Un programme télé sur les déviances et la drogue est animé par un psychiatre et d'autres invités dont Marins lui-même. Après quelques démonstrations prouvant le pouvoir de la drogue sur les victimes, le psychiatre présente une expérience qu'il a effectué sur 4 patients sous LSD...
Attention : gros gros délire psychédélique, vous voilà prévenus ! Dans ses précédentes œuvres, on avait déjà senti le goût de Marins pour les scènes hallucinatoires et l'expérimental. Cette fois, il va au bout du processus. Démarrant comme une sorte de documentaire sociologique, le film se présente sous une suites de scénettes érotico-déviantes plus ou moins réussies - le concours d'arrachage de culotte avec les dents par un groupe de musiciens défoncés est assez excellente dans son genre - séparées par les interventions obscures et discutables des "spécialistes". Le tout dure un heure et honnêtement, on s'y ennuie beaucoup car, entre des scènes au montage approximatif et un discours un peu paternaliste et réac étonnant de la part du cinéaste, on se demande un peu ce qu'on fait devant ce film, et l'envie d'arrêter nous prend souvent. Mais tout cela s'avère être une vaste blague, prétexte à présenter une fin tout bonnement délirante.
Utilisant le même procédé que pour Cette nuit je m'incarnerai dans ton cadavre, Marins fais passer le film en couleur, parfois monochromique - prise de LSD oblige - et s'en suit une demie heure narcissico-psychédélique, sans parole ou presque, rythmée par une bande son extrêmement travaillée, intégrant de fait le métrage dans la production arty-flower power de l'époque. Si aujourd'hui, cette longue séquence peut paraître déconcertante (voire même vieillotte), d'autant plus lorsqu'on la regarde sobre, on reste fasciné par une mise en scène totalement barrée qui s'assume comme tel. C'est beau tant c'est libre.
On le sait, ce film fit couler beaucoup d'encre au Brésil et fut interdit de nombreuses années. Ça fera sans doute sourire le spectateur contemporain, mais force est de constater que le propos final reste subversif (peut-être même plus encore) ; la drogue n'est pas responsable des actes/pensées malsain(e)s et, si elle les révèle, ce n'est que parce que c'est dans la nature profonde de l'individu. Bref, prenez des drogues, c'est cool !
Ouf, on a eu peur pendant une heure, mais en fait, l'immoralité est sauve !

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