Affichage des articles dont le libellé est Lou Reed. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lou Reed. Afficher tous les articles

mardi 26 juin 2012

Lou Reed par Lou Read #2

Lundi 25 Juin, 21h30...
Il arrive, traînant légèrement les pieds comme le septuagénaire qu'il est devenu, faute au temps, cet enculé increvable. Il arbore un trop long marcel noir aux larges échancrures qui évoque sans mal ses concerts de 74, son rock'n'roll heart toujours bien là, mais se mange les joues. Souvent. L'image d’Épinal se mêle à l'hospice, la fougue aux grabataires. Hard.
Plus qu'un symbole ou un mythe, c'est un survivant.
Il porte la bataille de sa vie dans chacun de ses mouvements, dans son visage, dans sa voix bien sûr. Comme toujours.
Mais ce soir alors ?

Ce soir, c'est magique. Ça ne pouvait être autrement. Je suis là, il est là. Notre rencontre se devait d'être un moment mémorable.
C'était écrit.
Lou Reed, d'autant plus aujourd'hui, c'est un diesel. Il lui faut un p'tit moment pour vraiment démarrer. Pour autant, il lance la rencontre avec "Brandenburg Gate", un titre de Lulu, son dernier disque avec Metallica. Un titre qu'il fait tourner depuis plus d'un an. Rodé tout en étant puissant, ça lui permet de s'lancer tranquillement. Idem pour le public, peu au fait avec ce récent album. Ça passe bien. Très bien même au point que l'auditeur curieux se jettera sans doute sur l'écoute assidue du-dit album, le concert passé.
S'en suit la première claque, le premier instant béni. "Heroin". Bon, vous allez m'dire que c'était couru d'avance, mais que celle-ci soit aussi réussie, aussi proche de ce que la chanson suggère, aussi dantesque, n'était pas forcément gagné. Il en fait une version épique - l'un des maîtres-mots de la soirée d'ailleurs - et nous, pauvres mortels, le trip, on le vit en direct.
Fort de ce revival du Velvet, on nous balance sans aucune respiration un "Waiting for my man" aussi bordélique que joyeusement festif. Les réglages et le côté "burnes en avant" nous empêchent un peu d'apprécier les nuances de chaque instrument, mais c'est "Waiting for my man" et on a la banane quand même. D'ailleurs, tant qu'on est dans l'humeur, voilà que déboule encore une fois sans pause un "Senselessly Cruel" des familles. Efficace. En roue libre. Bon, on l'oubliera vite mais sur le moment, c'était cool.
Ferré, le public est capable de tout prendre en pleine face et Lou Reed le sait. C'est le moment de revenir à l'actualité en nous proposant le passage le plus difficile de la set-list, à savoir deux titres à la suite issus de Lulu, et pas les plus simples, ni les moins bourrins, "The View" et "Mistress Dread". On le savait, on l'attendait, on l’appréhendait un peu aussi.
Même pas peur.
Enfin un peu quand même.
Pourtant le tout passe très bien, même l'indigeste "Mistress Dread" et tout ça grâce à un truc évident : Lou Reed assure parfaitement sur ses derniers titres, les assume, y croit, les fait vivre. Il nous aurait refilé de la musique d'ascenseur dans le même état d'esprit qu'on aurait été dedans. Et puis, c'est aussi ça Lou Reed, un bruitiste qui ne crache pas sur les expérimentations risquées. Pari réussi, le passage le plus culotté, le potentiellement pire - et pas tant que ça donc - est passé.

A ce stade du concert, après la sueur, il faut de la grâce. Et c'est justement là qu'arrive le deuxième moment de pure magie avec un "Street Hassle", pas seulement beau, mais magnifique. Hyper fidèle à l'original tout en étant portée par le live, c'est sans doute la chanson qui va asseoir tout le monde. D'ailleurs le silence est de mise et, à la fin, on peine à sortir de la magie de l'instant. On en attendait pas tant. Merci. Le concert pouvait s'arrêter là qu'on aurait eu notre compte.
Mais non, pour prolonger ce moment, il enchaîne brillamment sur l'intime et très beau "Cremation" puis, à la manière d'une blague, envoie un "Think it over" suave et sucré à souhait.
Back to the roots, c'est l'heure du moment tant attendue avec l'incontournable "Walk on the wild side" fort sympathique sans être pour autant brillant et un très chouette "Sad Song" malheureusement quelque peu gâché par des chœurs peu inspirés. Là encore, le Lou aurait pu s'arrêter là mais il aurait manqué un truc.

