vendredi 24 septembre 2010

L'enfer des zombies

Un navire accoste au port de New York sans âme qui vive, à l'exception d'un zombie qui attaque deux gardes côtes. La fille du propriétaire du bateau interroge les policiers présents sur la scène du crime afin d'obtenir des informations sur son père, qui se trouvait aux Antilles. Avec l'aide du journaliste Peter West, ils décident d'aller enquêter sur place. Ils se rendent sur l'île de Matu avec deux américains, et y rencontrent le docteur David Menard, qui tente d'inventer un remède contre une maladie qui ramène les morts à la vie, les changeant en zombies cannibales.



Un film de zombies ? Alors, spéciale dédicace à Jen, la moitié d'Emi (ouais, j'me la joue animateur radio pour djeuns. M'enfin, pour une fois que j'sais que quelqu'un me lit, j'en profite)

Première véritable incursion de Fulci dans l'univers de l'horreur pure, L'Enfer des Zombies (aka Zombie 2), a tout du film de commande. Beaucoup plus terre à terre que ses opus suivants, ce film suit de manière très linéaire un scenario qui tient bien la route pour ce type de production, sans jamais perdre le spectateur. De même, fait remarquable, les acteurs sont corrects (voire même bons comme le docteur par exemple) - notons toutefois que le budget est bien plus conséquent que ce que Fulci parviendra à obtenir par la suite, ceci expliquant sans doute cela. Bref, les anti-Fulci mais fans d'horreur devraient donc sans mal adhérer à ce volet - s'ils ne le connaissent pas déjà bien-sûr - qui est, de toute façon, l'un des films piliers de toute bonne cinémathèque zombiesque.
Notons au préalable, qu'une des raisons de la réussite du film est sans doute que ce soit justement un film de commande (avec ses codes, ses ficelles, son cadre défini...) alors que paradoxalement, la qualité des 3 suivants sera due en partie au fait qu'ils ne le soient pas. Bien-sûr, on restera toujours dans le film d'exploitation fauché avec son lot d'erreurs diverses et son exhibitionnisme un peu racoleur, mais ces films gagneront en identité là où L'Enfer des Zombies ne restera au fond qu'une suite/prequel d'excellente facture au chef d'œuvre de Romero.
Bien-sûr, on reconnaît Fulci, là n'est pas la question ; son souci du cadre, des plans, son goût pour une morbidité ultra descriptive, la bande son toujours classieuse de Frizzi, la figure pourrissante du zombie à l'italienne et évidemment son pessimisme global. De même, les nombreuses scènes chocs filmées lentement sont clairement marquées par la patte du maestro. Ceci-dit, ici nous serons très rarement en présence de la poésie macabre qui est l'un des principaux atouts de Fulci, au profit d'un action-movie zombiesque au rythme soutenu - à part l'arrivée sur l'île un peu molle du genou et encore... Bref, une fois de plus, on est face au paradoxe : moins de poésie et d'onirisme, mais une structure narrative réussie qui laisse donc peu de place aux chutes de rythme qui plombent parfois ses films. Moins d'identité mais indéniablement plus d'efficacité.
Bref, voilà un film d'horreur qui, s'il manque donc clairement de personnalité, reste assez jubilatoire, bien maîtrisé et doté de plusieurs scènes cultes mémorables (et je ne parle pas des américains qui parlent italien, ça on a l'habitude) !

3 commentaires:

Jane a dit…

*Jen est contente d'avoir une dédicace* :)

émi. a dit…

Je confirme elle est toute fière ! ^^

Emi

Lou Read a dit…

Jenn est fière.
Une prononciation qui laisse à désirer ! :)