Jennifer Corvino est la jeune fille d'une star du cinéma. Envoyée par son père dans une pension en Suisse, elle se sent seule et abandonnée, d'autant qu'elle souffre de somnambulisme. Des crises qui une nuit vont la mettre en contact avec le dangereux tueur en série déjà responsable du meurtre de plusieurs jeunes filles dans les environs. Parallèlement, elle se découvre un pouvoir extra-sensoriel lui permettant d'entrer en communication avec les insectes...
A la vision de Ténèbres, on avait déjà noté une baisse de qualité de la part d'Argento qui, par son retour au giallo pur montrait l'impasse dans laquelle il semblait être. 2 ans plus tard, l'impression est peu ou prou la même, à part qu'on est bien plus proche de son diptyque Suspiria / Inferno que des Frissons de L'Angoisse.
Cependant, là où la transgression du genre giallesque - ultra codifié - se ressentait comme parfois bancal ou pas forcément le bienvenu, ici, le choix du fantastique - ne répondant intrinsèquement à aucune règle - se révèle plus judicieux, même si dans les deux cas, ces ersatz souffrent quand même de la comparaison avec leurs aînés.
En l'occurrence, on remarque que les principaux défauts de Phenomena ne sont pas entièrement imputables au réalisateur, contrairement au précédent, et qu'en réalité s'il y a une chose à reprocher à Argento, c'est d'avoir voulu ancrer son film dans son époque (musique / effets spéciaux) car c'est de là que découle le sentiment mitigé que l'on peut avoir au visionnage ; ainsi, l'impression que le film a vieilli saute aux yeux assez rapidement d'autant que le charme rétro est assez absent de la prod 80's.
L'autre défaut important - enfin ça dépend de quel point de vu on se place - déjà présent auparavant, est sans doute la quantité importante d'auto-références qui parsèment le film ; depuis l'arrivée de l'héroïne à la pension (Suspiria nous voilà), aux crimes en plan subjectif (tout Argento et en particulier ses gialli), en passant par le final qui multiplie les citations à Inferno (la scène de "natation" macabre, la descente dans le sous-sol...)
Manque d'originalité ? Oui et non car on a plutôt affaire à la touche d'Argento et de ses fantasmes, rajouté au côté très autobiographique du métrage qui n'hésite pas - et ça c'est un peu dommage - à jouer sur le narcissisme du réalisateur ; père star de cinéma idéalisé par sa progéniture et dont les filles rêvent, séparation des parents dont l'homme a le beau rôle, sa propre femme ayant dans ce film hérité d'un personnage mauvais... Bref, à ce niveau là, il apparaît nettement que ce film est profondément personnel (qui plus est car Argento se produit tout seul pour la 1ère fois) et en cela, on ne peut que se réjouir du spectacle qu'il nous offre, nous permettant de nous rapprocher un peu plus de lui.
Toutefois, malgré un nombre incalculable de références, Phenomena s'avère quand même original ; prolongeant plus que citant des thèmes et des scènes des précédents films, il se révèle être une pièce importante dans l'univers d'Argento ; l'enfance, jusque là suggérée y est développée avec profondeur et justesse, le surnaturel inaccessible et menaçant se révèle une fois n'est pas coutume humain et attirant nous gratifiant par moment de superbes scènes oniriques entre l'héroïne et ses amis insectes.
Évidemment, on peut considérer cela comme une trahison mainstream, privilégiant pour un fois l'attachement du public et c'est là, sans doute que les avis divergent face à ce film.
Idem pour l'aspect horrifique ; la fascination mystérieuse que ses films exerçaient a laissé place à une peur viscérale, plus terre à terre, démonstrative et pourrissante - donc divertissante d'une certaine manière. En cela, le fantastique se confond avec le réel de façon encore plus nette que par le passé.
On ne tranchera pas quant au bienfait de cette étape cinématographique, d'autant que la suite n'ira pas forcément en sa faveur.
Reste qu'on a là un vrai film d'horreur teinté de beaucoup de poésie et si on ajoute à cela un jeu d'acteur très réussi, on peut facilement oublier les fautes de goût d'une époque qui, malheureusement n'en était pas avare.
Pas si bancal que ça donc, ce beau film imparfait possède une identité propre et il s'en est fallu finalement de peu pour qu'il soit une œuvre majeure.
Évidemment, on peut considérer cela comme une trahison mainstream, privilégiant pour un fois l'attachement du public et c'est là, sans doute que les avis divergent face à ce film.
Idem pour l'aspect horrifique ; la fascination mystérieuse que ses films exerçaient a laissé place à une peur viscérale, plus terre à terre, démonstrative et pourrissante - donc divertissante d'une certaine manière. En cela, le fantastique se confond avec le réel de façon encore plus nette que par le passé.
On ne tranchera pas quant au bienfait de cette étape cinématographique, d'autant que la suite n'ira pas forcément en sa faveur.
Reste qu'on a là un vrai film d'horreur teinté de beaucoup de poésie et si on ajoute à cela un jeu d'acteur très réussi, on peut facilement oublier les fautes de goût d'une époque qui, malheureusement n'en était pas avare.
Pas si bancal que ça donc, ce beau film imparfait possède une identité propre et il s'en est fallu finalement de peu pour qu'il soit une œuvre majeure.

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