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mercredi 6 juin 2012

Moonrise Kingdom : Anderson juste


Les années 60.
En plein été, dans un camp de scouts perdu au milieu d'une petite île, un garçon disparaît.
Au même moment et dans la même île, une jeune adolescente s'enfuit de sa maison.
Les deux se retrouvent. Ils s'aiment depuis un an, conversent régulièrement par courrier et ont savamment programmé leur évasion.
Alors que le jeune couple partage ses premiers moments d'intimité, toute l'île part à sa recherche.

D'abord, pardonnez-moi ce jeu de mots foireux mais je suis fatigué.
Alors que j'écris fougueusement ces lignes, je me rends compte avec effarement, que dis-je, avec consternation, que je n'ai jamais parlé d'un seul film de Wes Anderson dans ce blog.
Cité deux fois en page d'accueil, puis dans le focus sur Coconut Records, et même dans le guide du cinéma indé, aucun article n'est consacré réellement à ce grand bonhomme.
Honte, infamie et tout l'toutim. A croire qu'on fait dans la pose bobo rive gauche... Shame shame shame on you now, dubya !
Promis, je me flagellerai les testicules à l'ortie fraîche dès ce soir et ce, avec vigueur et détermination (quoique si la splendide âme charitable qui partage ma couche veut bien s'en occuper...anyway)

"Je sers la digression et c'est ma joie..."

Cette année donc, en ouverture du Festival de Cannes a été présenté le dernier rejeton de sieur Anderson, le bien nommé Moonrise Kingdom.
Un pur film familial, un conte enfantin où les adultes sont à l'ouest et les enfants, d'une rare maturité. Imaginez un jeune Max Fisher en couple avec la jeune Margot Tenenbaum, de jeunes adultes pas finis à l'instar de ceux de Darjeeling Limited, des plus vieux à l'image des personnages qu'à interprété Bill Muray dans chacun des films d'Anderson. Ajoutez la soif d'aventure de Life Aquatic, les rebondissements de Mr. Fox, de la musique et des looks ringardo-chic comme... tout le temps. Et surtout, mettez de l'amour, du vrai, inédit sous cette forme chez le réalisateur et vous obtenez Moonrise Kingdom.

Que les détracteurs du réalisateur-qui-fétichise-complaisamment-le-rétro se rassurent donc il n'y a aucune raison pour que vous adhériez à son dernier métrage.
Il se pourrait même, d'ailleurs, que vous le trouviez encore plus insupportable (quoique l'émotion ici, est plus aisément palpable, moins factice diront les mauvaises langues).
Et en toute franchise, je m'en tape complètement.
Si j'admets volontiers la maladresse de son 1er film, Bottle Rocket (sympathique mais oubliable), le reste de sa filmographie, Moonrise Kingdom inclus donc, sont des chefs-d’œuvre. Du genre minimalistes et intimistes certes, mais des chefs-d’œuvre quand même. 6 au total si on considère Hôtel Chevalier comme le préambule de Darjeeling Limited.
Je ne suis pas objectif ?
C'est vrai, et alors ? Va-t-on me brûler sur l'autel de la critique cinématographique, en tant que vil et subjectif supporter andersonophile amateur ? Et bien soit... S'il ne doit en rester qu'un, je serais celui-là et je me damnerais encore et encore pour que Wes Anderson m'offre un ralenti sur un fond de musique pop, instants toujours jubilatoires et/ou terriblement émouvants.

Je ne vous cache pas toutefois que depuis le formidable Rushmore, chaque sortie d'un nouveau Anderson crée chez moi ce mélange tout particulier d'attente fébrile et de crainte du ratage. 
Coup de bol, c'est pas encore arrivé !