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mercredi 20 juin 2012

Los Angeles 2013

En 2000, un énorme tremblement de terre détache Los Angeles du reste des États-Unis. Transformée en île, Los Angeles devient le lieu idéal pour le gouvernement américain - puritain à l’extrême - pour y envoyer ses dissidents, et cela, à vie. La fille du président, Utopia, s'enfuit sur l'île avec la fameuse boîte noire présidentielle pour y rejoindre un révolutionnaire de pacotille, le très gevariste Cuervo Jones. Snake Plissken est envoyé de force sur les lieux pour récupérer le contenu de la fameuse boîte et tuer, au passage, Utopia.

Ami de la subtilité : "Bonjour" !
On retrouve donc notre John Carpenter préféré avec son discours anar et ses caricatures politiques habituelles dans ce qui ressemble beaucoup à un auto-remake, de New York 1997 donc. Ultra référentiel, ce Escape from L.A. reprend la trame originale quasi à l'identique autant dans sa structure scénaristique que dans certaines scènes. Le tout est simplement remis au goût de jour (enfin, celui de 1996 pour être précis) avec un peu plus d'acidité en matière de message. Et ça passe très bien ! Après tout, le divertissement se déguste avec le même plaisir et ma foi, le final est encore plus jubilatoire que le 1er. Sur le fond, Carpenter fait sans doute mieux encore avec ce volet tardif et cela, jusque dans les sentences cultes de ce cher Plissken.
Reste un problème, de taille, c'est l’esthétique et les effets spéciaux en particulier. Autant le dire simplement, c'est très raté. Plus que ça, c'est même très laid et les exemples de mauvais goût sont légions, depuis l'arrivée en sous-marin jusqu'à l'horrible scène de surf, en passant pas les explosions en CGI. Alors, dans un certain sens, ça peut lui donner un côté retro et résolument bis sur le tard, mais ça, c'est vraiment si l'on est d'humeur positive car il faut admettre que dès sa sortie en 1996, le rendu faisait déjà tâche. Le pire étant qu'à ce niveau-là, il a bien plus mal vieilli que son prédécesseur qui, lui, n'a quasiment pas pris un ride.
Alors, est-ce rédhibitoire ? Absolument pas dans le sens où, après tout, on est dans la série B assumée et que, pour le public visé, ça passe. M'enfin quand même, John, t'aurais pu faire un effort !

Me vient toutefois une question d'une importance capitale : Est-ce qu'en 2013 va sortir America 2029 ?




EDIT : J'ai appris (et oui, j'apprends des choses tous les jours comme tout le monde) qu'en réalité, ces effets spéciaux ne sont pas la faute à ce bon vieux John. L'entreprise qui s'en occupait à sombre pendant le tournage et, faute de budget, le cinéaste fut obligé de prendre ce qui avait été fait tel quel, donc pas terminé. Ceci expliquant cela, je m'excuse platement auprès de toi John.

mercredi 13 juin 2012

New York 1997

1988 : Manhattan toute entière devient une prison de haute sécurité ; des murs sont érigés tout autour de l’île, des mines sont dispersées et la police veille. En 1997, lors d’un voyage diplomatique, l’avion du président est détourné et s’écrase sur Manhattan. Snake Plissken, ancien militaire devenu hors-la-loi, est dépêché pour ramener le président en échange de sa liberté (et de sa vie). Il a 24 heures...



