Affichage des articles dont le libellé est John Erick Dowdle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Erick Dowdle. Afficher tous les articles

dimanche 5 février 2012

The Poughkeepsie Tapes

La police a trouvé l'antre d'un tueur, des cadavres enterrés dans les jardins et... plusieurs centaines de vidéos mettant en scène ses tueries. Des spécialistes, enquêteurs, profilers et proches des évènements témoignent...



 

Attention, voilà un film qui peut s'avérer vraiment flippant et perturbant. Par contre, rien à voir avec un film d'horreur classique, donc même les aficionados du genre pourraient se sentir mal à l'aise après le visionnage. A réserver à un public averti donc !

The Poughkeepsie Tapes fonctionne donc sur le principe du documentaire - j'en vois déjà qui font la grimace - mais attention, on est ni dans Blair Witch, ni dans Cannibal Holocaust ou Rec, mais totalement dans le documentaire, et en particulier le documentaire type criminologie ; témoignages d'enquêteurs, de victimes, de spécialistes, compte-rendu de procès, balistique... Et on a beau savoir que c'est une fiction - et donc un documenteur - les habitués de ce type de reportage vont devoir régulièrement se le rappeler au risque de flipper grave.
A cela s'ajoute toutefois une partie plus fictionnelle (et pourtant diablement réaliste et efficace) où l'on nous présente quelques extraits des fameuses tapes que le tueur a trouvé bon de tourner pendant ses méfaits. Là, on est plus dans le terrain désormais connu du snuff like ; mal filmé, volontairement amateurisant et granuleux. Les actes commis sont évidemment horribles mais pour autant, relativement pudiques (souvent hors-champ) et privilégiant la complémentarité avec les interviews très bien montées en parallèle. Le procédé snuff un peu redondant aujourd'hui - et pas forcément nécessaire qui plus est - est donc très bien géré en évitant entre autres le gore qui tâche et autres effets chocs (voire même assume des moments d'inaction relativement longs, limite chiants mais du coup plus crédibles).

Crédible. Voilà le mot d'ordre du film et, si j'ose dire, la condition de base à la réussite du métrage. Car le parti-pris documentaire ne peut fonctionner que si on y croit (plus encore qu'une fiction assumée) et là, force est d'admettre que le réalisateur a obéit aux cahiers des charges de ce type de doc avec maestria. Résultat : ça fonctionne parfaitement ! On est littéralement pris par l'enquête, déstabilisé par le "talent" du tueur, démoralisé par les témoignages, etc... De plus, les différents protagonistes interviewés sont à 90% comme "les vrais", à savoir oscillant entre la gêne occasionnée par le fait d'être interviewé et le soucis d'être intéressant, précis...
Mais où est la peur alors ? Et bien celle-ci s'installe gentiment au fur et à mesure des témoignages, renforcée par les scénettes du tueur froidement réalisées. D'ailleurs c'est plus le malaise que la peur qui est ici présent même si, de façon discrète, certains passages s'avèrent véritablement terrifiants et inattendus comme le témoignage d'une des victimes dont on se souviendra longtemps.
Parfaite réussite donc qui, cela étant, est trop construit autour de sa forme pour devenir incontournable. En tout cas, ce tueur next door n'est pas prêt de vous laisser insensible...