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dimanche 17 juin 2012

United Red Army

En 72, cinq jeunes étudiants de l'Armée Rouge Unifiée et recherchés par la police prennent en otage une aubergiste. La télévision suivra cet évènement en direct pendant 10 jours. Pour mieux le comprendre, Wakamatsu revient sur le passé du groupuscule.







Koji Wakamatsu doit sa renommée à une époque, les 70's, et à genre bien précis, le Pinku (genre érotique japonais où torture et soumission font bon ménage).
Pour autant, il fit toujours avec ses films coquins un parallèle politique assez net, le dominant et la dominée symbolisant souvent le pouvoir et le peuple.
Depuis son come back à la fin des 90's, Wakamatsu semble délaisser le film de genre pur pour un cinéma plus universel et cette fois clairement engagé. A ce titre, United Red Army marque nettement la volonté du cinéaste d'aller plus en profondeur dans son sujet.
Ce film est d'autant plus important et intéressant que Wakamatsu fut un "sympathisant" de la cause de ces jeunes révolutionnaires mais offre volontairement un film objectif, sans aucun parti pris. United Red Army se présente donc comme un instantané de ce mouvement, comme un témoignage fleuve d'un évènement.
Cet aspect est visible dès la première partie du film, mélangeant allègrement extraits documentaires de l'époque et reconstitution de certaines scènes clefs, dont les réunions entre les jeunes membres révolutionnaires. Si on est un peu perdu - et on le sera aussi pendant la deuxième partie du film - entre les nombreux personnages, on ne peut qu'être impressionné par ce choix de faire disparaître la fiction et de coller, au plus près, à une réalité sans omettre quiconque, quand bien même la personne mourrait cinq minutes après - c'est d'ailleurs à ce niveau-là que l'on peut voir le respect du cinéaste pour ces activistes.
La deuxième partie est centrée sur l'entraînement physique (mais pas que) des personnages et sur les dérives funestes de ce désir de perfection révolutionnaire qui oblige tout le monde à s'auto-critiquer continuellement. Si le résultat s'avère fort répétitif, l'effet n'en est que plus efficient et véritablement sans concession. Qui plus est, son traitement dans la durée montre bien cet engrenage et la folie ambiante qui émane de l'enfermement d'un groupe. Le spectateur quant à lui, devra s'accrocher.
Enfin, vient le final et la fameuse prise d'otage qui était, je le rappelle, le sujet du film. Plus expéditive, cette dernière séquence a le mérite de mettre les personnages face à leur entraînement mais aussi face à leur contradiction. Surtout, l'explosion de violence visuelle s'avère salutaire et, il faut bien l'admettre, tant attendue.

Si le métrage est parfaitement réussi, passionnant et assurément à promouvoir, difficile pour autant de le qualifier de "coup de coeur", l'expérience étant ma foi, assez douloureuse.
En revanche, voilà une oeuvre qu'il faut voir et qui a le mérite d'exister (à défaut d'être connue) !
Assurément.