mardi 7 septembre 2010

Tire encore si tu peux

Django (pour l'exportation anglaise car il n'a pas de nom en vrai), un métis, est laissé pour mort par ses complices qui ont refusé de partager avec lui l'or qu'ils avaient volé après avoir massacré un peloton de militaires. Soigné par deux indiens, il court après sa vengeance, mais les habitants du village où ses complices sont arrivés leur ont déjà réglé leur compte. Qu'est devenu l'or ? C'est ce qui intéresse Sorro, petit potentat local dont l'armée privée est composée de chemises noires homosexuelles quelque peu sadomasochistes...


Un pistolero zombie ? Oui contre tout attente, c'est possible en 67.
Western fort étrange ; sans doute le spaghetti le plus bizarre qu'il m'ait été donné de voir - et j'en ai vu un paquet. Il y a une forte influence baroque et parfois fantastique dans la production italienne comme on peut le voir dans Django (et ses - fausses - suites) ou aussi dans Keoma, mais jusque là, tout était fait par petites touches ; des brumes sordides, des personnages secondaires fantomatiques, une morbidité assumée et des cadavres volant au ralenti en pagaille.
Ici, dès le démarrage, la cadre du western italien est bousculé. D'abord on voit deux indiens - fait rare dans les spag - qui farfouillent le sol, découvrent des restes de vêtements et parallèlement à coup de cuts brutaux - effet fort présent pendant tout le métrage - on découvre un Tomas Milian sortant de terre, blanc de sable/poussière. Les indiens le sauvent (?), pendant qu'un flash back nous montre la joyeuse exécution responsable de la mort du héros. Alors qu'il recouvre le vie, les indiens font clairement comprendre qu'ils vont l'aider à accomplir sa vengeance s'il leur explique comment est l'au delà. Pas de doute possible, ce mec est bien mort. S'ensuit une lente vengeance quelque peu avortée car ses tueurs sont déjà morts quand il les trouvent (tuerie peckinpesque au possible d'ailleurs).
Ovni donc. Film de vengeance sans vengeance où le héros va tout faire pour enterrer ses ennemis car, dixit les indiens, maintenant qu'ils sont morts, ce sont ses frères - énorme ! Parallèlement, film typiquement leonien des débuts avec 2 "gangs" qui s'affrontent pendant que le héros fait des aller/retours de l'un à l'autre. Et puis mélange de genre incroyable avec des scènes gores (scalp, or qui fond sur la tête d'un homme, balles qu'on retire avec les doigts), des scènes fantastiques avec une profanation de cimetière bourrine en pleine nuit, une femme présumée folle qu'on croirait sorti d'un giallo.... Et puis ce gang dont l'homosexualité virile est à peine voilée.
Un bon western à voir donc malgré quelques défauts dommageables qui empêchent le film d'être un classique - sinon historiquement avec son interdiction aux mineurs ainsi que le fait qu'il fut retiré des cinéma au bout de 3 jours. Peut-être y a-t-il trop de choses dans ce film, peut-être est-il trop long... Le rythme est parfois bancal...Allez savoir. Toujours est-il que certains mystères tombent à plat alors que des scènes sont tout bonnement géniales.
Tomas Milian dans un de ses 1ers rôles notables est étonnant de sobriété, mais bourré de charme !

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