top du top, celle que je peux écouter en boucle sans m'en lasser, la chanson parfaite : "Last goodbye", 3'42 de pure plaisir !





The Kills: The Last Goodbye on Nowness.com.

Attack and Release

Alors que vient de sortir leur dernier opus, El Camino, tout le monde semble enfin découvrir les Black Keys, gratifiant cet album de critiques élogieuses. Pourtant, en dehors du fameux single "Lonely Boy" et de 2/3 autres titres, leur dernière création parait un peu faible et sans doute trop colorée par la prod du désormais incontournable Danger Mouse.


Pourtant, en 2008, le combo sortait le meilleur album rock de l'année - et peut-être leur meilleur aussi. Très produit également - mais cette fois-ci, de fort belle manière - ce qui eu pour effet à l'époque de susciter les foudres des fans de la 1ère heure, ce Attack and Release bénéficiait surtout qu'une quantité de chansons excellentes, d'une énergie et d'une émotion inégalées.
Il est peut être temps de se le remettre dans les oreilles !

mercredi 11 janvier 2012

Janis Joplin de A à Z

Bon l'avantage avec elle, et à fortiori tous les musiciens morts jeunes, c'est qu'une chronique de la discographie complète, en plus d'être obligatoire, et plutôt vite faite. Qui a dit "flemmard !" ?
Non mais sérieusement, Janis Joplin, c'est 4 albums studio (dont un posthume) !
Le réel problème, c'est qu'il y a plus de compilations en tout genre dans les bacs que d'albums originaux, c'est dire. Alors que, et ce malgré la crise, s'acheter 4 albums qui doivent pas coûter plus de 7€ l'un, ça a quand même une autre gueule que le cd tout moche avec une playlist et un son affreux que vous avez eu avec le plein d'essence, non ? D'ailleurs, tant qu'on est sur les conseils d'achats de Noël, vous me ferez le plaisir de vous acheter en plus le live Joplin : in concert en vinyle ! Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons été nombreux, garçons et filles, à rêvasser sur la double photo intérieur, à y ressentir la force sexuelle que la miss dégageait, à nous faire vivre nos 1ers émois... Pas mal pour un fille qui fut élue "le mec le plus laid du lycée"...
Mais Janis Joplin est avant tout chanteuse d'exception et c'est bien-sûr de cela que nous allons parler ici.

Donc nous sommes en 1966 quand elle rejoint San Francisco et par la même occasion un sympathique groupe de blues rock hippie appelé Big Brother and The Holding Company. Bon, autant le dire tout de suite, quitte à recevoir les foudres des fans, ce groupe n'est pas du tout à la hauteur. Et même si Janis enregistrera avec eux la plupart de ses titres les plus connus (qui vont donc la rendre célèbre), ils n'ont ni le talent, ni le groove nécéssaire pour la suivre (réécoutez "Summertime" par eux puis la version live à Woodstock avec le Kozmic Blues Band vous vous rendrez compte). D'ailleurs les choix parleront d'eux-mêmes vu qu'elle les quittera après 2 albums. Concrêtement, ces 2 premiers albums tiennent la route grâce à elle. Elle soutient tout et quand les morceaux se révèlent être moyens, elle réussi toujours à sauver l'honneur. C'est déjà ça, mais elle a besoin de beaucoup mieux. Alors, sur le 1er album, on trouvera "Down On Me" et sur le second et cultissime Cheap Thrills, on aura droit aux énormes tubes que sont "Summertime", "Piece of My Heart", ou encore "Ball and Chain". Musicalement, on oscille entre le rock psychedelique pour le 1er album (mais Janis n'est pas présente sur chaque morceau) et le blues rock pour le 2e où, comme par hasard elle chante tout. On voit clairement qu'elle pousse le groupe dans le style qui lui sied le mieux. Elle devient leader à tous niveaux.
Mais bon, comme on l'a vu plus haut, le groupe peine un peu derrière, alors Janis va fonder son propre groupe, tout en gardant avec elle, le meilleur des zicos des Big Brother.

Ce groupe, ce sera The Kozmic Blues Band et là, ça joue grave comme on dit. La formation, doté d'une session cuivre, est très influencée par la soul sudiste et énergique. Evident, c'est avec eux qu'elle enregistra son album la plus groovy, le bien nommé I Got Dem Ol' Kozmic Blues Again Mama! dans lequel on retrouvera l'excellent "Try (Just a Little Bit Harder)". Et c'est donc avec ce groupe qu'on verra sa célèbre prestation à Woodstock. Ambiance blues soul totalement débridée.
Mais Janis n'est jamais satisfaite - d'une manière générale d'ailleurs - et après une petit break, elle va monter un nouveau groupe, le dernier mais qui semblait être le bon, le Full tilt Boogie Band. Cette fois, on abandonne les cuivres, l'aspect Stax records et retourne aux fondamentaux, le blues. L'album, Pearl, sortira 4 mois après la mort de Janis et restera son enregistrement le plus calme et le plus serein (et la plus vendu) grâce à des titres comme "Me and Bobby McGee" ou "Mercedes Benz" - même si "Move Over" et "Get It While You Can" épicent un peu l'album. Bien-sûr, personne ne sait à quoi il aurait ressemblé si elle avait pu le finir, mais il y a quand même une certaine homogénéité sûrement due d'ailleurs au rapport entre ce groupe restreint et elle. C'est intime. Et c'est sûrement l'album où vocalement, elle nous montre tous ses talents ; de la hargne à la tendresse, de la douceur à l'hystérie tout y passe et avec talent.