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samedi 27 novembre 2010

Blindman

Un pistolero aveugle (sic) a un contrat pour amener 50 femmes (re sic) au Texas. Domingo, mexicain barbu et frère d'un batteur anglais (re re sic), lui les fauche afin d'alimenter le bordel de sa sœur qui sent bon la sueur et la testostérone.






On le sait, le western spaghetti a aussi produit pas mal de purges. Ce film, contrairement à sa réputation n'en est pas une, bien qu'il suinte par tous les pores le bis et l'exploitation à bout de course.
On est en 71, et bien que le western italien a encore quelques années devant lui, peu d'œuvres notables du genre apparaîtront dans cette décennie pattes d'eph'. Il n'empêche, il est encore tôt et même si l'ère des western fayots et polars ritals arrive à grand pas, de sympathiques films de cow-boys décomplexés vont encore poindre, et Blindman en est.
Partant d'un postulat totalement ahurissant qui donne l'impression qu'on a vraiment fait le tour de la question - non mais sérieusement, un pistolero aveugle - et qui reflète bien finalement le genre spag', à savoir "on tient une idée, brodons autour", ce film ne sait jamais trop jusqu'où aller.
Le ton général est assez second degré - heureusement - mais est rarement drôle volontairement ; plusieurs fois, Blindman, héros qui a tout prit à Renaud Séchan, nous sort avec un œil complice quelques blagounettes très nazes et certaines situations comiques frisent le cinéma franchouillard gaulois. Cela a sans doute fortement contribué à sa mauvaise réputation - ajouté à cela la présence de Ringo Starr qui accumule les bisseries à l'époque ça n'arrange rien (bien qu'il ne soit pas plus mauvais que la moyenne et qu'il est de tout façon doublé en italien).

Pourtant, ce serait malhonnête de ma part de dire que l'idée du pistolero aveugle ne m'a pas fait hurler de rire, de même que la longue intro où, sur son cheval, notre héros aux yeux fatigués fait des tours de patelin montrant clairement qu'il ne sait pas où il va. Ainsi, lorsque le film exploite la cécité du héros, il fonctionne plutôt bien ; c'est au cheval qu'on donne les directions à suivre, en pleine bagarre finale, Blindman se vautre dans les escaliers (ça a l'air d'ailleurs très vrai et naturel sinon ce serait pas drôle), Ringo demande qui a tué ses copains et l'autre lui répond qu'il n'a rien vu, ou encore à la fin, il croit avoir gagné alors qu'un général mexicain se barre avec les nanas etc... De même, le héros à beau être un pistolero hors pair - il a une sacré ouïe - il se balade toujours en tenant quelqu'un ou la queue de son cheval pour pas se paumer ou se manger un mur.
C'est con, mais je suis assez client...
Pis y a un truc hallucinant qu'il serait criminel de ne pas révéler au grand jour, c'est les sous-fifres du vilain barbu ; habillés et coiffés en un mix post-nuke / post-rambo, il faut bien admettre qu'ils sont sacrément en avance sur leur temps. La mauvaise foi nous inciterait presque à dire qu'on tient là une putain d'innovation méconnue et qu'il est temps de réhabiliter ce film...
Reste qu'honnêtement, c'est trop long pour un western humoristique, que le héros a le charisme d'une huître normande et que sans les apparitions de 50 paires de seins et de fesses, et d'une armée mexicaine flinguée à la mitrailleuse de circonstance, on s'ennuie un peu.
M'enfin, ça reste honnête dans la démarche et assez absurde
dans l'idée (ou con selon votre humeur) pour qu'on se réjouisse d'être témoin d'un pareil film.