Après Django (et dans une moindre mesure, Le temps du Massacre de Fulci), Franco Nero est devenu une star du western italien. En alternance avec des films plus sérieux il va se tourner vers le western "léger" qui préfigure le western burlesque qui attend un autre blond aux yeux bleus pour débarquer. Toutefois, l'époque n'est pas encore à la farce donc les 2 premiers volets, réalisés par le "grand" Corbucci, de ce que j'appelle la trilogie zapatiste alterneront la violence graphique, l'anarchisme pur et la comédie. Le 3e volet cependant, réalisé par un tâcheron de cinéma italien sera par contre totalement humoristique - Terence Hill étant passé par là avec le succès que l'on sait - et pas franchement génial.
Je parle donc évidemment d'El Mercenario (1968), de Campaneros (1970) et de Viva la Muerte Tua ! (1971).
Quel est le lien entre ces 3 films ?
-Franco Nero qui joue respectivement un polonais, un suédois et un prince russe.
-Un arrière plan politique mexicain
-Un duo formé d'un plouc mexicain attiré par le fric qui devient révolutionnaire engagé et d'un étranger attiré par le fric qui devient solidaire à la fin ou pas !
Face à ces films, nous sommes réellement devant la classe Nero qui cabotine avec des sentences assassines, s'habille de manière incongru et joue de la mitrailleuse comme s'il avait joué dans Django - ce qui, coup de bol est le cas ! Évidemment, à chaque fois, on a soigné le casting qui accompagne ; Toni Musante, Jack Palance, Tomas Milian ou Eli Wallach.
Alors bien-sûr, on ne s'étonnera pas que le scénario est à peu de choses près le même entre les 3 films (en particulier les 2 premiers qui s'avèrent être peu ou prou l'original et le remake), à savoir un peon cabotinant qui accompagne un étranger malin à la recherche d'un trésor servant à la fois pour aider une révolution et payer le fameux étranger. Pourquoi donc perdre son temps à regarder 3 films identiques ?
D'abord pour le plaisir pur qu'ils procurent. Ces métrages sont de vrais petites perles jubilatoires italiennes où ça cabotine à coup de phrases qui tuent et ça dézingue une armée entière avec une balle. Bref, tout ce que l'on demande. En plus, chaque film apporte ce que l'autre n'a pas.
El Mercenario est plus classe (Nero ne sera d'ailleurs jamais aussi bien habillé), plus nuancé, son discours politique tient bien la route et comme c'est le 1er, on a l'effet de la surprise. Campaneros, en bon second, saura mélanger la grâce du 1er et la bonne humeur du 3e avec en prime un Tomas Milian parfait et une chanson made in Morricone jouissive (mon préféré). Viva la Muerte... tua, lui, c'est un peu le bonus. Il est clairement moins bien et too much, mais nous permet de nous vautrer joyeusement dans la gaudriole tout en s'amusant à nous faire dire régulièrement : "Ah, ce Franco Nero !" ou encore "Et mais c'est la même chose que dans Le bon la brute et le truand, non ?" etc...
Qu'attendez-vous donc pour vous procurez et regardez ces films sans prétention qui suintent le spaghetti jusque dans la couverture de ses dvd ?