Il y a de grands réalisateurs qui ont réalisé de grands films, mais qui seront toujours de petits réalisateurs de petits films aux yeux du monde. La raison ? Leur appartenance et leur fidélité au monde du film de genre. Et c’est pour ça qu’on les aime !
Carpenter est de ceux-là et, contrairement à son pote Cronenberg (cité d’ailleurs dans le film), il ne changera pas de ligne directrice, quitte à être définitivement boudé par le reste du monde. A ce niveau-là, il est plus à rapprocher de son autre pote, Romero (lui aussi cité), jusque dans cette façon de faire des films de série B très personnels. Quasi de la série B d’auteur car, à l’instar du maître incontesté des zombies, Carpenter fait dans le divertissement politisé…

Escape from New York se situe en plein dans la grande période du réalisateur, celle ou pendant près de 10 ans, il ne va réaliser que des œuvres importantes pour le genre. Celui-ci, avec Mad Max 2 de George Miller sorti la même année, va être l’un de pilier du film d’anticipation actionesque plus ou moins post-apocalyptique.
L’un est urbain, l’autre désertique mais les deux partagent des éléments communs comme ce héros individualiste (issus du western italien) qui va aider une population opprimée d’abord pour son propre intérêt puis, petit à petit par humanité. De même, on retrouve cette même imagerie esthétique au niveau du look punkoïdo-cromanionesque des personnages ; les fameux crazies vivants dans les égouts, du film de Carpenter, aurait sans mal trouvé leur place dans celui de Miller.

En revanche, Escape from New York est aussi très ancré dans la culture cinématographique américaine avec des références évidentes pour les films d’évasion (bien que celle du film se révèle finalement très simple et courte par rapport à ce que l’on pouvait attendre avec un tel titre) et le vigilante tel que les bronsoneries réacs de l’époque.
Reste que Carpenter est un anar revendiqué et son Snake Plissken, trublion et éternel rebelle, la personnification de ce courant de pensée. L’ironie du final et son implacable façon de mettre dos à dos toutes méthodes et types d’organisations politiques finit de poser le film comme un acte de rébellion assumé. Le final de sa tardive suite, Escape from L.A., ira d’ailleurs encore plus loin dans le genre.

Divertissement spectaculaire loin d’être con, Escape from New York rempli son objectif et cela, même trente ans plus tard (peut-être même plus encore). Les scènes d’action fonctionnent toujours parfaitement, les effets spéciaux, idem, et le casting aux petits oignons avec les gueules inoubliables de Lee Van Cleef, Ernest Borgnine ou encore Donald Pleasence donne au film un cachet indiscutable. Bien sûr, on oubliera pas la cultissime musique électronique écrite par Carpenter himself et le charismatique Kurt Russell tout en cynisme et en réparties, qui n’est pas sans rappeler le plus mythique des porteurs de poncho, l’homme sans nom - jusque dans sa façon de fumer.

jeudi 7 octobre 2010

L'antre de la folie

John Trent, un enquêteur en assurance est chargé de retrouvé un écrivain de romans d'horreur à succès. En parallèle, les fans commencent à disjoncter et les limites entre réalité et cauchemar semblent de moins en moins visibles...






Voilà une des rares exceptions à la règle qui veut que les années 90 aient été mauvaises pour les films d'horreur.
Puisant son inspiration chez Lovecraft et Stephen King, l'Antre de la Folie fait parti de ces films méconnus et pourtant respectés qui réussissent le pari d'être véritablement flippants, même 15 ans après (à l'instar de certains Lynch auquel on pense parfois pendant le visionnage). Doté d'un scenario malin sans pour autant être très original - l'écrit de fiction qui devient réalité - Carpenter, grâce à un sacré travail de montage et d'ambiance entre autres, arrive à nous plonger dans cette histoire avec une facilité désarmante. Malgré une BO datée, même pour l'époque et un générique très "série B" (pas surprenant de la part de Carpenter d'ailleurs), pas petites touches successives, le spectateur en total symbiose avec le héros - Sam Neill parfait - voit sa vision et ses repères perturbés. Véritable plongée cauchemardesque crédible parfaitement mise en image et au rythme soutenu, ce film est sans aucun doute une pièce maîtresse du cinéma horrifique (à la limite pour faire la fine bouche, on regrettera peut-être la vision du bestiaire et quelques effets spéciaux qui, bien que réussis pour l'époque s'avéraient ici inutile tant la suggestion se suffisait à elle-même).
Une foutue ambiance pour un putain de grand film !