Les aficionados du maestro savent que le 'sieur fut un temps une bête de scène et en particulier avec la chanson "Kicks", la preuve en image, où il scandait ses paroles, bourré de gestuels saccadés. Ce Lou Reed existe toujours, et c'est avec le superbe et récent "Junior Dad" - du l'album Lulu encore - qu'il envoie une chorégraphie de type Tai-Chi épileptique inspirée et hallucinée. C'était le 3e grand moment et, force est d'admettre qu'on ne s'y attendait pas. Incroyable. Inespéré. Wahou, le papi a encore des trucs à nous dire.

C'est l'heure du rappel et des évidences. Deux titres du Velvet. Le trop méconnu "Beginning to see the light" et le tubesque "Sweet Jane". Loin d'être des monuments ce soir là, ils finissent toutefois d'emballer tout le monde. Mais à l'heure des comptes, on le sait, le concert s'est joué ailleurs, globalement loin de ses plus grands succès.
Et c'est tant mieux.

Quant à moi, du haut de mes 30 printemps, ben, j'suis épuisé. Mais pas que.
Sur un nuage, je suis "just like Jesus son".

jeudi 16 février 2012

Lou Reed par Lou Read

Putain de pluie de merde. J'trottine comme un crétin, zigzaguant dans les ruelles - faudrait pas marcher du mauvais côté d'la route hein ! - mes 'tiags élimées, les épaules remontées jusqu'à mes oreilles. Fais chier tiens, ça mouille tellement que mon cuir est en train de rétrécir en direct : flippant ! C'est la 3e clope que j'm'allume à la suite et y a toujours une putain de goutte énorme qui vient poser son gros cul pile poil au milieu. Juste pour m'faire chier, ça c'est sûr.

J'me pose devant un café. Pas question qu'je rentre, j'ai pas un rond, pis j'suis en bisbille avec le patron depuis qu'j'ai pissé sur ses grolles un soir de biture. Aucun humour le gonz'. Reste que j'me gèle les couilles là, juste en dessous du haut-vent en tissu à carreaux qui déborde. C'est même pas tant qu'ça déborde, en fait ça dégueule comme ce putain de quartier qui rejette tous les jours ses détritus, ses putes et ses camés.
Mais au moins j'suis à peu près au sec. J'mets des kicks au vent qui m'provoque avec sa soufflerie à la con et des coups de talons sur la porte. La porte, c'est pour le plaisir : j'suis un vicieux. Oh yeah.

J'en profite pour me remettre un tournée de clopes que j'arrive à fumer cette fois jusqu'au bout. J'broie l'paquet qu'a prit l'eau et du coup, c'est comme s'il me jouissait sur la main ce con. Y a même le son qui accompagne. Pfgfgerrrs.... Plutôt marrant en fait ; did it come now ? Héhé...
Mais j'm'interroge quand même. Qu'est-ce que j'fous là ? J'attends quoi ? My man ? My sugar plum fairy ? Pourtant j'suis clean comme un moutard qui chialerait sa mère devant un couple de toxico morts.

Merde, j'suis un cliché ambulant. Manquerait plus que j'sorte mes lunettes noires alors qu'on voit pas la queue d'un travelo à 1 mètre. Pathétique. On pourrait aussi me retrouver dans l'coffre d'une bagnole, violé à mort, bourré à la meth jusqu'aux yeux, comme Sally. Ça ils aimeraient, Wououou, oh oui, ils aimeraient, les enculés.
"Loulou est mort ! Une mort à l'image de sa vie !" Ouais, on fera sonner les bells pour le p'tit Louis, ça lui rappellera les joyeuses séances d'électrochocs.
Connards de journaleux.
D'toute façon, vous me retrouverez pas. J'vous ferez pas ce plaisir.

J'irais m'planquer là où vous avez jamais mis les pieds. "Lou, il parle des bas-fonds comme personne". Et qu'est-ce vous en savez, j'vous y ai jamais vu y m'semble ?! Bref, j'irais m'planquer là bas, libre, et j'dormirais pendant un millier d'années. J'ferais des milliers de rêves et j'vous préparerais le plus beau des come-back, encore meilleur que New York : mes funérailles derrière Metal Machine Music en boucle. Oh putain mec, ce sera un putain d'perfect day. Le pieds. Un putain de majeur tendu à l'humanité, un truc à mon image : humble ! Haha !
J'm'y colle, j'me délecte de vous préparer ça : ma perte sera magique.