mercredi 1 décembre 2010

Finis Hominis

Un homme nu est découvert sur une plage. Se promenant dans le plus simple appareil, il va créer quelques surprises et le gens vont commencer à s’intéresser à lui. Toutefois, c’est déguisé et appelé Finis Hominis, qu’il va générer un véritable engouement populaire, réunissant toutes les classes sociales autour de lui. Et si c’était le messie ?




On le sait, Marins n’est pas à une provocation près. Alors qu’il abandonne avec ce film à la fois son alter ego et le genre horrifique pur,  on aurait pu s’attendre à ce qu’il se soit assagit sérieusement - la démarche étant à priori de pouvoir échapper à la censure. Évidemment, on était loin de la vérité !
Construit un peu de la même manière que Ritual dos Sadicos, le film commence autour de plusieurs scénettes souvent drôles dont on perçoit sans problème le plaisir que Marins a pu avoir à les imaginer et à pouvoir mettre en scène les réactions des gens face à un mec qui déambule à poil dans une ville. Petit à petit, alors qu’on commence à voir en Finis Hominis, la némésis de Zé, à travers son combat pour la justice, ses discours sur la vérité, c’est aussi la méfiance qui pointe le bout de son nez. Depuis le temps, Marins nous a habitué a un propos faussement simple et souvent lisible de différentes façons ; qu’est-il en train de nous dire ? 
Ainsi pendant tout le métrage, on va jongler avec des ressentis parfois contradictoires ; l’aveuglement des gens face à ce potentiel messie, sa vision du concret, son acceptation des mœurs légères et bien sûr l’ironique et surprenant final (lui aussi lisible à plusieurs niveaux) nous aiguillent naturellement vers la critique religieuse, tout à fait en accord avec Marins et ses précédents films. Toutefois, force est d’admettre que le propos de Finis Hominis est parfaitement cohérent et plutôt bien vu - d’autant plus qu’il s’accompagne d’actes positifs - or, avec le regard critique cité plus haut, les deux visions se chevauchent un peu difficilement. Pour autant, c’est surtout dans notre façon d’appréhender le métrage que cela pose problème, car au final, les discours qui s’opposent peuvent bien évidemment cohabiter. D’ailleurs, c’est sans doute ce qui fait l’intérêt de l’œuvre pour Marins, à savoir jouer sur deux tableaux ; le second degré évident ne faisant au fond que mettre en évidence le contenu. Rien n’est simple donc et le film nous le fait bien comprendre en mettant dos à dos tout le monde ; on ridiculise les hippies dont les convictions s’effacent vite à la 1ère pièce de monnaie qui passe, on humilie les bourgeois qui n’ont d’émotion que pendant la sodomie. Toutefois, rien n’est vraiment condamné, et l’important est de suivre sa voie.
Bref, malgré une réalisation visuellement plus fauchée qu’avant, signant son virage vers une exploitation plus nette, Finis Hominis est donc une œuvre assez riche où chaque chose que l’on croit percevoir pendant le visionnage risque d’être anéanti au plan suivant. La scène éminemment positive de la montagne est par exemple contrebalancée par le final cinglant - bien qu’il puisse aussi être ironiquement lu comme une critique de l’athéisme (quelqu’un qui est vu comme le messie ne peut qu’être fou). Mais avant tout, Marins nous offre un nouveau personnage charismatique et original - doté d’un accoutrement pour le moins ahurissant - qui va changer le monde et les perceptions... Pour le bien cette fois, même s’il fout - pour notre plus grand plaisir - un joyeux bordel !

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