Trois histoires, trois âges, trois hommes. Le grand-père, le père et le fils. L'un est officier, l'autre un sportif de premier plan et le dernier un maître dans l'art de la taxidermie. L'un court après le sexe, l'autre après le succès et le troisième après l'immortalité.
Film provocateur et dérangeant sur la chair, Taxidermie est aussi une parabole corrosive de la famille et d'un siècle. Trois générations en quête de reconnaissance, chacune avec ses repères et ses possibles qui se répondent indubitablement. Alors que le 1er est rejeté, humilié, c'est un être fidèle et travailleur, sous le joug d'une autorité qu'il accepte et reflète bien à sa manière une mentalité des années 30. Le second est typique des années 50, indépendant, volontaire et surtout confiant d'un avenir brillant qu'il aura mérité par la force du poignée (ou du gosier en ce qui le concerne). Le dernier, symbolise la révolte, depuis son physique aux antipodes de celui de son géniteur, jusqu'à son métier consistant au fond, à créer un souvenir d'une époque passée, révolue. Il la rejette donc sans toutefois comprendre les codes de la sienne et se retrouve, d'une certaine manière dans la position de frustration de son grand-père. il arrivera cependant, de façon bien ironique à devenir un artiste du futur dans son traitement radical des chairs passées.
Extrêmement noir, visuellement magnifique tout en étant assez démonstratif et choquant - particulièrement dans ses deux derniers segments - parfois drôle, Taxidermie est assez représentatif d'un certain cinéma de l'est profondément marqué par son histoire ; regard ironique et pourtant tendre de ses contemporains et ton volontairement dérangeant.
C'est fort, c'est hongrois.
