samedi 13 octobre 2012

Lady Snowblood

de Kazuo Koike (scénario) et Kazuo Kamimura (dessin), éd. Kana

Vers 1870 (ère Meiji), le Japon institue ce qui sera considéré comme l'"impôt sur la mort", à savoir le conscription de tous les hommes valides pour créer une armée puissante. Face à la rébellion généralisée, les autorités japonaises envoient dans les villages des recruteurs habillés en blanc. C'est dans ce contexte que le mari et le fils de Sayo sont assassinés et la jeune femme emprisonnée. Par vengeance, elle décide de concevoir et de donner naissance à un enfant qui sera l'instrument de sa vengeance. Malheureusement, elle meurt en couches en donnant la vie à une fille : Yuki. Eduquée par un grand maître du sabre, elle suivra sa destinée et deviendra Lady Snowblood, au charme aussi dangereux que son sabre.




"Je suis venu vous présenter Lady Snowblood. Mais je ne sais pas trop par où commencer." Jean-Pierre Dionnet, préface.
1- Commencer par la préface ! A ne pas rater, elle est extrêmement complète pour tout savoir sur l'Histoire, sur Meiko Kaji, sur les adaptions ciné, sur les auteurs, etc.

2- Yuki, un des plus beaux prénoms japonais (et je n'y connais rien en prénom japonais), signifie neige. Lady Snowblood est un jeu de mot avec Blanche neige, le titre original étant : Shirayuki-hime  littéralement Princesse Blanche neige. Le jeu de mot étant sur shira voulant dire blanc, proche de shura qui signifie carnage.

3- Yuki est un des plus beaux personnages féminins de la littérature (non je ne pèse pas mes mots). La grâce et la froideur mêlée d'une insensibilité déconcertante. Délicate, sensuelle, effrayante. Elle n'est pas, elle ne fait qu'exécuter ce pour quoi elle a été conçue.

4- La vengeance est un plat qui se mange froid. Un des plus beau récit de cette longue tradition japonaise.

5- A ne pas mettre entre toutes les mains : violence et érotisme sont de mises (publié d'abord en feuilleton dans Playboy, bon dans les années 70...). Mais ce n'est jamais vulgaire. Il y a ni morale, ni innocence dans ce manga, tout n'est que perversion et manipulation.

6- Le trait de Kazuo Kamimura est épuré, simple, mais d'une élégance rare. Son talent est à son paroxysme dans les scènes de sabre, il réussit à retranscrire la dynamique et la grâce des mouvements de cet art.

7- L'ère Meiji est une période phare de l'histoire japonaise. Le Japon commence à ouvrir ses portes sur l'Occident, l'ancien système des classes est détruit. C'est la fin des samouraïs, le début du capitalisme. Kazuo Koike donne une trame extrêmement documentée à son histoire. Entre tradition et modernité.

8- L'histoire qui a inspiré Kill Bill (private joke).

9- Et surtout, après ça, ou avant, n'importe, mais voir absolument l'adaptation avec Meiko Kaji qui incarne magnifiquement Yuki.

10- Et si vous n'aimez pas la vengeance au féminin, elle existe au masculin.



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