En 2000, un énorme tremblement de terre détache Los Angeles du reste des États-Unis. Transformée en île, Los Angeles devient le lieu idéal pour le gouvernement américain - puritain à l’extrême - pour y envoyer ses dissidents, et cela, à vie. La fille du président, Utopia, s'enfuit sur l'île avec la fameuse boîte noire présidentielle pour y rejoindre un révolutionnaire de pacotille, le très gevariste Cuervo Jones. Snake Plissken est envoyé de force sur les lieux pour récupérer le contenu de la fameuse boîte et tuer, au passage, Utopia.
Ami de la subtilité : "Bonjour" !
On retrouve donc notre John Carpenter préféré avec son discours anar et ses caricatures politiques habituelles dans ce qui ressemble beaucoup à un auto-remake, de New York 1997 donc. Ultra référentiel, ce Escape from L.A. reprend la trame originale quasi à l'identique autant dans sa structure scénaristique que dans certaines scènes. Le tout est simplement remis au goût de jour (enfin, celui de 1996 pour être précis) avec un peu plus d'acidité en matière de message. Et ça passe très bien ! Après tout, le divertissement se déguste avec le même plaisir et ma foi, le final est encore plus jubilatoire que le 1er. Sur le fond, Carpenter fait sans doute mieux encore avec ce volet tardif et cela, jusque dans les sentences cultes de ce cher Plissken.
Reste un problème, de taille, c'est l’esthétique et les effets spéciaux en particulier. Autant le dire simplement, c'est très raté. Plus que ça, c'est même très laid et les exemples de mauvais goût sont légions, depuis l'arrivée en sous-marin jusqu'à l'horrible scène de surf, en passant pas les explosions en CGI. Alors, dans un certain sens, ça peut lui donner un côté retro et résolument bis sur le tard, mais ça, c'est vraiment si l'on est d'humeur positive car il faut admettre que dès sa sortie en 1996, le rendu faisait déjà tâche. Le pire étant qu'à ce niveau-là, il a bien plus mal vieilli que son prédécesseur qui, lui, n'a quasiment pas pris un ride.
Alors, est-ce rédhibitoire ? Absolument pas dans le sens où, après tout, on est dans la série B assumée et que, pour le public visé, ça passe. M'enfin quand même, John, t'aurais pu faire un effort !
Me vient toutefois une question d'une importance capitale : Est-ce qu'en 2013 va sortir America 2029 ?
EDIT : J'ai appris (et oui, j'apprends des choses tous les jours comme tout le monde) qu'en réalité, ces effets spéciaux ne sont pas la faute à ce bon vieux John. L'entreprise qui s'en occupait à sombre pendant le tournage et, faute de budget, le cinéaste fut obligé de prendre ce qui avait été fait tel quel, donc pas terminé. Ceci expliquant cela, je m'excuse platement auprès de toi John.

