Un ex-détective devenu proxénète voit ses "filles" disparaître les unes après les autres. Pensant s'être fait duper par celles-ci, il fini par conclure qu'elles sont en fait enlevées et vendues par le même homme. Envoyant l'une de ses prostituées comme appât, il espère pouvoir trouver le logement du coupable et récupérer ainsi l'argent perdu. Mais l'homme ne vend pas les filles, il les tue...
Polar coréen d'une noirceur rarement égalée, ce Chaser confirme ce que Memories of Murder avait déjà suggéré avec talent quelques années avant, à savoir que la Corée a son mot à dire - et quel mot ! - en matière de thriller.
1er essai du jeune Na Hong-Jin (qui depuis a récidivé avec The Murderer), ce film est pourtant maîtrisé de bout en bout, que ce soit dans la gestion du temps (le suspens est juste insoutenable), de l'espace (les divers courses poursuites dans les ruelles de Séoul sont parfaites), ou du casting porté par 2 acteurs époustouflants, en particulier l'anti-héros campé par Kim Yun-Seok, jusque dans sa violence brute et crue qui nous enfonce au siège à coup de burin. C'est éminemment glauque, pessimiste (ça pourrait être écrit par un Lehane), et présente encore une fois une image bien peu reluisante de la police coréenne - et asiatique à fortiori.
Bref, c'est un chef d'œuvre du genre qui s'impose à nous comme une évidence et qui marquera sans aucun doute le spectateur.

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