Oliviero Rouvigny est un écrivain alcoolique sans inspiration qui vit dans le domaine de sa mère, comtesse fraîchement décédée, avec sa femme Irina qu'il humilie quotidiennement et publiquement. Lorsque sa maîtresse est assassinée, il est très vite suspecté, son esprit débauché n'arrangeant rien. Ce meurtre est rapidement suivi par celui de leur servante. Pour éviter la police, ils l'a cachent dans le cellier, tout cela sous le regard de Satan, le maléfique chat noir familial... Au même moment, la nièce d'Oliviero décide de venir passer quelques temps chez eux.
Your Vice[...] est un giallo fort étrange, d'ailleurs il ne l'est que partiellement comme d'habitude chez Martino.
Mélangeant les genres plus que d'accoutumé, sans doute à cause d'un scénario relativement confus mélangeant giallo, polar hitchcockien et fantastique, le métrage est dans sa globalité assez bancal et trop explicatif sur la fin - d'autant plus après une succession importante de twists.
Toutefois, il bénéficie d'atouts non négligeables, d'abord un casting de fou exploité à sa juste mesure - chaque acteur nous présentant une palette assez riche d'émotions et des scènes érotiques diverses. Ensuite, Martino qui est loin d'être un crétin, saisit bien les enjeux du scénario en présentant autant qu'il le peut la dualité des personnages et la confrontation entre le monde moderne et classique, le féminisme et la libération des mœurs contre la machisme et le conservatisme. Enfin, la gestion des lieux ainsi que les mises à mort de circonstance sont comme toujours réussies (bien que celles-ci souffrent régulièrement de l'obscurité). Notons aussi un nihilisme assez prononcé, fait rare chez Martino, bien en adéquation avec la trame.
Cela étant, le métrage se perd souvent entre autres à cause de "l'ambition" du propos qui se marie difficilement avec le rythme du polar ; ainsi, l'arrivée perturbatrice et révélatrice de la nièce, si elle enrichie le discours (et les images !), casse régulièrement l'avancée de l'intrigue. Idem pour la réinterprétation du Chat Noir de Poe qui permet certes à Strindberg de montrer l'étendu de son talent dans un festival de scènes hystériques, mais s'avère bien gratuit lors de la révélation finale, se révélant n'être au fond qu'un outil de plus pour alambiquer l'histoire. Bien sûr, le giallo nécessite une certaine complexité scénaristique bourré de fausses pistes, mais force est de constater qu'ici, c'est plus confus et chargé inutilement que nécessaire, ce qui explique sans doute la méconnaissance de cette œuvre.
Ca reste quand même un film intéressant et assez riche thématiquement, d'autant plus si on le compare au reste de la production, mais Martino est moins convainquant que dans ses autres gialli, plus simples et plus efficaces - rappelons que c'est quand même du cinéma de genre.
Ceci étant dit, il faut bien admettre que le titre et l'affiche (casting compris) justifient dans tous les cas, son visionnage !

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