Le capitaine John Boyd, lâche vainqueur d'un conflit américano-mexicain se voit affecté un poste au fin fond d'un fort californien géré par une bande de militaires incompétents. Un soir, un mystérieux inconnu au bord de la mort, leur raconte sa mésaventure auprès d'un militaire cannibale qui aurait dévoré presque tous ses compagnons. La troupe décide de partir à la recherche d'une éventuelle survivante, accompagnée par le fameux inconnu...
Bon Appétit s'exclame Robert Carlyle en fin de métrage. Un conseil bien avisé pour ce film qui sent bon le sang coagulé, les gargouillements intestinaux et, éventuellement la sueur du cow-boy affamé sous les flocons de neige californiens.
Oui, après un tel film, on se sent l'âme poétique messieurs dames et bizarrement, aucune envie de devenir végétarien. Alors quid de ce film qui fut un bide à sa sortie ?
Que du bon en réalité, mais il faut croire que la miss Bird est maudite car tous ses réalisations furent boudés à tort. Essayons donc aujourd'hui de réhabiliter ce western horrifique, ce survival de l'ouest ou que sais-je encore.
Vorace est donc un mélange des genres - et des références - comme on en voit peu. Ainsi, alors qu'il revisite un nombre incalculable de films, allant du bis italien jusqu'aux productions fauchées américaines, pas une minute ou presque, nous ressentons ce passif, tant la réalisation est magistrale et le scénario inventif. Tendu comme un slip amidonné, le spectateur sera aussi ballotté avec un plaisir dans différentes ambiances ; ça commence comme un mix de Danse avec les Loups et du Grand Silence, ça continue comme un Delivrance, et se termine par un thriller machiavélique et revanchard. De même, alors que l'aspect dramatique domine tout le métrage, une pointe d'humour noire amenée par le grand Carlyle vient parfois poindre son nez en un naturel désarmant soutenu par une BO décalée.
On ne peut pas reprocher grand chose à ce film. La mise en scène est superbe, évitant soigneusement le racolage potentiel du film de cannibales, les décors somptueux, les acteurs hyper charismatiques... Reste un final un chouïa consensuel où la morale est sauve, alors qu'on aurait pu imaginer sans mal quelque chose de plus radical.

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