A la frontière entre le nord et le sud, un soldat sud coréen a tué deux nordistes et blessé un troisième. Une enquêtrice suisse de la JSA est chargée d'enquêter en prenant soin de rester neutre pour éviter le déclenchement d'une guerre. Mais il est difficile de se faire un avis par rapport aux deux dépositions opposées quand les soldats, eux-mêmes, ne semblent pas prêts à coopérer.
JSA, comme on l'appelle, fut à sa sortie le 2e plus grand succès coréen de tous les temps, et à sa vision, on a pas de mal à comprendre pourquoi. Alliant enquête, histoire, humanisme et politique, le métrage prend le pouls d'un pays malade et développe à sa façon l'incompréhensible conflit fratricide qui sépare le nord et le sud avec beaucoup d'émotion. A la vision du film, on pense assez vite à Une Balle dans la tête de John Woo qui, lui aussi dans le célèbre style virtuose et spectaculaire du hongkongais traitait sur fond politique et militaire une histoire d'amitié masculine très forte. Idem donc ici, bien que Park traite son histoire de façon plus sobre, privilégiant l'intimité des soldats à la situation explosive du pays. Pour autant, on retrouve déjà le style léché du cinéaste qui, l'espace d'une scène et par petites touches nous offre quelques plans de toute beauté sans être pour autant envahissants ou démonstratifs. D'autant que sur la forme, il propose déjà une structure narrative originale et fragmentée, relativement complexe, permettant de créer une tension et un suspens tout à fait en adéquation avec l'aspect policier du film.

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